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Full text of "Bulletin Societe D'Histoire Naturelle de Toulouse (et de Midi Pyrenees)."

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SOCIÉTÉ 



D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE 




TOME QUARANTE TROIS. — 1910 



TOULOUSE 

IMPRIMERIE SEBILLE 

2, RUE UOMIGUIÈRES 2. 

1910 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 



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SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE. TOULOUSE. 



TOME QUARANTE TROIS. — 1910 



BULLETIN TRIMESTRIEL. - N° 1. 



TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUR ROMIGUIÈRES 2. 

1910 

Siège de la Société, 17, «rue de Rémusat 





Eilraii du règlement de la Société d'IIisloire iValureile de Toulouse; 

Art. l" r . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultais de leurs recherches e. 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de loul ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consli- 
ution géologique, la flore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections» t. Musé? d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au litre de membre titulaire doivent être présenté* 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
•ont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2 S Vice-présidents; Secrétaire -général ; Trésorier ; 1 er et 2« Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au. 31. L'é'eclion des memhres du Bureau, d-i Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Président est nommé pour deux année», les autres 
memores pour une année. L*s Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
réélus immélialement dans les mêmes fondions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premier mer:redi après le 15 novembre, etonl lieu tous les 1 er et 3« 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi de juillet inclusivement. 

Art. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous le titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinions scientifiques. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
signature de l'auteur. 

Art. 42. Celui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir d-js tirages à part, dis réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. ** 

Art. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui adresser les 
échantillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 53. En ces de dissolution, les diverses propriétés de la « tSl 4 , Tarif» 
4mst dm droit à ,» ville de Tu*lo\w, 



BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 
DE TOULOUSE 



SOCIÉTÉ 

D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE 



TOME XLIII. - 1910 



TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE & SEBILLE 

ROB R0MIGU1ÈHES. 2 ; 

1910 



COMPOSITION DU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ 
POUR L'ANNÉE 1910 



Président M. Abelous. 

Vice-présidents MM. Dop, Mengaud. 

Secrétaire- général M. Ribaut. 

Secrétaire- adjoint M. Gabelle. 

Trésorier M. de Montlezun. 

Bibliothécaire-archiviste. M. de Lastic. 

Conseil d'administration. 

MM. Caralp et Laromiguière. 

Comité de publication. 

MM. Garrigou, Jammes, Lamic, Roule. 




LISTE DES MEMBRES 

AU 1 er JUIN 1910 



MEMBRES-NÉS 



M. le Préfet du département de la Haute-Garonne. 

M. le Maire de Toulouse. 

M. le Recteur de l'Académie de Toulouse. 



MEMBRES HONORAIRES 

1878. D r Hayden (F.-V.), directeur du comité géologique des 

Etats-Unis, Washington. 
1891. D r Taschenberg, professeur à l'Université de Halle 

(Prusse). 
1904. Trutat, f , p I, à Foix. 



membres titulaires 

MM. 

1900. D r Abelous, Il I, professeur à la Faculté de médecine, 
allée des Demoiselles, 4 bis, Toulouse. 

1903. D r Aloy, || I, chargé de cours à la Faculté de médecine, 

Grande-Allée, 22, Toulouse. 

1904. Audigé, || A, chef de travaux à la Faculté des sciences, 

rue Saint-Michel, 138, Toulouse. 



8 LISTE DES MEMBRE8 

1900. D r Baylac, |J> A, professeur agrégé à la Faculté de Mé- 
decine, rue de la Pomme, 70, Toulouse. 

1906. Berniés, avocat, rue Tolosane, 16, Toulouse. 

1885. D r Bramer, p 1, professeur à la Faculté de médecine, 
rue des Récollets, 105, Toulouse. 

1909. Boulet, professeur au Lycée, place Saint-Sernin, 4, 
Toulouse. 

1907. Brôlemann, Q A, à Pau. 

1883. Caralp, Il I, professeur à la Faculté des sciences, rue 
de Rémusat, 21, Toulouse. 
Gartailiiac (F.mile), ^, |l I, correspondant de l'Insti- 
tut, rue de la Chaîne, 5, Toulouse, (membre 
fondateur). 

1874. Chalande (Jules). Il A, rue des Paradoux,28, Toulouse. 
1882. Comère, Q A, quai de Tounis 60, Toulouse. 

1907. Despax, avenue de Muret, 30, Toulouse. 

1908. D r Durand, préparateur à la Faculté des Sciences de 

Toulouse. 

1904. Dop, II 1, chargé de cours à la Faculté des sciences, 

rue Jonquières, Toulouse, 
1900. D' Dore, || A, pharmacien, boulevard Carnot, 2, Tou- 
louse. 

1907. Dufaut (Paul-Marius), à la Roque-Neuve, Miremont, 

(Haute-Garonne). 

1875. Fabre (Charles), Il I, professeur à la Faculté des 

sciences, directeur de la station agronomique, 
rue Fermât, 18, Toulouse. 
1902. Feuga (Paul), Il I, boulevard d'Arcole, 5, Toulouse. 

1905. D r Gabelle, chef de travaux à la Faculté de médecine de 

Toulouse, rue Saint-Erembert, 19, Toulouse. 
D r Garrigou, Il I, chargé de cours à la Faculté de mé- 
decine, rue Valade, 38, Toulouse (membre fon- 
dateur). 

1900. D r Gendre. U A, rue Périgord, 10, Toulouse. 

1890. Gèze (Jean-Baptiste), Jardin-Royal, 7, Toulouse. 

1889. D«" Jammes, Il I, professeur adjoint à la Faculté des scien- 
ces, Place Saint-Sernin, 6, Toulouse. 

1908. D r jEANNEL(René), laboratoire Arago,Banyuls(Pyr. -Or.). 
1900 Juppont, Il A, ingénieur, allée Lafayette, 55, Toulouse. 



LISTE DES MEM1UIES y 

1900. D r Laborde, Il A , pharmacien des hospices civils, 

Toulouse. ; 

1895. D r Lamic, II I, professeur à la Faculté de médecine, rue 

d'Auriol, 39, Toulouse. 
1886. Laromiguière, ingénieur civil des mines, rue Saint- 

Pantaléon, 3, Toulouse. 

1909. De Lary de Latour, rue de Languedoc, 20, Toulouse. 
1897. De Lastic, petite rue de la Dalbade, 5, Toulouse. 
1907. Lazerges, rue Gros, 3, Toulouse. 

1907. Levrat, rue du Sénéchal, 9, Toulouse. 

1904. Loup, préparateur à la Faculté des sciences, rue d'Au- 
buisson, 23, Toulouse. 

1888. D r Maurel, O $t, Il I, professeur à la Faculté de mé- 

decine, boulevard Carnot, 10, Toulouse. 

1910. D 1 ' Maurin, rue Benjamin-Constant, 2. Toulouse. 

1908. Mengaud, professeur au Lycée, rue Lakanal, 7, Tou- 

louse. 
1885. Moquin^Tandon, Il I, professeur à la Faculté des scien- 
ces, allées Saint-Etienne, 2, Toulouse. 
De Montlezun, Il A, quai de Tounis, 106, Toulouse, 
(membre fondateur). 

1909. Moughet, prosecteur à la Faculté de Médecine, Toulouse. 

1909. Nicolas, professeur à l'Ecole vétérinaire de Toulouse. 
1904. Paquier, Il I, professeur à la Faculté des sciences, 9, 

rue Bida, Toulouse. 

1889. Prunet, #, Il I, ]§, professeur à la Faculté des scien- 

ces, grande rue Saint-Michel, 14, Toulouse. 
1879. D r de Rey-Pailhade, Il A, ingénieur, rue Saint- 
Jacques, 18, Toulouse. 

1899. D r Ribaut, Il A, chargé de cours à la Faculté de mé- 

decine, rue Lafayette, 18, Toulouse. 

1900. D r Roule, #, Il I, professeur à la Faculté des sciences, 

rue Saint-Etienne, 19, Toulouse. 
1900. Salignac-Fénelon (Vicomte de), allée Alphonse-Peyrat, 
1 bis, Toulouse. 

1900. Saloz, chimiste, rue Groix-Baragnon, 9, Toulouse. 

1910. Sebille, imprimeur, rue Romiguières, 2, Toulouse. 



10 LISTE DES MEMBRES 

1899. Ufferte, professeur à l'Ecole supérieure, rue Neuve- 

Montplaisir, 9, Toulouse. 
1909. Tournier , aide d'anatomie à la Faculté de Médecine, 

rue Frizac, 47, Toulouse. 
1902. Versepuy, ingénieur, directeur de l'usine à gaz. rue Pé- 

rigord, 7, Toulouse. 
1909. Vincens, rue Montaudran, 74, Toulouse. 



MEMBRES CORRESPONDANTS 

MM. 

1874. Baux,. Canton (Chine). 

1871. Biche, professeur au Collège de Pézenas (Hérault). 
1883. De Bormans, faubourg de Paris, 52, Valenciennes. 
1867. Dr Caisso, à Clermont (Hérault). 

1873. Cavalié, principal du collège d'Ey mou tiers (Hte-Vienne). 
1867. Cazalis de Fondouce, rue des Etuves, 18, Montpellier. 
1867. Chantre, sous-directeur du Muséum de Lyon (Rhône). 
1871 . De Chapel d'Espinassoux, avocat, Montpellier (Hérault). 
1885. Choffat, membre du Comité géologique du Portugal. 
1876. D 1 ' Clos, 11, rue Jacob, Paris. 

1905. Daguin, professeur au Lycée de Bayonne. 

1881. Galliéni, général., commandant de corps d'armée. 

1901. Gavoy, Carcassonne. 

1871. Issel, professeur à l'Université de Gênes (Italie). 

1874. Jougla, conducteur des ponts et chaussées à Foix(Ariège). 
1867. Lalande, receveur des hospices, à Brive (Corrèze). 
1871. D r de Montesquiou, à Lussac, près Casteljaloux (Lot- 
et-Garonne). 

1902. Noé, chef de laboratoire à la Charité, Paris. 

1873. D r Retzius, profess. à l'Institut carolinien de Stockholm. 

1873. D r Sauvage, directeur du Muséum de Boulogne-s.-Mer. 
1867. Schmidt(W.), attaché au Musée des antiquités du Nord, 

Copenhague. 

1874. Sers (E.), ingénieur civil, à Saint- Germain, près Puy- 

laurens (Tarn). 

1906. Veiuioeff, à Dresden (Allemagne). 



MŒURS ET INSTINCT D'UN INSECTE 11 



OBSERVATIONS 

SUR LES 

Mœurs et l'Instinct d'un Insecte hpénoptère 

Le Nitela Spinolai Latr. 

Par F. Vincens 



« La fortune a ses caprices entomologiques : vous courez 
après elle et vous ne la rencontrez pas ; vous l'oubliez et voici 
qu'elle frappe à votre porte. » C'est là ce que j'appris un jour 
du mois de mai 1902 où elle m'apparut sous la forme d'un 
tout petit hyménoptère du genre Nitela, qui vint effrontément 
confier sa progéniture à mon bureau de travail, vieux meuble 
dans le bois duquel s'enchevêtrent de nombreuses galeries 
d'insectes xylophages et situé près d'une fenêtre constamment 
ouverte. Il me fut ainsi permis de faire quelques observations 
que je notai avec soin, mais dont l'intérêt ne m'apparut que 
plus tard, quand je connus les expériences faites par H. Fabre 
sur les Ghalicodomes et qu'il rapporte dans la première et la 
deuxième série de ses « Souvenirs entomologiques. » 

Il est donc nécessaire que je donne, tout d'abord, un résumé 
de ces expériences et que je cite les conclusions auxquelles 
aboutit leur auteur, conclusions dont, après mes observations, 
je ne puis accepter la portée générale que semble vouloir leur 
attribuer le grand entomologiste en ce qui concerne le rigou- 
reux automatisme des actes instinctifs. 



12 F. VINCENS 

Les premières expériences (1) de H. Fabre lui furent inspi- 
rées par la lecture du récit que fait Réaumur de celles de son 
ami Du Hamel : « Un nid d'abeilles maçonnes fut renfermé 
dans un entonnoir en verre dont on avait eu soin de boucher 
le bout avec une simple gaze. Il en sortit trois mâles qui, étant 
venus à bout d'un mortier dur comme pierre, ne tentèrent pas 
de percer une fine gaze ou jugèrent ce travail au-dessus de 
leurs forces. Les trois abeilles périrent sous l'entonnoir. Com- 
munément, les insectes, ajoute Réaumur, ne savent faire que 
ce qu'ils ont besoin de faire dans l'ordre ordinaire de la na- 
ture. » 

On peut faire deux objections : un insecte outillé pour percer 
une dure cloison de terre peut ne l'être pas pour déchirer la 
gaze ; de plus, le transparent entonnoir de verre constitue 
pour le Chalicodome un obstacle invisible, exceptionnel, de la 
nature duquel l'insecte est incapable de se rendre compte. Pour 
ces motifs, l'expérience apparaît à H. Fabre, comme étant à 
refaire dans de meilleures conditions. 

Il prend deux nids intacts fixés sur des galets et renfermant 
des nymphes vivantes. Sur l'un est étroitement appliqué du 
papitr gris ordinaire, autour de l'autre est collé, sur la pierre, 
un petit cône de ce même papier qui est suffisamment opaque 
pour maintenir l'insecte dans l'obscurité et assez mince pour ne 
pas présenter de résistance sérieuse à ses efforts. A l'éclosion, 
les résultats obtenus avec les deux nids sont tout différents : les 
abeilles sortent entièrement du premier après avoir percé les 
deux enveloppes; elles percent le dôme de terre du deuxième, 
mais se laissent mourir sous la cloison de papier. 

Conclusion : « Les deux barrières, non séparées par un inter- 
valle, ne font qu'un pour l'hyménoptère qui s'y fait jour parce 
que l'acte de ia délivrance se maintient dans son unité, Avec le 
cône de papier, dont la paroi reste un peu à distance, les condi- 

(1 Souvenirs cntomologiques, l re série, 6 e édit., p. 293 et suiv 



MŒURS ET INSTINCT D'UN INSECTE 13 

tions changent bien que l'enceinte totale, au fond, soit la 
même. Une fois sorti de sa demeure de terre, l'insecte a fait 
tout ce qu'il était destiné à faire pour se libérer ; circuler libre- 
ment sur le dôme de mortier est pour lui la fin de la déli- 
vrance, la fin de l'acte où il faut trouer. Autour du nid, une 
autre barrière se présente, la paroi du cornet ; mais pour la 
percer, il faudrait renouveler l'acte qui vient d'être accompli, 
cet acte auquel l'insecte ne doit se livrer qu'une fois en sa vie; 
il faudrait enfin doubler ce qui de sa nature est un, et l'animal 
ne le peut uniquement parce qu'il n'en a pas le vouloir. L'abeille 
maçonne périt faute de la moindre lueur d'intelligence. » 

Ce que H. Fabre affirme et ce que, à n'en pas douter, il 
tient le plus à démontrer, c'est que l'insecte est incapable de 
renouveler l'acte qui vient d'être accompli, s'il ne doit s'y livrer 
qu'une fois en sa vie. De cette impuissance où serait l'animal 
à « remonter son courant psychique », il donne de nouvelles 
preuves, à propos encore des Ghalicodomes, dans la deuxième 
série de ses Souvenirs (1). 

On sait que le Ghalicodome bâtu des cellules de terre qu'il 
emplit d'un mélange de miel et de pollen, il les ferme ensuite 
après y avoir déposé un œuf. Ainsi, normalement, se succèdent 
toujours : construction, approvisionnement, ponte et clôture. 
Or, tandis que si l'on perce la cellule pendant la construction, 
l'insecte la répare, si l'on fait la même opération pendant l'ap- 
provisionnement, amenant ainsi la fuite du miel, l'insecte, qui 
se rend compte des dégâts, continue cependant à approvision- 
ner ; après quoi, il pond et clôture malgré que ces actes soient 
devenus complètement inutiles. De même, si l'approvisionne- 
ment étant achevé on retire avec précaution le miel et le pol- 
len, l'insecte pond dans la cellule vide et la ferme avec soin. 

A ces deux cas peuvent se ramener toute une série d'expé- 
riences qui, pour leur auteur, démontrent suffisamment «l'im- 
puissance de l'insecte devant l'accidentel quand l'accident a 

(1) Troisième édition, p. 162 et suiv 



14 F. VINCENS 

rapport à un ordre de choses qui remonte plus haut, quand il a 
trait à une œuvre finie dont l'insecte n'a plus normalement à 
s'occuper. Pour parer à cet accident, l'animal aurait à remon- 
ter son courant psychique, il aurait à refaire ce qu'il a fait tan- 
tôt pour se livrer à autre chose. » Et cela, ainsi que nous 
l'avons vu, « il ne le peut uniquement parce qu'il n'en a pas le 
vouloir. » 

De nombreuses observations démontrent que cette impuis- 
sance devant l'accidentel n'est pas générale dans le monde des 
insectes. Celles que je vais exposer n'ont que le faihle mérite 
d'être étroitement comparables aux expériences que je viens de 
citer. A des faits, elles me permettront d'opposer des faits. 

Le Nitela que j'ai eu la chance d'observer s'est trouvé placé 

dans des conditions semblables à celles où agissaient les Ghali- 

codomes; mais il s'est comporté de manière toute différente : il 

a su reprendre une besogne normalement achevée, il a remonté 

son courant psychique, il a laissé l'actuel pour revenir sur le 

* 
passé, il a fait en somme tout ce que H. Fabre réclamait à 

l'abeille maçonne comme « preuve d'un peu de raison (1). » 

Nitela Spinolai est un Grabonien. Sa taille varie entre 5 
et 6 mm., il est entièrement noir, lisse et brillant, sauf sur le 
métathorax légèrement rugueux ; sa tête est large et épaisse, 
l'abdomen est triangulaire. D'après M. Girard, « il habite sur- 
tout les troncs des gros arbres et les plantes vermoulues perfo- 
rées par les larves dt>s coléoptères xylophages ; sa larve file une 
très jolie coque cylindrique d'un roux pâle et paraît avoir pour 
provisions les larves d'un insecte hémiptère homoptère. » Ce 
sont là toutes les indications que j'ai pu trouver sur les mœurs 
de cet hyménoptère. Je n'ai pu voir sa larve, mais j'ai pu me 
rendre compte de la nature des provisions constituées par de 
petits aphidiens d'un noir verdâtre et assistera la fermeture du 
nid par la mère. L'approvisionnement étant achevé, elle ap- 
porte entre ses mandibules, une gouttelette translucide et am- 

(1) Deuxième série, 3 e édition, p. 1G5. 



MŒURS ET INSTINCT D'UN INSECTE 15 

brée, que son odeur m'apprend être une résine; elle la dépose 
à l'intérieur du nid, tout près de l'entrée, et 1 étale ensuite 
avec ses mandibules écartées en compas ; elle forme ainsi un 
opercule brun clair et d'apparence vitreuse, sur lequel elle dé- 
pose des particules de poussière récoltées au voisinage, dans 
les interstices du bois vermoulu. Sur les troncs des vieux ar- 
bres et les plantes desséchées, la porte du logis, grâce à cet en- 1 
duit, se confond avec les parois voisines et échappe à l'œil in- 
discret des voleurs. Il faut avouer que dans le cas dont je me 
suis occupé, ce but était fort mal rempli ; la poussière de bois 
vermoulu contrastait, au contraire, assez fortement avec la cou- 
leur sombre de la planche de noyer ciré où le nid était cons- 
truit. 

Ainsi l'insecte n'apparaît pas comme ayant le but cons- 
cient d'imiter le milieu ; il enduit l'entrée de fine sciure parce 
que son instinct lui en impose l'usage, mais il est incapable de 
se rendre compte de l'utilité qu'a généralement cet acte puis- 
qu'il ne sait pas le modifier ou le supprimer quand il devient 
non seulement inutile mais dangereux. Tel fut d'abord mon 
raisonnement, et j'étais confondu par l'inintelligence de Tin- 
secte. Mais la poussière est-elle en réalité destinée à la dissimu- 
lation du nid? Le but n'est-il pas différent et n'est-ce pas im- 
prudent de notre part de juger l'animal à propos de ses actes, 
d'après la conception que nous nous sommes faite de leur uti- 
lité, sans être bien certains que cette conception n'est pas 
fausse? 

L'approvisionnement dure une journée environ et semble sui- 
vre la ponte. J'ai pu, en effet, dégageant la galerie sur une pro- 
fondeur de un centimètre, en retirer une quarantaine d'Aphis 
sans rencontrer un seul œuf. Mon respect pour le meuble m'a 
empêché de pousser mes investigations plus loin. 

Les expériences que je tiens à comparera celles faites sur les 
Ghalicodomes concernent les dernières opérations de la nidifi- 
cation et la délivrance des jeunes après l'éclosion. 

Après que le Nitela a construit sa cloison de résine et qu'il 



16 F. VINCENS 

a commencé à l'enduire de poussière, profitant d'une de ses 
courses à la recherche de la précieuse poudre, je détruis l'oper- 
cule à l'aide d'une épingle. A son retour, il paraît quelque peu 
surpris : de l'extrémité de ses mobiles antennes il palpe l'entrée 
de la galerie, puis essaie de réparer les dégâts avec les restes de 
résine adhérents à la paroi. Ne pouvant y réussir, il s'envole 
vers le jardin pour revenir, quelques instants après, chargé 
d'une nouvelle gouttelette ambrée, et la cloison est rapidement 
reconstruite. Ce que nous savons des Chalicodomesne nous per- 
mettrait-il pas de nous étonner? Normalement, la manipulation 
de la résine était achevée et plus évidemment encore sa récolte ; 
l'insecte en était à l'enduit de poussière, il est donc obligé de 
renouveler entièrement l'acte qui vient d'être accompli et, par 
je ne sais quel prodige de persévérance, entêtement ou peut-être 
prévoyance maternelle, il va le renouveler ujie seconde fois. 

Afin de voir ce qui adviendra si je retire les provisions du nid, 
j'enferme délicatement l'insecte dans une boîte de verre et, tan- 
dis que, surpris, il se brosse les antennes et se lave les yeux, je 
creuse avec soin le bois ; c'est alors que je retire l'abondante 
provision dont j'ai parlé plus haut, sans pouvoir atteindre l'œuf 
précieux auquel elle était destinée. Les coupures du bois étant 
régularisées, l'insecte est remis en liberté ; il s'arrête un instant 
au bord de la boîte qui lui a servi de prison, puis s'enfuit vers 
le jardin ; son absence n'est pas longue et bientôt il vole au 
dessus de ma table de travail. Que va-t-il faire? Les alentours 
de son nid sont considérablement modifiés, l'entrée en est recu- 
lée d'un centimètre environ et s'ouvre au fond d'une excavation 
qui n'existait pas tout-à l'heure. L'insecte va-t-il reconnaître la 
demeure de sa larve? S'étant posé près de l'endroit où était la 
première entrée, il reprend son vol, hésite, se pose de nouveau 
et court autour de l'excavation avec des signes d'inquiétude 
bien manifestes : sa démarche est saccadée et ses antennes s'agi- 
tent en de continuelles vibrations ; peu à peu, les rondes autour 
du nid se font plus étroites ; voici la mère tout près de l'ouver- 
ture de la galerie qu'elle avait laissée close et garnie de fraîches 



MŒURS ET INSTINCT D'UN INSECTE 17 

provisions et qui maintenant est béante et presque vide ; les 
antennes plus vivement agitées en palpent les bords puis, con- 
fiant, l'insecte y pénètre ; presqu'aussifôt il ressort pour rejeter 
au dehors un puceron qui ne tarde pas a être suivi de quelques 
autres. Mon scalpel, en creusant le bois, a fait des victimes et 
le délicat hyménoptère ne peut laisser tout près de sa larve des 
cadavres mutilés dont la putréfaction serait un danger pour elle. 
Le nettoyage achevé, l'approvisionnement est repris ; il dure 
plusieurs heures, après lesquelles la fermeture est soigneuse- 
ment faite avec opercule de résine et poussière de bois. Le tra- 
vail enfin est achevé et le laborieux petit insecte va sur l'appui 
de la fenêtre prendre, au soleil, un repos bien gagné. 

Si les Ghalicodomes de Fabre ont montré des facultés étroite- 
ment bornées dans l'approvisionnement et la fermeture de leur 
nid, on ne peut faire le même reproche au Nitela dont je viens 
de parler. Mais l'intéressante petite bête n'est pas une isolée 
dans sa famille, sa progéniture va se montrer également mieux 
douée que celle du robuste Ghalicodome, 

Afin de mieux me rendre compte de l'époque de l'éclosion, je 
construisis autour de l'entrée du nid, en utilisant le creux fait 
dans le bois, une cellule de papier blanc dont un côté fut fermé 
par une mince lamelle de verre. Au mois de mai 1903 je trou- 
vai l'enveloppe de papier percée d'un trou rond, fait comme à 
l'emporte-pièce et bien proportionné à la taille de l'hyménop- 
tère que je comptais y trouver. L'opercule du nid était égale- 
ment perforé. Ainsi, après avoir fait tout ce qui était normale- 
ment suffisant pour assurer sa délivrance, 1 insecte avait erré en 
vain dans sa prison à la recherche d'une issue, il avait fort bien 
su, pour s'en créer une, percer la cloison de papier et cela 
malgré la fenêtre de verre comparable à l'entonnoir de Du Ha- 
mel : « obstacle invisible, exceptionnel, de la nature duquel 
l'insecte est incapable de se rendre compte ». Pour percer l'en- 
veloppe de papier il lui avait fallu renouveler l'acte qui venait 
d'être accompli, cet acte auquel il ne devait s se livrer qu'une fois 
en sa vie ; il avait dû enfin « doubler ce qui de sa nature est un ». 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIII). 2 



18 F. VINCI- NS 

Si l'insecte avait eu ses facultés « bornées, obtuses » quand il 
lui fallut sortir des conditions habituelles où elles devaient 
s'exercer, je l'aurais trouvé mort dans son étroite prison tandis 
que libre, il s'enivrait sans doute, sur les rosiers voisins, de la 
douce miellée des pucerons. 



GLACIAIRE DE L'ARIÈGE 19 



CONTRIBUTION A L'ETUDE 

DU 

GLACIAIRE ET DES TERRASSES 

De l'Ariège et du Salât 
Par M. Mengaud 



Le glaciaire et les terrasses de l'Ariège et du Salât ont fait 
l'objet d'un certain nombre de travaux de la part de Charpen- 
tier, Durocher, Max Braun, Dupont, Leymerie, Magnan, Jean- 
bernat, Trutat, Harlé, Roussel, Garez, Savornin, etc. (t). 

Dans cette note, je me propose de préciser quelques points de 
détail, en particulier les rapports des deux terrasses de l'Ariège 
avec des moraines auxquelles elles se raccordent en amont, et 
l'origine et l'âge qui me semblent très probables pour des allu- 
vions anciennes du Saint-Gironnais. 

VALLÉE DE L'ARIÈGE 

I. — Haute Ariège en amont de Tarascon. 

Les traces glaciaires et principalement celles de la dernière 
glaciation ( Wùrmien de Penck) sont très nombreuses et ont 

(1) On en trouvera l'analyse et une bonne bibliographie dans L. 
Carez : Géologie des Pyrénées françaises, fasc. III, feuilles de Ba- 
gnères-de-Luchon et Saint-Gandens. — Groupe quaternaire, pp. 1583 
à 1646 et fasc. IV, feuilles de l'Hospitalet, Foix et Pamiers Groupe 
quaternaire, pp. 2329 à 2385. — Paris, Imprimerie Nationale, 1905- 
1906 (Mémoires pour servir à l'explication de la carte géologique dé- 
taillée de la France). 



20 L. MKNGAUD 

frappé un grand nombre d'observateurs dans les vallées de 
l'Ariège et de ses principaux affluents : l'Ariège, l'Aston, la 
rivière de Vicdessos. 

Aux enviions d'Ax-les-Thermes, entre Ax et Luzenac, les 
loches moutonnées peuvent s'observer très facilement. Au bord 
de la route, près de la halte du Gastelet, on voit à la surface 
des schistes métamorphiques, une marmite de géants éventrée 
et de superbes stries et cannelures. Entre Vicdessos et Auzat, 
près du cimetière, des calcaires secondaires se présentent aussi 
en bancs rabotés sur la tranche et fortement burinés. Tout ceci 
est depuis longtemps connu et cité, et je ne le rappelle que pour 
mémoire. Mais il y a encore de nombreux blocs erratiques 
pour la plupart signalés, des lambeaux de moraines et surtout 
une topographie glaciaire typique telle que l'ont décrite et 
figurée dans les Alpes, Penck et Brùckner, Kilian, Brunhes et 
Girardin . 

Blocs erratiques. — Voici, à titre d'exemple, quelques 
points où Ton peut les observer et leurs altitudes tirées de la 
carte d'état-major ou relevées au baromètre : 

1° A l'Est de Goulier (près de Vicdessos). Le village de Gou- 
lier (1.084 m.) est bâti au Nord du pic d'Endron (2.476 m.), 
dans un cirque en grande partie occupé par des dépôts glaciai- 
res. Tout le versant Est de ce cirque est encombré de gros blocs 
erratiques de granités et de schistes cristallins. On les trouve 
jusque sur le col où pisse le chemin forestier au-dessus de Pra- 
gude, par 1.450 mètres d'altitude environ. Là ils reposent sur 
des schistes du silurien supérieur. Les blocs entre Sem et Ler- 
coul, près de l'oratoire de Sainte-Tanoque (palet de Samsam), 
sont bien connus. On les retrouve encore entre 1.250 et 
1.300 mètres d'altitude en descendant du col de Grail sur 
Siguer. 

2° Au col de Larnat et sur toute la crête qui sépare le cirque 
de Bouan de la vallée de Miglos jusqu'à 1.350 mètres d'alti- 
tude. Les schistes siluriens, puis les calcaires secondaires voi- 
sins de la pique de Baychon, portent d'énormes blocs isolés de 



GLACIAIRE DE L'ARIÈGE 21 

granité, granulite et surtout de gneiss. Sur le versant de Lar- 
cat, qui domine Aston et les Cabannes, les blocs erratiques 
également très nombreux se montrent sur la crêle jusqu'à 
1.372 mètres d'altitude. 

3° Sur les pentes de la rive gauche de l'Ariège dominant 
Ussat-les-Bains. Les blocs erratiques souvent signalés sur la 
rive droite dans les vallons d'Ornolac et d'Ussat, au col d'Ussat 
et à la Bessède, ne l'ont guère été sur la rive gauche que sil- 
lonne seule le mauvais sentier de la métairie d'Arbiech. 
Trutat (1) en indique que l'on aurait découverts dans les travaux 
pour rétablissement de la voie ferrée, c'est-à-dire peu au dessus 
du niveau de l'Ariège, et d'autres sous l'ouverture de la ca • 
verne de Lombrives. Si l'on suit le sentier (dit chemin des con- 
trebandiers), qui monte du pont d'Ornolac au col et à la mé- 
tairie d'Arbiech, coupant les pentes abruptes des calcaires 
secondaires, on trouve toute une série de blocs granitiques qui 
s'échelonnent entre 700 mètres d'altitude et 900-910 mètres, 
c'est-à-dire entre 200 et 400 mètres au-dessus du lit de l'Ariège. 
La métairie d'Arbiech est bâtie sur le col, isolée au milieu de 
champs assez fertiles dont la terre végétale est formée aux dé- 
pens de boues morainiques. Des galets et blocs variés : gra- 
nité, granulite, gneiss, schistes, etc., se voient de toutes parts : 
le sous-sol est entièrement calcaire. Certains fragments de gra- 
nité à deux micas et à grain fin, avec feldspaths en têtes de 
clous, m'a singulièrement rappelé la roche qui constitue la 
grande masse chauve du Pé Pélat (2.482 m.), entre les hautes 
vallées de Gnouères et de Siguer. En montant dans le bois au 
nord-ouest d'Arbiech, on trouve encore des blocs erratiques de 
granité et de gneiss amygdalin jusque vers 1040 1050 mètres 
d'altitude (versant dominant la vallée du Vicdessos au-dessus 
de la forge de Niaux). 



(1) Trutat. — Matériaux pour l'étude des anciens glaciers des 
Pyrénées Bull, de la Soc. d'Hist. nat. de Toulouse, t. 32, 1898-1899, 
p. 77 à 148, voir spécialement p. 121-135. 



22 L. MENGAUD 

Moraines. — Des lambeaux de moraines s'observent en 
amont de Tarascon, à peu de hauteur au-dessus du niveau de 
l'Ariègeen beaucoup de points; elles paraissent contemporaines 
de la dernière grande glaciation pyrénéenne. 

Le glaciaire de Sorgeat et Ignaux, au nord d'Ax, le lambeau 
morainique de Sourtadel, au sud de Luzenac, et enfin les mo- 
raines plus étendues d'Axiat à Appi et de Senconac à l'étang 
de Sourdeign, dominent respectivement la vallée actuelle de 
l'Ariège de 400, 300 mètres et 450 mètres environ. Etudiées 
sommairement, elles mériteraient peut-être un examen plus 
attentif. Leurs éléments m'ont paru assez frais, ce qui plaide- 
rait en faveur d'une formation assez récente. Peut-être provien- 
nent elles de petits glaciers isolés ou d'affluents latéraux du 
grand glacier qui occupait la vallée principale. 

Pour les dépôts glaciaires d'Axiat, Appi, Senconac, on peut 
supposer ou qu'ils ont été abandonnés dans une vallée suivie 
par une branche du glacier principal ou qu'ils proviennent de 
glaciers locaux occupant le flanc sud du Saint-Barthélémy. Il y 
a même peut être superposition des deux causes, une glaciation 
ancienne ayant façonné la vallée, et une glaciation plus récente 
ayant déposé la moraine. Quoi qu'il en soit, cette importante 
dépression n'est plus guère aujourd'hui qu'une grande vallée 
morte coupée en travers par la plupart des torrents qui vont à 
l'Ariège (1). 

Topographie glaciaire. — Elle s'accuse dans la haute 
Ariège par la fréquence des vallées latérales suspendues, les 
cirques, les profils en escalier des vallées, les roches polies et 
moutonnées, les bosses rocheuses (plattes) formant verrou et 
bifurquant les vallées. 

Vallées suspendues. — En amont de Tarascon, à l'excep- 
tion de l'Oriège, de l'Aston et de la rivière de Vicdessos, 



(1) L. Mengàud. — Les gisements de talc du massif de Saint-Bar- 
thélémy (Ariège). Bull, de la Suc. d'Hist. naï. de Toulouse, t. 41, 
1008, p. 73. 



GLACIAIRE DE L'ARIÈGE 23 

cours d'eau importants dont le stade de creusement suit à peu 
près exactement celui de l'Ariège, la plupart des affluents re- 
joignent la vallée principale par des cascades et des rapides, 
leur vallée propre ayant l'allure d'une vallée suspendue. 

Tel est le cas du ruisseau des Gnôles, émissaire du lac de 
Naguilles et du ruisseau d'Orgeix, tous deux tributaires de 
l'Oriège. Il en est de même de la Lauze ou ruisseau d'Ascou, 
puis du Nagear, du ruisseau de Luzenac et de la série des cours 
d'eau moins importants qui se jettent dans l'Ariège (rive gau- 
che) entre Ax et les Cabannes. Enfin les affluents de la rivière 
de Vicdessos et en particulier l'important ruisseau d'Artiès, 
coulent également dans des vallées suspendues. 

Cirques. — Ils abondent dans toute la zone centrale de la 
haute chaîne et malgré l'évolution que leur fait subir l'érosion 
torrentielle ils gardent encore nettement leurs caractères gla- 
ciaires qui s'accusent par des roches moutonnées et par une 
topographie indécise favorisant la formation de petits lacs. 
Citons, par exemple : 

La région des sources de l'Ariège au sud de l'Hospitalet, sous 
le pic de Fontnègre et les cirques du Sisca (étangs du Sisca) et 
des étangs de l'Albe, d'où naissent le torrent du Sisca et le 
Mourgouillou, qui aboutissent respectivement à l'Hospitalet et 
à Mérens. 

La haute vallée de Vicdessos à son origine. Elle n'est qu'un 
vaste cirque renfermant une foule de petits cirques secondaires 
ou dorment les étangs de La Gardelle, de Roumazet, de la Sou- 
caranne, de Médocourbe, etc. 

Le cirque des étangs Picot au nord du pic de Malcarasse. 

Le grandiose et sauvage cirque de Rioufret, au sud du Mont- 
calm. Il renferme les étangs de Ganalbonne et de Rioufret, 
gelés* pendant la plus grande partie de l'année. Ses parois, 
formées de schistes métamorphiques, se montrent admirable- 
ment rabotées et polies. La raideur de la pente favorise l'action 
intense du ruissellement qui tend à donner à ce cirque la forme 
en entonnoir des bassins de réception torrentiels. 



24 T.. MENGAUD 

Profils en escalier. — Cel te forme classique se retrouve dans 
les valléesde la liante Ariège et de ses affluents; il suffit de les 
remonter pour s'en convaincre. Les parties horizontales ou fai- 
blement inclinées portent le nom de « Plas, Planels, Planets » . 
Les torrents y divaguent, formant des îles et dessinant des 
méandres. En général, les « Plas » constituent d'assez bons 
pâturages mis à profit pour le pacage estival (orrys et jasses). 
Tel est le cas du « Pla de Nizard » et du « Pla de Soulcen » 
dans la haute vallée de Vicdessos. 

Les ressauts brusques, franchis par des cascades ou des 
rapides sont formés par des barrages de roches dures (granités 
ou granulites) que les sentiers gravissent péniblement, parfois 
par de véritables escaliers. Tels sont les « échelles françaises » 
au dessus du Pla de Nizard dans la vallée de Vicdessos, le « pas 
des Escales » à l'entrée de la vallée de Signer, le « pas de la 
Lauze » à l'entrée de la vallée de Gnouères. Il y en a bien d'au- 
tres sans désignation spéciale ; j'ai tenu à citer ceux-ci à cause de 
la toponymie, le mot de « pas » désignant dans le pays un pas- 
sage raide, étroit et souvent difficile. 

Roches moutonnées et bosses rocheuses (jplattes). — Les 
roches moutonnées existent dans toutes les vallées importantes 
de cette région, principalement dans les ressauts où les. roches 
dures ont mieux gardé l'empreinte du rabotage glaciaire. On les 
a signalées depuis longtemps aux environs d'Ax, dans la vallée 
d'Aston, etc. Elles sont très nettes aux « Echelles françaises » 
de la vallée de Vicdessos, dans le cirque de Il i ou fret, à l'étang 
Fourcat dans la vallée d'Artiès, à l'étang de Peyre-Grand dans 
la vallée de Siguer. 

Enfin, les bosses rocheuses, arrondies et polies, s'élèvent fré- 
quemment au milieu des vallées. Elles les bifurquent comme 
les « Plattes » suisses et tandis qu'une des branches sert de lit 
au cours d'eau actuel, l'autre devient une vallée morte. La carte 
d'état-major les figure assez bien (1), en particulier, entre 

(1) Feuilles au '/soooo de Foix (n° 253) et de l'IIospitalet (n° 250) 



GLACIAIRE DE L'ARIÈGE 25 

Ussat et Tarascon, puis entre le Gastelet et Luzenac, où elles 
sont très communes : presque toujours des routes suivent les 
•dépressions des vallées mortes. 

Cette disposition se retrouve souvent dans la haute chaîne 
ariégeoise. Le grand étang Fourcat doit son nom à une bosse 
rocheuse de schistes métamorphiques arrondis et polis, qui 
donne vers le Nord l'aspect d'une fourche à la nappe d'eau. Le 




Fig. i. — Croquis-carte des alentours de la cabane de l'Orry du 
vacher de Siguer, dans la vallée de Gnouères (ait. 1.780 111 ). 



seuil de l'étang de Peyre-Grand, dans la vallée de Siguer, est 
formé également par une « platte » rejetant de côté l'émissaire 
du lac, qui franchit en cascades de superbes surfaces mouton- 
nées, tandis que le chemin muletier utilise la dépression aban- 
donnée. 

Dans la vallée de Gnouères, la cabane du vacher de Siguer 
est construite sur un petit col à côté d'une bosse granitique 
polie, à l'extrémité d'un vaste « Pla » qui correspond à un lac 



26 L. MENGAUD 

comblé devenu aujourd'hui un pâturage en partie marécageux. 
Un petit ruisseau, naissant de sources voisines, coule en sens 
'nwerse de la vallée principale pour aller rejoindre le torrent 
qui se précipite en rapides de l'autre côté de la « platte ». 

Le croquis ci-joint, levé sur place, permet de se rendre 
compte de cette disposition. 

En résumé, les traces de glaciation sont très nombreuses dans 
la haute Ariège. Celles qui se rapportent à la dernière extension 
glaciaire sont les plus nettement reconnaissables. On pourra 
même peut-être y découvrir, comme dans les Alpes, les divers 
stades de recul des glaciers. 

II — Vallée de l'Ariège entre Tarascon 
et St-Jean-de-Verges 

La petite ville de Tarascon est située dans une dépression 
relativement assez large, comblée d'alluvions récentes élevées 
de quelques mètres seulement au dessus du niveau actuel des 
rivières qui la traversent (1). C'est le confluent de trois vallées 
glaciaires assez importantes : celle de l' Ariège, celle de Vicdessos, 
celle de Rabat, qui descend du massif des Trois-Seigneurs. 
Cette dernièie renferme des dépôts morainiques bien développés 
dans lesquels la Courbière a creusé son lit. De nombreux blocs 
erratiques sont posés sur les flancs de la vallée où ils montent 
jusqu'à 750-800 mètres d'altitude (Rabat 582 mètres). On les 



(1) Voir Hap.lé. — Noies sur la Garonne. Bull. Soc. Hist. nat. de 
Toulouse, t. 32, 1898-1899. p. 151, note 2. 

M. E. Harlé donne quelques détails très intéressants sur la nature 
des alluvions qui remplissent le bassin de Tarascon, (/après les 
résultats d'un sondage exécuté un peu en amont de Bonpas à l'en- 
droit où l'on a construit le pont du chemin de fer sur l'Ariège. 

Le vieux fond granitique est recouvert par 18 m ,65 d'alluvions 
parmi lesquels 8 m ,68 sont formées d'un « sable bleuâtre vaseux et 
gras » qui a bien l'allure d un dépôt lacustre. Ceci augmente encore 
la ressemblance avec le glaciaire de la vallée de la Garonne, la mo- 
raine d'' Labroquère et la dépression do Loure-Valcabrère ayant 
pour pendants, dans la vallée de l'Ariège, la moraine d'Arignac et la 
dépression de Tarascon. 



GLACIAIRE DE L'ARIÈGE 27 

voit bien sur le versant est du roc de Calâmes jusqu'au col 
Dijou (815 mètres) (mais sans atteindre le col), au sud du roc 
de Soudour (reposant sur les marnes schisteuses albiennes) jus- 
qu'à la hauteur d'une galerie creusée dans le gypse (1). 

Aux alentours de Bédeillac, les blocs de granité, de gneiss et 
de micaschistes posés sur les calcaires secondaires abondent dans 
les champs et à l'entrée de la grande grotte, dite grotte de Bé- 
deillac (690-700 mètres); l'un d'eux est bizarrement posé sur 
l'arête ouest du Soudour. Mais ici la vallée qui vient de Saurat 



N.. 

Garrabet 

Terrasse supérieure 



Vallums 



Dépression 

de 

Tarascon 




Nioeau de l'Ariège. 
Fig. 2. — Origine des deux terrasses de l'Ariège. 



et descend sur Arignac renferme aussi de la moraine, et les 
blocs erratiques montent vers 800 mètres sur le flanc nord du 
roc de Soudour. Les galets granitiques de ce glaciaire élevé 
sont parfois altérés et passent à l'état d'arènes, ce qui semblerait 
indiquer un âge plus ancien que celui du dépôt qui est 200 mè- 
tres plus bas dans la vallée. 

Aux alentours de Tarascon, les lambeaux morainiques ne 
manquent pas : on peut en voir sur la petite route d'Ussat 
(rive droite de l'Ariège) et surtout dans le ravin qui descend de 



(1) Garrigou cite même des cailloutis glaciaires avec galets strié) 
dans le sol inférieur de la grotte de Pradières située à 900 mètres 
d'altitude (350 à 400 mètres environ au-dessus du fonù de la vallées 
sur le flanc sud-ouest du Soudour II est probable qu'ils sont d'un 
âge plus ancien que les précédents situés 100 à 150 mètres plus bas. 
Voir : Etude stratigraphique de la Caverne du Mas d'Azil et des ca- 
vernes de divers âges dans la vallée de Tarascon (Ariège). Bull. Soc. 
géol. de Fr. (T série), t. 24, 1866 à 1867, p. 492, 1 pi. 



28 L. MENGAUD 

la Bessède. Ils montent au col de Basech (810 mètres, 340 mè- 
tres au-dessus de PAriège), où l'on a recueilli des galets striés. 
Plus haut môme, au signal coté 1.049 mètres, on trouve des 
blocs granitiques sur les schistes noirs albiens qui forment le 
sommet. Ce point (la Bessède), qui domine l'Ariège de 675- 
680 mètres a été plusieurs fois cité, en particulier par Trutat 
(loc. cit.). 

Moraine d'Arignac. — Terrasse de 15 mètres. 

Si l'on suit la vallée de l'Ariège, de Tarascon vers Mercus, 
arrivé à la hauteur de Bonpas, on voit la dépression dans la- 
quelle aboutissent le ruisseau de Saurat et la Courbière barrée 
brusquement au Nord par la petite plaine ondulée d'Arignac qui 
la domine d'une trentaine de mètres. On est en présence d'une 
ancienne moraine frontale quia rejeté vers le Sud le ruisseau de 
Saurat, et dans laquelle PAriège a taillé des coupes fort nettes. 
Le paysage glaciaire y est absolument typique. Blocs de toute na- 
ture : quartz, granités, gneiss, schistes métamorphiques, calcai- 
res compacts, schistes albiens, puis galets, graviers, sables et 
limons s'accumulent en désordre. Tantôt l'ensemble, assez bien 
nivelé en surface, entoure des bosses rocheuses moutonnées sé- 
parées par de petites vallées mortes, tantôt il forme des talus, 
ou vallums de plusieurs mètres de haut. 

On distingue facilement deux de ces derniers sur la rive 
gauche de PAriège, depuis la grand'route; le premier presque 
en face d"un pont suspendu (aujourd'hui détruit) à peu de dis- 
tance du passage à niveau qui suit le pont du chemin de fer, le 
second en face du village de Bonpas. 

Garrigou (1) avait bien reconnu là une moraine frontale, 



(1) Aperçu géologique sur le bassin de l'Ariège. Bull. Soc. Géol. 
de /Y. (2« sér.), t. XXII, p 486-513, 1 pi., 1865. Voir p. 511. 

Traces de diverses époques glaciaires da n .s la vallée de Taras- 
cou (Ariège). Id. f> sér.), t. XXIV, p. 577-578, 1867. 

Conférence >ur le glaciaire et le préhistorique de l'Ariège pronon- 



GLACIAIRE DE l'ARIÈGE 29 

mais il la considérait comme la plus ancienne et recouverte par 
la moraine plus jeune de Saint-Paulet et Montgaillard. 

Il me semble qu'il faut dire exactement l'inverse. La mo- 
raine d'Arignac se raccorde à une terrasse plus basse (15 mè- 
tres) qui s'emboîte dans la moraine de Montgaillard (voir fîg. 2, 
p. 27) et la terrasse supérieure qui lui fait suite : elle s'est 
donc formée à un stade plus avancé du creusement de la vallée 
et par conséquent à une époque plus récente. Mais d'autres rai- 
sons plaident encore en faveur de cette attribution d'âge, en 




Fig. 3. — Vallum en face de Bonpas. 

particulier la topographie morainique bien caractérisée, l'état de 
fraîcheur des éléments granitiques, même de petite taille, la 
bonne conservation des éléments calcaires parmi lesquels se 
voient des fragments de marnes schisteuses albiennes pourtant 
assez altérables. 

A partir d'Arignac, en cheminant vers l'aval, on passe à une 
terrasse bien individualisée topographiquement. Dominant 
d'abord l'Ariège de 30 mètres environ, elle s'abaisse progressi- 
vement à 15-20 mètres à Foix, et finalement à 15 mètres dans 



cée à l'inauguration du musée de l'Ariège. Progrès libéral de Tou- 
louse, numéros des 18, 19, 20 et 24 avril 1883. 

A la page 15 du tirage à part, on lit (c'est moi qui souligne) : ...Il 
île glacier) a stationné... dans la plaine du pont de fil de fer au nord 
de Tarascon puisque nous retrouvons là des moraines frontales ca- 
ractéristiques du séjour de Vextrémité la plus avancée du front 
d'un glacier. 



30 l. Mi:\(;.\rn 4 

la basse vallée où elle a été reconnue par Savornin (1) et Ober- 

maier (2). 

On la voit au dessous de Mercus et d'Amplaing, où elle forme 
une petite plaine basse bientôt nettement surmontée par la 
haute terrasse dont nous nous occuperons un peu plus loin. 
Etroite entre Garrabet et l'usine de Saint-Antoine, elle appa- 
raît tantôt sur la rive droite, tantôt sur la rive gauche. Sous la 
station de Saint-Paul-Saint- Antoine, les deux niveaux se su- 
perposent très nettement, l'un à 60 mètres au-dessus du ni- 
veau de l'Ariège, l'autre à 25-30 mètres. La basse terrasse se 
retrouve ensuite sous le village de Prayols (rive gauche), à Fer- 
rières et enfin à Foix où, malgré l'étroitesse de la cluse, le ni- 
veau est bien net dans le quartier de la gare. On peut la suivre 
également entre Foix et Saint Jean-de-Verges sur les deux 
rives de l'Ariège; sur la rive droite, elle porte la grand'route et 
sur la rive gauche la voie ferrée se dirigeant vers Toulouse. La 
partie qui entoure le hameau de Gapitany est parsemée de blocs 
granitiques d'assez belle taille. En face de Montgaillard, à l'en- 
trée de Foix, puisa Berdoulet et Saint- Jean-de-Verges, on voit 
s'amorcer, dans les méandres de l'Ariège, la formation d'une 
terrasse plus récente élevée de 5 à 10 mètres à peine. Leymerie 
l'avait observée entre Montgaillard et Foix (3) et Savornin [loc. 
cit.) l'a décrite et subdivisée dans la basse vallée. 

Moraipe de Mopt^aillard. —Terrasse de 50 njètres. 

Cette désignation me paraît indiquée parce que c'est à Mont- 
gaillard que cette formation est le plus visible et présente son 

(1) Savornin. Système de terrasses de l'Ariège et de ses affluents. 
/;,///. des sèrv. de la Carte géol. de Fr., n" 104, t. XVI, 1904-1905, 
p. 17. 

(2) D r II. Obërmaier. I>eitrâge zur kentniss des quartars in den 
Pyrenàen. Archiv. fur Anthropologie. Hraunschweig, 19.5-1906. Neue 
Folge I>and 4 und 5. 

(3) Leymkrie. Esquisse géognostique de la vallée de l'Ariège. 
Bull. Sôc. géol. de Fr. (2* sér.), t. XX, 1802 à 1863, pp. 245 k 291, 
lpl., voir p. 280-284. 



GLACIAIRE DE l'ARIÊGE 31 

plus grand développement. Elle constitue une plaine de 6 kilo- 
mètres de long environ sur 2 à 3 kilomètres de large au maxi- 
mum autour du village et du Pech pittoresque de Montgaillard 
(629 mètres). 

La terrasse commence à s'accuser entre Mercus et Garrabet 
à 1 kilomètre environ au nord de Mercus. Il y a là un ressaut 
très net que la voie ferrée franchit par une rampe très sensible 
au départ de Mercus. Sous le village de Garrabet, l'Ariège 
coule au fond d'un ravin profond formé sur la rive gauche par 
une bosse granitique taillée à pic et sur la rive droite par une 
paroi morainique presque verticale de 70-75 mètres de hau; 
qui donne une excellente coupe naturelle. On a aussi une paroi 
de 60 mètres de hauteur environ près de Saint-Paul-Saint- 
Antoine au a Pont du Diable. » 

Contrairement à ce qui s'observe dans la moraine précédente, 
parmi les blocs de nature variée mêlés en désordre : granités, 
granulites, pegmatites, gneiss, ophites, etc., on remarque beau- 
coup de fragments altérés ou au moins fortement patiiiés. Les 
éléments calcaires sont rares et ne sont représentés que par des 
calcaires compacts très durs ou cristallins. Les éléments grani- 
tiques sont fréquemment pourris et en partie transformés en 
arènes terreuses par kaolinisation des feldspaths. La topogra- 
phie glaciaire n'est pas conservée, on ne voit plus de vallums : 
seules persistent quelques bosses rocheuses. Sous l'action flu- 
viatile, la surface s'est bien nivelée et fournit les bonnes terres 
de la plaine de Montgaillard qui donnent d'excellentes récoltes. 
On y est gêné cependant par les énormes blocs qui encombrent 
les champs. Les cultivateurs les entourent de ceps de vigne et 
font des murs de séparation en entassant les galets de taille 
moindre. L'aspect curieux de cette plaine formée de grosses 
pierres arrondies frappe le voyageur dès que, venant de Foix, il 
a franchi la rampe que les trains gravissent péniblement pour 
monter des bords de l'Ariège sur la terrasse supérieure et ga- 
gner la station de Saint-Paul-Saint-Antoine. 

Cette terrasse débute nettement à Garrabet (v. fîg. 2, p. 27 ) 



32 L. MENGAUD 

sur la rive droite de la rivière, mais le village d'Ain plaing sur 
la rive opposée est bâti sur un lambeau morainique du même 
niveau. Il faut lui rapporter aussi l'étroit placage glaciaire qui 
se voit à droite de la route entre le rocher granulitique qui sup- 
porte l'église de Mercus et le ravin à 500 mètres en amont de 
Garrabet. A partir de là il est facile de la suivre, emboîtant et 
dominant des deux côtés de PAriége, la terrasse inférieure qui 
se maintient entre 30 et 40 mètres plus bas. Sur la rive droite, 
elle porte la voie ferrée et la grand'route. La rive gauche, plus 
accidentée d'abord, renferme de nombreuses bosses rocheuses 
E. 



Mon tga il lard 
Tt 



t Terrasse su 



périeure (50 m ) 



W. 

Ariège. Prayols 

Terrasse inférieure^ 



Fig. /j. — Disposition des terrasses de l'Ariège entre Montgaillard et Prayols. 




ou « plattes » séparées par des vallées mortes, puis elle se ni- 
velé sous le hameau de Ginabat et en face de la station de Saint- 
Paul-Saint-Antoine. Là elle cesse brusquement et fait place à 
la terrasse inférieure sur laquelle se trouve Prayols. 

Mais alors elle se localise sur la rive droite et prend de Saint- 
Paul de Jarrat à Saint-Paulet et Montgaillard son plus grand 
développement pour mourir à l'entrée de Foix plaquée contre 
les calcaires du Pech de Foix. Elle est encore visible le long de 
la route, recouverte par les éboulis calcaires anguleux qui 
prennent l'apparence d'une véritable brèche. De nouveau on en 
retrouve un lambeau sur la rive gauche de l'Ariège entre 
l'école normale de Montgauzy (point trigonométrique 438 mè- 
tres), la partie de la vallée où est le Lycée, le confluent de 
l'Ârget et le château de Bélissens. Traversée par la route de 
Foix à Ganac, elle repose en cet endroit sur le granité de la 
Barguillère. 



GLACIAIRE DE l'ARIEGE 33 

Trois autres lambeaux conservés de cette terrasse se voient 
encore en amont de Saint-Jean-de- Verges. Le premier sur la 
rive droite de l'Ariège, aux portes de Foix, entre le quartier 
de la gare et le Pech de Foix, repose sur les calcaires secondai- 
res ; on le voit bien en suivant la route de Pradières, et une 
carrière, ouverte dans l'Urgonien, près de Berdoulet, montre 
la place qu'occupent les cailloutis. 

Le second, plus important (rive gauche), supporte le village 
de Vernajoul où les tranchées de la ligne de Saint-Girons le 
fait voir superposé également à l'Urgonien. C'est un des mieux 
connus. 

Enfin, le dernier, peu étendu, est sur la rive droite à un kilo- 
mètre au sud-est de Saint-Jean-de- Verges, entre la métairie de 
Permillac, le château de Tournac et la briqueterie du pas de 
Labarre. Il repose sur les grès jaunes attribués au Sénonien. 

Il me paraît important de signaler que cette terrasse supé- 
rieure est connue en aval de Saint-Jean-de-Verges ; Savornin 
(loc. cit.) en fait sa terrasse de 50 mètres et Obermaier (loc. cit.) 
l'assimile au troisième niveau de la vallée de la Garonne. 

Voici les altitudes relevées soit au baromètre, soit sur la carte 
d'état- major ou données par des cotes de nivellement en divers 
points pour les deux terrasses et le lit actuel de l'Ariège. (Pro- 
fils en travers de la vallée.) 



Localités Ariôge Terrasse inf. Terrasse sup. 

(30-15'»; (75-50'") 

Arignac-Bonpas 455 

Amplaing-Garrabet 430 

Saint-Paul Saint-Antoine 405 

Prayols-Montgaillard 400 

Tramesaygues (Emb. du Scios) 390 

\ Montgauzy 380 

Foix --JGare 375 

v . . j Village 370 

Vernajoul. j yiaduc 363 

Permillac « 353 364 400-405 

SOC D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XXXXIIl) 3 



485 


» 


460 


504-490 


430 


460 


425 


450 


422 


440 


397 


438 


390 


» 


» 


414 


380 


405 



'M L. MENGAUD 

RÉSUMÉ. — En somme, deux des terrasses les mieux carac- 
térisées de l'Ariège existent en amont de Saint-Jean de Verges 
et se raccordent, à leur origine, à des moraines. 

La plus basse se fixe à un niveau moyen de 15 mètres au- 
dessus du lit actuel et se maintient à ce niveau au delà du 
Plantaurel dans le cours inférieur de l'Ariège. Elle se soude, 
en. amont, à une moraine d'allure assez récente bien visible aux 
environs d'Arignac. Par l'ensemble de ses caractères, cette 
formation est comparable à la moraine de Labroquère et à la 
terrasse de 15 mètres de la Garonne qui lui fait suite (1). 
Obermaier (loc. cit.) les rapporte à la quatrième glaciation 
(Wilrmien de Penck) ; on sait d'ailleurs que cette terrasse ren- 
ferme, en divers points, des restes de Mammouth (Elephas 
primigenius). 

La seconde, plus élevée, et qui se maintient finalement vers 
50 mètres, se raccorde aussi à une moraine aujourd'hui déman- 
telée, nivelée et dont les éléments sont altérés ou patines. Elle 
débute à Garrabet et Amplaing un peu au nord de Mcrcus, et 
se développe beaucoup à Montgaillard, au sud de Foix. Il y a 
lieu de la comparer aussi à la terrasse de 50 mètres de la 
Garonne (a 1a de Boule, loc. cit.), c'est-à-dire à la terrasse qui 
supporte Monlréjeau, Saint-Gaudens et forme à l'ouest de Tou- 
louse la plaine de Golomiers et Léguevin. D'après Obermaier 
(loc. cit.), qui a reconnu quatre terrasses correspondant à qua- 
tre glaciations comparables aux glaciations alpines dans la vallée 
de la Garonne, la terrasse de 50 mètres serait d'âge Rissien 
(troisième glaciation). 



(1) M. Boule. —Le plateau de Lannemezan et les alluvions ancien- 
nes des hautes vallées de la Garonne et de la Neste. Bull, du serv. 
de la Carte géol.de France. Bail. n° i3, t. VI, 1894-1895, p. 447-469, 
4 pi. voir p. 451 et suiv. (terrasse de 15 mètres, a» lj ). 



GLACIAIRE DE L ARIEGE 



35 




Fig. 5. — Moraines et terrasses de l'Ariège aux environs 
de Foix. 



36 L. MENGAUD 

VALLÉE DU SALAT 
aux environs de Saint-Girons 



Ce paragraphe ne correspond qu'à une étude seulement ébau- 
chée et encore incomplète, mais dont les premiers résultats 
m'ont paru assez intéressants pour être publiés. 

Gravier des plateaux. — Dans un mémoire posthume 
de H. Magnan (1) il est fait mention d'un diluvium des pla- 
teaux aux environs de Saint-Girons et de Saint-Lizier (Ariège). 

Voici d'ailleurs son propre texte (p. 33). 

« lerrain diluvien. — Ce terrain est composé d'argiles jau- 
» nàtres, rougeàtres, recouvertes par de nombreux cailloux 
» bien roulés de quartzite ; sa puissance varie ; elle n'est jamais 
» bien considérable. Je n'y ai jamais trouvé la moindre trace 
» de cfébris organiques, contrairement à certains auteurs, et je 
» range cette formation dans les terrains quaternaires. On peut, 
» du reste, lui donner le nom de diluvium des plateaux parce 
» qu'on l'observe toujours sur les lieux élevés au-dessus du 
» miocène ou, en l'absence de ce terrain, sur des couches plus 
» anciennes (Saint-Lizier, entre Saint-Girons et Mondette). » 
Plus récemment, M. Carez a considéré ces dépôts comme des 
« alluvions plus anciennes que le troisième niveau de la Ga- 
ronne (2), peut-être même antérieures au quaternaire (3) » et 
les avait déjà figurés comme « alluvions anciennes » sans autre 



(1) H. Magnan. — Coupes dans la partie centrale des Pyrénées 
françaises. Bull, de la Soc. d'IIist. nul. de Toulouse, t VII, 1873. 
H». 27-77, 3 pi. 

(2) C'est le niveau sur lequel est bâtie la ville de Saint-Gaud( ns, 
c'est-: -dire la tenasse supérieure (50 mètres, a' a de Boule) ou la 
troisième terrasse d'Obermaier. 

(3) L. Carez. — Géologie des Pyrénées françaises, /asc. III, 
p. 1633. 



GLACIAIRE DE L'ARIÈGE 37 

désignation dans la planche II, d'une note donnée en 1903 à la 
Société géologique (1). 

Quelques observations faites sur le terrain me portent à les 
rapprocher des limons et cailloutis du plateau de Lannemezan 
avec lesquels ils présentent de nombreux caractères communs. 

Le manteau plus ou moins épais de cette formation est cons- 
titué en surface par des limons jaunes ou orangés renfermant 
des galets uniquement quartzeux de taille variable. Dans cer- 
taines tranchées on voit que ces limons proviennent en grande 
partie de l'altération sur place de blocs surtout granitiques de 
toutes dimensions. Le contour de quelques-uns de ces blocs est 
encore visible, mais la roche est complètement décomposée, 
réduite à l'état pulvérulent et elle s'effrite au moindre contact. 
C'est exactement ce que l'on observe sur le Lannemezan et que 
M. Boule (2) a décrit avec une grande précision. La ressem- 
blance entre l'aspect et la nature des deux dépôts est parfaite. 
Elle se continue jusque dans la végétation : les landes couver- 
tes d'ajoncs, de petits genévriers et de bruyères ne sont pas 
rares. Cependant, quelques parties ont des bois de chênes et 
d'autres portent d'assez bonnes cultures (plateau de Lasserre, 
les Baudis, Chaumarti). 

Il y a encore une analogie frappante dans les altitudes que 
les limons du Saint-Gironnais et ceux du Lannemezan occupent 
par rapport a: x vallées actuelles creusées sur leurs bords. Voici 
quelques cotes relevées sur la carte d'état-major en des points 
voisins et dont la comparaison est instructive. 

(1) L. Carez. — Sur l'allure des couches secondaires au sud et à 
l'ouest de Saint-Girons (Allège). Bull. soc. géol. de France, 4 e série, 
t, 111,1903, p. 55 et pi. IL 

(2) M. Boule. — Loc. cit. p. 461 et suiv. 



38 





L. MENGAUD 




Niveaux actuels de 
la Nesle et de 
lateaude Lanneniczan. la Garonne. 


Sl-Gironnais. 


Niveaux actuels 
du Salât. 


685 


520 


620 


410 


660 


514 


603 


400 


649 


484 


579 


390 


638 


436 


574 


385 


602 


430 


540 


380 



Dans les deux cas, les différences se maintiennent surtout 
entre 150 et 200 mètres : on ne peut guère demander mieux 
comme coïncidence pour des formations pareilles. 

Le « gravier des plateaux » du Saint-Gironnais couronne une 
série de hauteurs au nord du Salât. Il débute à l'est de Saint- 
Girons à la cote 621 (Herré), au-dessus de Mondette, domine le 
hameau de Pégoumas et s'arrête à la vallée du Baup, recou- 
vrant indistinctement des couches permiennes, triasiques et 
jurassiques. 

On le retrouve ensuite au nord de Montjoy et de Saint- Li- 
zier, formant la hauteur (cote 579) où se trouve la ferme de 
Biros. C'est vers l'extrémité de ce plateau, dans un bois de chê- 
nes, vers 540-550 mètres d'altitude que l'on voit plusieurs blocs 
d'assez grande taille. Ils sont constitués par un poudingue sili- 
ceux rouge-violacé, très dur, que l'on rapporte au Permien et 
dont les couches en place se trouvent à sept kilomètres au Sud- 
Est environ, près de Mondette. Le plus gros mesure hors de 
terre 1 mètre de haut sur 2 mètres de long et l m ,80 de large, et 
son volume est supérieur à 2 mètres cubes A part cela, les 
galets de quartz gros comme une tête d'homme (parfois dou- 
bles) et couverts d'une patine jaunâtre, abondent à la surface 
du sol. 

Si l'on franchit un profond ravin, on remonte encore au 
Nord sur un autre plateau plus étendu, assez bien cultivé, qui 
porte les hameaux de Chaumarti et les Baudis Son altitude se 
maintient entre ÔCS* (La liajole — Hêtre isolé), 577 mètres (Les 



GLACIAIRE DE L'ARIÈGE 39 

Baudis), 540 mètres (bord Sud). Les limons et cailloulis sont 
lejs mêmes qu'aux alentours de Biros (1). 

Enfin à peu de distance et toujours vers le Nord, le plateau 
de Lasserre et la Crouzette (574 m ), traversé par la route de 
Saint-Girons à Sainte-Croix-Volvestre, se présente avec une al- 
lure et une composition identiques (2). 

Ce sont toujours les limons jaunâtres avec galets de quartz 
patines, des grès siliceux et quelques rares ophites presque mé- 
connaissables tant elles sont altérées. Les éléments m'ont paru 
un peu plus petits que ceux déjà trouvés au Sud, pourtant un 
fragment roulé de poudingue permien m'a donné comme di- 
mensions : O m ,70 X m ,40 x m ,35. Ici la « deckenschotter » 
recouvre le Cénomanien vers le Sud et le Nummulitique vers 
son extrémité Nord. 

Quelle est l'origine de ce dépôt? 

Sa ressemblance avec celui du Lannemezan me conduit à 
admettre la même origine et le même âge. 

Les glaciers seuls sont capables de porter des blocs de la taille 
de ceux que l'on observe dans cette formation, soit qu'ils se 
trouvent complètement décomposés comme les granités, soit au 
contraire bien conservés comme les poudingues siliceux per- 
miens. 

Si l'on admet avec Obermaier quatre glaciations dans les 
Pyrénées comme dans les Alpes, et si le Lannemezan repré- 
sente les restes de moraines frontales anciennes démantelées 
par l'action fluviale, il faut accepter la même origine pour les 
« graviers des plateaux » du Saint-Gironnais. Il y aurait là les 
traces de l'existence de la première glaciation pyrénéenne 
(Gùnzien de Penck pour les Alpes) dans la vallée du Salât. 



(1) Deux blocs de poudingue permien m'ont présenté les dimen- 
sions suivantes : 

0",95 X m ,45 X m ,35 et m ,60 X C m ,60 X l m - 

(2) C'est probablement par erreur ou par défaut de comparaison 
avec les précédents qu'on l'a porté comme « Miocène » sur la carte 
géologique au Vso-ooo .feuille de Pamiers . 



-10 



L. MENT.AUD 



s. 



- erratiques 

du huis de Mont fort 



N. 
540"'. 



Gracier des 
plateaux. 




3*5'». 



Fig. G. — Coupe de la vallée du Salât à la hauteur de Saint-Lizier (Ariège). 

Bl.ocs erratiques du bois de Moptfort. — Si de la 

station de Saint-Lizier (rive gauche du Salât) on monte à la 
propriété de Montfort et au bois placé sur une petite hauleur au 
Sud, on observe les faits suivants. Après avoir quitté le Salât, 
coulant rapide sur les calcaires urgonïens très durs de Saint- 
Lizier, on gravit un premier ressaut qui montre une terrasse 
superposée au calcaire précédent. Elle domine la rivière (alti- 
tude, 385 m.) de 35 à 40 mètres (altitude, 4 £ 20-425 m.) et ren- 
ferme des galets roulés de nature variée, mais parmi eux des 
granités altérés, comme dans la terrasse de 50 mètres de la 
vallée de l'Ariège. Cette terrasse est bien accusée dans la topo- 
graphie et s'étend de l'embouchure du Lez (Lédar) à Montfort, 
au château des Roses et au château Saint-Michel. M. Garez 
(loc. cit., p. 1633) l'a reconnue et lui attribue les deuxième et 
troisième niveaux de la vallée de la Garonne (1). Par ses carac- 
tères pétrographiqnes, elle ressemble beaucoup à la terrasse de 
50 mètres, mais il faudra la suivre jusqu'à la vallée de la Ga- 
ronne, pour voir les rapports réciproques de ces deux terrasses 
avant de conclure à leur identité. 

Près de la ferme de Montfort (et surtout dans le bois è 480- 



(1) Voici le texte : « Ils (les cailloutis)me paraissent correspondre 
à la fois au deuxième et au troisième niveaux de la vallée de la Ga- 
ronne sans que j'aie pu y tracer de divisions. » On aurait donc une 
formation unique tenant la place des (errasses de 15 et de 50 mètres? 



GLACIAIRE DE L'ARIÈGE 41 

485 m. d'altitude), abondent des blocs erratiques qui, à ma 
connaissance, n'ont pas été encore signalés. Ils sont exclusive- 
ment siliceux, les plus petits sont des quartz et les plus gros 
des poudingues permiens. L'un d'eux montre l m , 50 de hauteur 
hors de terre et n'a pas moins de 20 pas de tour (environ 15 m.). 
On peut les voir et les distingner d'autant mieux qu'ils sont 
nombreux et qu'ils tranchent par leur couleur sombre sur les 
calcaires urgoniens gris, corrodés en surface, qui percent le sol 
du petit plateau du bois de Montfort. Manifestement, ces blocs 
ont été transportés par un glacier. Placés 90-100 mètres plus 
haut que le Salât, on peut admettre qu'ils sont des restes de la 
vieille moraine de la première glaciation qui a fourni les cail- 
loutis et les blocs des plateaux précédemment décrits. 

Il faut remarquer, toutefois, qu'ils sont entre 80 et 100 mè- 
tres plus bas, et, pour ma part, je ne serais pas éloigné de croire 
qu'ils appartiennent à une formation différente plus récente et 
qu'ils sont des témoins ou de la deuxième glaciation (Mindélien 
dePenck), ou de la troisième (Rissien), ceci, bien entendu, sous 
le bénéfice d'une confirmation ultérieure. 



42 p. dop 



DISTRIBUTION 

DES 

VÉGÉTAUX MÉDITERRANÉENS 

I>ans les Pyrénées 
Par M. Paul Dop 



Si l'on examine la carte que M. Flaiiault a donnée de la 
distribution des végétaux en France, dans la Flore de M. Coste, 
on remarque que toute la région qui constitue les p'aines et les 
basses montagnes de la Haute- Garonne et de l'Ariège, appar- 
tient au secteur Aquitanien du domaine floral Atla?itique. On 
sait en outre, depuis longtemps, que le voisinage immédiat du 
serteur Honssillonnais-Narbonnais d i domaine Méditerra- 
néen contribue à donner à la Haute- Garonne et surtout à 
l'Ariège un caractère mixte, défini par le mélange des végétaux 
aquitaniens et des végétaux méditerranéens. Je me propose, 
dans cette note, de rechercher l'extension et la répari ition des 
végétaux méditerranéens xérophiles dans les basses montagnes 
de l'Ariège et de la Haute-Garonne. Pour cela, j'examinerai 
successivement la flore de quelques points de ces régions. 

1° Région de Tarascon-Ussat. 

Le massif de Tarascon-Ussat est constitué par une zone cal- 
caire de faible altitude appartenant probablement au terrain 
secondaire jurassique ou crétacé. C'est une région aride, entre- 
coupée de failles et de diaclases, et par cela même extrêmement 



VÉGÉTAUX MÉDITERRANÉENS 43 

sèche, où ne pousse qu'une maigre végétation. J'ai relevé la 
liste suivante de végétaux méditerranéens : 

Helichrysum Stœchas De. 
Jasminum frit tic an s L. 
Pista cia Terebinlhus L. 
Ruscus aculeatus L. 
Rhamnus Alaternus L. 
Lonicera etrusca Santi. 
Lavandula spica L. 
Umbilicus pcndul nus De. 



2° Chaînes du Plantaurel. 

Les chaînons du Plantrurel constituent une région ou domi- 
nent des calcaires d'une grande sécheresse; aussi les formes 
xérophiles y sont-elles particulièrement nombreuses. 

Au Pech de Foix l'on peut signaler : 

Alyssum spinosum L. 
Asparagus acutifolius L. 
Catananche cœrulea L. 
Dorycnium su/fruticosum Vill. 
Helichrysum Stœchas De. 
Jasminum fruticans De. 
Leuzea conifera De. 
Psoralea bituminosa L. 
Ruscus aculeatus L. 
Lonicera etrusca Santi. 
Pistacia Terebinthus L. 
Plycholis hcterophylla Koch. 
Genisla Scorpius De. 
Lavandula latifolia Vill. 



44 P. DOP 

Plantago Cynops L. 
Coronilla Emerus L. 
Acer monspessulannm L. 

Au Pech Saint- Sauveur, avec les mêmes espèces médite] ra- 
néennes, nous trouvons : 

Phyllirea latifolia L. 
Quercus Ilex L. 
Rubia peregrina L. 
Rhamnus Alatemvs L. 
Fumana Spachi Gren. et G. 
Adianlhum Capillus Veneris L. 
Aster iscus spinosus Gren. et G. 

J'insiste particulièrement sur la présence, dans les Petites 
Pyrénées de l'Ariège, de végétaux dont l'habitat normal est la 
garrigue méditerranéenne, tels que Helichrysum Stœchas, 
Fumana Spachi, Phyllirea latifolia, Quercus llex, Leuzea 
conifera, Catananche cœrulea, etc. 

Une flore analogue se retrouve dans les chaînons arides, à 
crêtes rigoureusement parallèles, qui sont au nord des monta- 
gnes de Foix. La plupart des mêmes espèces s'y rencontrent, 
avec la même abondance d'individus. 

3° Petites Pyrénées de la Haute-Garonne. 

Dans les petites Pyrénées de la Haute-Garonne, les espèces 
méditerranéennes apparaissent encore, mais moins nombreuses 
que dans l'Ariège. C'est ainsi que sur les calcaires Daniens de 
Boussens on observe : 

Jasminum fruticans L. 
Leuzea conifera De. 



VÉGÉTAUX MÉDITERRANÉENS 45 

Calananche cœrulea L. 
Phyllirea lalifolia L. 
Doryenium suffrulicostim Vill. 
Lotus hirsutus L 
Argyrolobium Linneanum Walp. 
Aphyllanthes monspeliensis L. 

Les petites Pyrénées de la Haute-Garonne sont d'ailleurs 
l'extrême limite vers l'Ouest de l'extension des plantes médi- 
terranéennes. Au delà, en eftet, le type floral Aquitanien appa- 
raît sans mélange. 

Considérations générales. — La notion essentielle qui se 
dégage des faits exposés plus haut, c'est que les colonies médi- 
terranéennes immigrées dans le domaine Aquitanien, jalon- 
nent d'une façon à peu près exclusive les chaînons calcaires. 
Cette notion permet de comprendre aisément la persistance de 
ces végétaux immigrés sous un climat qui n'est pas leur climat 
habituel. 

Au point de vue climatérique, la garrigue et les chaînons du 
Plantaurel, par exemple, diffèrent essentiellement. Le climat de 
h garrigue est essentiellement xérophyte ; car la quantité d'eau 
qui y tombe est en général extrêmement faible. Dans les Pyré- 
nées, au contraire, il tombe souvent des quantités d'eau consi- 
dérables et leur climat est généralement humide. Mais si le 
climat est humide, les calcaires constituent cependant des sols 
secs où les végétaux xérophiles peuvent se développer L'eau 
de pluie tombant sur les calcaires est immédiatement drainée 
dans les diaclases et les fissures de la roche, qui devient de ce 
fait un sol excessivement sec, capable de supporter des végé- 
taux xérophiles. Ainsi s'explique la localisation des espèces 
méditerranéennes, émigrées "sur les chaînons calcaires des 
Pyrénées. 



4(5 D 1 ' MAURIN 



ORIGINES ET VARIATIONS 

DU 

SULFOCYANATE DE POTASSIUM 

Dans la salive humaine 
Par le Dr Maurin. 



INTRODUCTION 

Tréviranus, le premier, en 1814, constata la coloration rouge 
que prenait la salive humaine par l'addition de persel de fer. 
Depuis lors, de nombreux physiologistes, médecins et chimistes 
se sont occupés de cette question. Ils ont été unanimes à cons- 
tater dans ce liquide la présence du sulfocyanate de potassium 
et plusieurs procédés de recherche ou de dosage, ont été pro- 
posés à cet effet. 

Poussant plus loin leurs recherches, ils ont rencontré ce sel 
non seulement dans les produits de sécrétions des différents 
groupes de glandes salivaires de l'homme et des animaux, mais 
encore dans d'autres liquides de l'organisme tels que le sang, 
l'urine, le lait, la sécrétion stomacale. 

Quelques objections se sont parfois élevées sur la spécificité 
du sulfocyanate de potassium et sur sa constance dans la salive 
humaine. Pour certains auteurs, les différentes réactions pro- 
posées n impliquaient pas nécessairement l'existence de ce com- 
posé à l'état libre. Pour d'autres, sa présence n'était due qu'à 
l'existence de caries dentaires ou à l'usage et surtout à l'abus 
du tabac. 

Il n'est pas jusqu'à son rôle qui n'ait été controversé. Le? 
uns en faisaient un antiseptique, bien qu'aux doses où on le 



SULFOCYANATE DE POTASSIUM 47 

trouve dans la salive il ne puisse pas avoir d'action bactéricide. 
D'autres lui faisaient jouer un rôle essentiel dans la digestion. 

L'accord s'est fait aujourd'hui sur tous ces points. Le sulfo- 
cyanate de potassium n'est plus envisagé que comme un produit 
d'excrétion, de déchet, et de nombreuses et patientes recherches 
ont montré qu'on le retrouve toujours dans la sécrétion sali- 
vaire, quoique en des proportions variant de 0,03 à 0,90 
pour 1.000. 

Il nous a paru intéressant de rechercher précisément les causes 
qui pouvaient ainsi faire varier les quantités de ce composé 
dans la salive. La question déjà ébauchée quant aux variations 
physiologiques ou pathologiques, nous avons voulu la compléter 
en étudiant les influences alimentaires et thérapeutiques, tout 
en précisant autant que possible les conditions de variations 
physiologiques et pathologiques. 

Pour ce qui est du mécanisme intime qui préside à l'élabo- 
ration du sulfocyanate de potassium, il est évidemment lié aux 
modifications des matières albuminoïdes dans l'organisme. 

Sans nous attarder aux détails de la question encore incom- 
plète du métabolisme du ^soufre, nous nous sommes efforcés, 
néanmoins, de rechercher par quel processus chimique on pou- 
vait remonter du sulfocyanate de potassium aux matières albu- 
minoïdes d'où il dérive. 

Nous avons été ainsi conduits à donner quelques formules 
théoriques pouvant expliquer ces différentes transformations, 
nous proposant, par la suite, de les vérifier expérimentalement, 
si possible. 

RECHERCHE DU SULFOCYANATE DE POTASSIUM DANS LA SALIVE 

Examen qualitatif : 1° Le procédé le plus courant consiste 
à ajouter quelques gouttes de perchlorure de fer à la salive. On 
obtient ainsi une belle coloration rouge sang que l'éther enlève 
facilement. 

Cette coloration, qui pourrait prêter à confusion avec la colo- 



48 r>«" M.vriuN 

ration analogue donnée pat les acétates, les sulfites, etc., 
persiste après addition d'acide chlorhydrique, ce qui exclut la 
présence de ces sels. Elle ne disparaît que sous l'influence du 
chlorure d'or ou d'un azotite alcalin, ou bien encore par la cha- 
leur, pour reparaître après refroidissement. 

2o Une solution d'acide iodhydrique ajoutée à la salive fil- 
trée, développe une légère couleur jaune due à de l'iode mis 
en liberté et qu'on peut reconnaître par l'emploi d'amidon. On 
obtient, en effet, une coloration bleue plus ou moins intense. 

3° Une réaction très sensible consiste à ajouter quelques 
gouttes d'une solution de sulfate de cuivre à de la salive filtrée. 
Il se développe une belle coloration vert émeraude. 

4° Enfin, le papier filtre, imprégné de teinture de gaïac et 
trempé dans la salive, bleuît lorsqu'on le plonge ensuite dans 
une solution de sulfate de cuivre au gôVô- U est - Don d'ajouter 
que cette dernière réaction n'est pas spécifique des sulfocyanates. 

Examen quantitatif. — Différents procédés ont été tour à 
tour proposés. Munk et Hammerbacher évaluaient la richesse 
de la salive en sulfocyanate en ramenant celui-ci, par oxyda- 
tion, à l'état de sulfate et pesaient ensuite ce dernier après 
l'avoir transformé en sulfate de baryum. 

Mais ces procédés, tout en donnant des indications suffisam- 
ment précises, ont l'inconvénient d'être assez longs. Il est en 
outre à craindre que, si la salive renferme des composés sul- 
furés autres que les sulfocyanates, on n'ait pas un résultat bien 
rigoureux. Enfin, ils exigent de grandes quantités de salive et 
lorsqu'on veut pratiquer de nombreux dosages on est obligé 
d'user de procédés plus rapides et ne nécessitant qu'une très 
petite quantité de salive. 

Aussi, pour éviter tous ces inconvénients, Hoppe-Seyler, le 
premier, eut recours à la méthode colorimétrique à laquelle se 
sont arrêtés depuis presque tous les auteurs qui se sont occupés 
de la question. 

Gscheilden se servait d'un papier impreigné de perclilorure 



SULFOCYANATE DE POTASSIUM 49 

de fer et d'acide chlorhydrique et comparait les colorations 
obtenues par différentes salives avec des colorations données 
par des solutions titrées. 

Mais ce procédé est défectueux, car la coloration du papier, 
comme sa teneur en perchlorure de fer, n'est pas uniforme. Il 
s'altère du reste très rapidement à l'humidité et à la lumière. 
Dubief (de Lyon) opère avec une série de tubes à essai de 
même calibre et de même épaisseur de verre. Il y introduit des 
solutions de sulfocyanate de différents titres additionnées d'une 
certaine quantité de perchlorure de fer. Il obtient ainsi une 
échelle de colorations auxquelles il compare les colorations obte- 
nues de la même manière avec les salives à examiner. 

C'est aussi à la méthode colorimétrique que nous nous som- - 
mes adressés ; mais afin d'obtenir des résultats plus précis, 
nous nous sommes servis du colorimètre de Dubosc en procé- 
dant ainsi qu'il suit : 

Nous avons fait tout d'abord une solution au Vioooo de sul- 
focyanate de potassium pur et desséché qui nous a servi de 
liqueur type pour toutes nos expériences. Nous nous sommes 
arrêtés à ce titre de solution, car c'est celui qui se rapproche le 
plus des quantités moyennes trouvées dans la salive ordinaire, 
et dès lors nos comparaisons s'en trouvaient facilitées. 

A 10 centimètres cubes de cette solution nous ajoutons vingt 
gouttes de la solution officinale de perchlorure de fer mar- 
quant 1,26, nous obtenons ainsi le maximum de coloration 
pour la quantilé de sulfocyanure contenu dans ces 10 centimè- 
tres cubes, c'est-à-dire 1 / 10 de milligramme. C'est ce liquide 
type coloré que nous introduisons dans le cylindre fixe du colo- 
rimètre Dubosc. 

Quant à la salive à examiner, elle est d'abord filtrée au papier 
qui retient toutes les souillures qui l'accompagnent. Nous en 
prélevons 5 centimètres cubes que nous ramenons à 10 centi- 
mètres cubes avec de l'eau distillée. En effet, la salive, quoique 
filtrée, restant toujours un peu louche, il est préférable de la 
diluer pour faciliter les recherches. De plus, il est d'un très 

?OC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE ^T. XLIII). 4 



50 \v MAtlRlN 

grand avantage d'employer peu de salive qu'il est souvent diffi- 
cile de se procurer en quantité abondante. 

Ce mélange d'eau et de salive est additionné de vingt gouttes 
de perchlorure de fer à 1,26 et deux gouttes d'acide chlorhydri- 
que. La colo'ration rouge se manifeste dans toute son intensité. 
Il ne reste plus dès lors qu'à examiner au colorimètre. 

Telle est notre façon d'opérer qui donne des résultats satis- 
faisants comme précision. Elle a de plus le gros avantage d'être 
rapide et de permettre d'opérer sur de petites quantités de sa- 
live. Grâce à elle, nous avons pu, en effet, multiplier nos re- 
cherches et étudier ainsi facilement les influences physiologi- 
ques, pathologiques et thérapeutiques sur de nombreux sujets, 
comme nous allons l'exposer maintenant. 

INFLUENCES DU RÉGIME ALIMENTAIRE. — ORIGINES POSSIBLES 
DU SUI.FOCYANATE DE POTASSIUM SALIVAIRE. 

Dubief avait déjà constaté de légères variations avec l'Age, le 
sexe, les différentes heures de la journée, sans que l'alimenta- 
tion lui parût jouer un rôle bien important. 

Nous avons aussi, pour notre part, observé de très légères 
modifications dans la teneur de la salive en sulfocyanate de potas- 
sium tant que nous nous sommes soumis à un régime alimen- 
taire mixte comprenant à la fois des graisses, des hydrates de 
carbone et des matières albuminoïdes. Mais, au contraire, nous 
sommes arrivés à des variations profondes en suivant des régi- 
mes alimentaires composés en majeure partie de telle ou telle 
catégorie chimique d'aliments. ' 

Le tableau suivant, qui résume nos expériences sur ce point, 
donne la moyenne des chiffres que nous avons obtenus pour 
cinq observations par catégorie de régime : 

1° Régime composé surtout d'hydrates de 

carbone fir ,10 par litre. 

!2" Régime composé surtout de graisses. . . . gr ,ll — 



SULFOCYANATE DE POTASSIUM 51 

3° — mixte (hydrates de carbone, albu- 

minoïdes) gr ,16 par litre. 

4° Régime composé surtout d'albuminoïdes. gr ,18 — 
5° — — de matières alimentaires 

riches en soufre (choux, cresson, œufs). fc ' r ,25 — 

Chacun de nos repas était ainsi composé : 

Pour le premier cas, correspondant au régime riche en hy- 
drates de carbone, nous avons chaque fois absorbé : 

200 grammes de pain, un potage tapioca au bouillon de lé- 
gumes, une purée de pommes de terre, des carottes en sauce à 
la farine, un gâteau de riz. Gomme boisson, nous avons pris 
pour tous nos repas d'épreuve, 500 grammes d'eau et de vin 
rouge à parties égales. 

Pour le régime à base d'aliments gras, nous l'avons ainsi 
composé : 

200 grammes de pain, du pâté de foie gras, du beurre, des 
sardines ou du thon à l'huile et comme dessert des noix et des 
amandes. 

Dans le régime mixte, nous avons absorbé : 

200 grammes de pain, une purée de pois ou de lentilles, un 
rôti de viande ou un poisson, du beurre, un œuf, un dessert 
avec fruits et pâtisseries. 

Les expériences portant sur l'absorption presque exclusive de 
matières albuminoïdes comprenaient : 

200 grammes de pain, un potage à l'œuf, des huîtres, une 
viande grillée, un poisson maigre, une crème, 

Enfin, dans le dernier cas, nous nous sommes efforcés de 
prendre des substances aussi riches que possible en soufre, en 
établissant ainsi notre menu : 

125 grammes de pain, un potage aux œufs, une salade de 
cresson à la moutarde, un gratin aux choux, deux œufs brouillés, 
une crème. 

Comme on le voit par le tableau précédent, la proportion de 
sulfocyanate de potassium augmente très sensiblement avec le 



52 D r MAUIUN 

régime des albuminoïdes pour atteindre son maximum par 
l'absorption de substances alimentaires particulièrement riches 
en soufre. 

C'est donc au soufre des matières albuminoïdes alimentaires 
qu'il faut attribuer l'origine du sulfocyanate de potassium de la 
salive. Celles-ci subissent, en effet, dans l'organisme, une série 
d'oxydations, de réductions et surteut d'hydratations avec une 
foule de réactions intermédiaires encore mal connues. Toute- 
fois, on sait aujourd'hui qu'une partie de ce soufre se trans- 
forme, par voie de décomposition ou peut-être synthétique- 
ment, en un composé bien délini : la cystine, qui n'est autre 
que le disulfide de l'acide aminothiolactique répondant à la 
formule : 

AzH2 AzH* 

I I 

GH3 _ c - COOH COOH — G - CfP 

I I 

S S 

Cystine. 

Cette cystine du reste se dédouble dans l'organisme en un 
composé plus simple, la cystéine ou acide aminothiolactique. 

CH3 

I 
HS — C - \zI12 

I 
C OOH 

Gystéine. 

et c'est ce corps qui par oxydation fournit probablement de 
l'acide sulfocyanique, d'après l'équation : 
COOH 

G ^SH H * + ° — GH»COOH + CAzSH + Il 
Étlianoïque A. gulfucyanique. Eau. 

CH3 

Cystéine. 

Telle nous parait être une des sources de l'acide sulfocyani 
que, et partant du sulfocyanate de potassium salivaire. 

Jl existe, en outre, d'autres composés sulfurés produits par 



SULFOGYANATE DE POTASSIUM 53 

la décomposition des matières albuminoïdes, tels que la sulfo- 
urée, qui pourraient aussi donner du sulfocyanate de potas- 
sium. 

CS C ^| + KG1 = GAzSK + AzH4GL 

Mais quels que soient les processus chimiques qui condui- 
sent à l'acide sulfocyanique, c'est le soufre des matières albu- 
minoïdes qui en est le véritable générateur. 

Du reste, nous avons repris les expériences de Pollak, qui 
avait étudié les destinées des substances pouvant se transfor- 
mer en acide sulfocyanique ou exalter sa prodution. A cet 
effet, nous avons fait insérer à plusieurs sujets dans une série 
d'expériences, du soufre, de l'hyposulfite de soude, du sulfonal, 
de la sulfo-urée, des eaux minérales sulfureuses. Jamais nous 
n'avons pu noter la moindre augmentation du sulfocyanate de 
potassium salivaire. 

Il faut en conclure que seul le soufre en combinaison orga- 
nique comme il se trouve dans la molécule d'albumine est capa- 
ble de produire ce sel. Cette production est-elle un phénomène 
desimpie décomposition de l'albumine ou, au contraire, une for- 
mation synthétique au niveau de certains épithéliums à pouvoir 
électif comme pourrait l'être l'épithélium des acini salivaires? 
C'est un point encore obscur dans la genèse de l'acide sulfo- 
cyanique. 

INFLUENCE DES MALADIES 

Nos analyses ont porté sur toute une série de maladies, au 
hasard de la pratique courante. Elles ont été répétées durant 
près de quatre ans, à plusieurs reprises, pour chacune d'elles, 
toutes les fois qu'il nous a été possible d'obtenir une salive re- 
cueillie dans de bonnes conditions. Nous avions, en effet, à écar- 
ter les causes de variations dues à l'alimentation ou à la thé- 
rapeutique suivie La complaisance des malades et l'amabilité 



M D 1 MAURIN 

de certains confrères nous ont heureusement bien des fois faci- 
lité la besogne. 

Les chiffres que nous donnons ci-dessous expriment une 
moyenne, mais nous n'avons jamais obtenu d'écart considéra- 
ble pour une même maladie : 

Grippe 0.04 par litre de salive. 

Tuberculose pulmonaire 0.04 — — 

Cancer (estomac, utérus) 0.02 — — 

Fièvre typhoïde 0.015 — — 

Diphtérie.... 0.005 — — 

Pneumonie 0.005 -r- — 

Rétrécissement œsophagien (spas- 

modique) 0.20 — — 

Goutte 0.15 — — 

Obésité 0.20 — 

Diabète 0.22 - — 

Rhumatisme chronique 0.25 — — 

Epilepsie, hystérie 0.30 — — 

Goitre exophtalmique 0.60 — — 

Ces résultats permettent de conclure que les affections fran- 
chement aiguës, les infections, tout autant que les maladies 
cachectisantes amènent une diminution très sensible du sulfo- 
cyanate de potassium. Il faut évidemment tenir compte de 
l'inanition relative où se trouvent les malades dans ces états là, 
sans toutefois attribuer à ce défaut d'alimentation, la diminu- 
tion considérable du sulfocyanate. En effet, dans l'observa- 
tion, malheureusement unique, du rétrécissement œsopha- 
gien spasmodique, notre malade, pendant onze jours, ne vécut 
que par l'alimentation rectale, et cependant le taux de son 
sulfocyanate ne fut point abaissé. Il semble donc que les infec- 
tions, par le trouble qu'elles apportent aux réactions intra- 
organiques, interviennent directement dans ce défaut d'élabo- 
ration d'acide sulfocyanique. 

Par contre, les maladies dues au ralentissement de la nutri 



SULFOCYANATE DE POTASSIUM 55 

tion, ou les affections particulières au système nerveux, aug- 
mentent très sensiblement le sulfocyanate de potassium comme 
l'indiquent les chiffres de notre tableau. Mais c'est le goitre 
exophtalmique qui bat tous les records puisque nous sommes 
arrivés avec lui jusqu'à soixante centigrammes par litre. Le 
corps thyroïde dont la fonction est si complexe joue-t-il un rôle 
dans l'intimité de la nutrition au point d'apporter de telles mo- 
difications dans les réactions des matières albuminoïdes? Lors- 
que la physiologie de cet organe sera mieux connue, peut-être 
aurons nous l'explication de ces anomalies! 

Il ne nous a pas été permis au cours de nos expériences de 
pouvoir examiner la salive de malades atteints de larges derma- 
toses. Cette recherche eût certainement été intéressante étant 
donné les pertes considérables en soufre dans ces vastes des- 
quamations épidermiques et le rôle certain que ce corps ou ses 
t composés jouent dans ces maladies. 

INFLUENCE DES MÉDICAMENTS 

C'est sur des sujets indemnes de toute maladie apparente, 
soumis à une alimentation mixte, que nous avons examiné les 
variations dues à l'absorption de certains médicaments, es- 
sayant ainsi d'éviter les écarts possibles consécutifs au régime 
ou à la maladie. 

Nous avons, en outre, pour chaque substance, analysé la 
sali\e successivement à des heures différentes, afin de saisir 
les modifications produites après l'absorption et pendant l'éli- 
mination de chacune d'elle. 

Nous avons obtenus, dans ces conditions, des extrêmes, mais 
dans le tableau qui suit, nous ne donnons que les quantités 
moyennes, seules intéressantes, correspondant à l'absorption 
de chaque médicament. De plus, nous n'avons noté que les 
corps apportant une modification dans la teneur de la salive en 
sulfocyanate, un très grand nombre paraissent, en effet, sans 
action sur la production de ce composé. 



56 D r MAURIN 

Ferrugineux (citrate, protoxalate, peptonate 

de fer). Og 21 par litre. 

Arsenicaux (liqueur de Fowler, cacodylate 

de soude) 32 — 

Codéine 19 - 

Chloral 28 — 

Bromure de sodium 30 — 

Sels de quinine 20 — 

Belladone (sirop) 26 — 

Charbon 04 - 

Levure de bière 05 — 

Acide lactique 09 - 

Sulfate de soude ' 06 — 

Rhubarbe 08 — 

Huile de ricin 05 — 

Théobromine 12 — 

Nitrate de potasse 10 — 

Ce qui frappe, en parcourant ces résultats, c'est la relation 
qui existe entre les efléts thérapeutiques et les variations du 
sulfocyanate de potassium salivaire. 

Nous voyons, en effet, d'un côté les toniques, les hypnoti- 
ques, analgésiques, antithermiques apporter une augmentation 
sensible de ce sel. Tandis, qu'au contraire, les antiseptiques 
intestinaux, les purgatifs, les diurétiques entraînent une no- 
table diminution. 

Toutefois, les résultats négatif* ou contradictoires que nous 
avons obtenus avec un très grand nombre d'autres médica- 
ments, sans action sur l'élimination du sulfocyanate, ne nous 
ont pas permis d'apporter un certain ordre chimique dans le 
mécanisme de ces variations. C'est à l'effet thérapeutique ou 
physiologique que sont dues ces modifications. 

Le fait le plus intéressant, c'est l'abaissement considérable 
de l'acide sulfocyanique de la salive sous l'influence des anti- 
septiques intestinaux ou des purgatifs, véritables antiseptiques 



SULFOCYANATE DE POTASSIUM 57 

intestinaux eux aussi. C'est là, peut-être, une réaction com- 
mune à celle qui se passe pour les éthers sulfoconjugués de 
l'urine qui diminuent parallèlement à la flore microbienne de 
l'intestin. L'examen de la salive, dans ce cas, pourrait donner 
un précieux renseignement à la clinique et aurait le gros avan- 
tage d'être beaucoup plus vite fait que l'analyse quantitative 
des éthers sulfoconjugués de l'urine. 

Conclusions 

1° Le sulfocyanate de potassium se retrouve toujours dans 
la salive mixte de l'homme, mais à des doses variant avec l'ali- 
mentation, les maladies et les médicaments ; 

2° Une alimentation riche en hydrate de carbone et en 
graisse, mais pauvre en albumine, n'amène la production que 
de 0,10 à 0,12 centigrammes par litre ; 

3° Une alimentation composée presque exclusivement de 
matières albuminoïdes donne, au contraire, une dose bien 
supérieure (en moyenne 0,20 centigrammes par litre) ; 

4° L'absorption de composés pouvant se transformer dans 
l'organisme en acide sulfocyanique (soufre, hyposulfîte, sulfo- 
urée, cyanate de sodium) ne donne lieu à aucune augmentation 
de sulfocyanate de potassium salivaire ; 

5° Toutefois, l'absorption de matières alimentaires riches en 
soufre (choux, cresson, œufs, etc.), exalte sa production, qui 
peut atteindre jusqu'à 0,30 centigrammes par litre ; 

6° Le sulfocyanate de potassium a donc son origine dans le 
soufre des matières albuminoïdes alimentaires ; 

7° Sa synthèse dans l'organisme semble être précédée par 
celle de composés sulfurés plus complexes, tels que la cystine, 
la cystéine, la sulfo-urée, dont il serait le terme ultime de 
décomposition ; 

8° La quantité de sulfocyanate de potassium varie avec les 
différents états pathologiques. Diminuée dans les maladies 
cachectisantes comme la tuberculose, le cancer et dans cer- 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIIl). 5 



58 D r MATRIX 

laines infections comme la fièvre typhoïde ou la diphtérie ; elle 
est, au contraire, sensihlement augmentée dans les affections 
«lues au ralentissement de la nutrition (goutte, ohésité, rhuma- 
tisme chronique) et surtout dans les névroses, épilepsie, hysté- 
rie et particulièrement dans le goitre exophtalmique où nous 
avons pu trouver le chiffre de gr. 60 par litre ; 

9" Certains médicaments produisent aussi des variations, 
mais en relation, semble-t-il, avec leurs effets thérapeutiques. 
Les toniques, les hypnotiques, analgésiques, antithermiques 
augmentent sa proportion. Elle est, au contraire, diminuée par 
les antiseptiques intestinaux, les purgatifs, les diurétiques. 

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AVurtz Ad. — Dict. de Chimie, 1882, t. III, p. 106. 




SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à l'ancienne 
Faculté des Lettres, i7j rue de Rémusat, 

les 4 ar et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 me mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 

MM. les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



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Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



SOMMAIRE 

Composition du bureau de la Société pour l'année 1910. ... 5 

Liste des membres au i cr juin 1 >io 7 

F. Vincens. — Observations îr les mœurs et l'instinct 

d'un insecte hyménoptère. L Nitela Spinolai Latr n 

Mexgaud. — Contribution à 1 étude du Glaciaire et des ter- 
rasses de l'Ariège et du Salât. 19 

I) r Maurin. — Origines et vari ions du sulfocyanate de po- 
tassium dans la salive humaine 46 






r r 




SOCIETE 

D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DÉS SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE. 



TOME QUARANTE-TROIS. — 1910 



BULLETIN TRIMESTRIEL. - N° 2. 



TOULOUSE 

IMPRIMERIE SEBILLE 

2, RUK UOMIGUIÈRES 2. 

1910 



Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 





Eitraii du règlement de la Société d'Histoire Naturelle de Touloust 

Art. l« r . La Société a* pour but de former des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultais de leurs recherches e. 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de loul ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consli- 
ution géologique, la ilore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections. & Musé? d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au litre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission esl votée au scrutin secret par 
te Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme N est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
•ont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un-du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; t er et 2 e Vice-présidents; Secrétaire -général ; Trésorier ; 1 er et 2« Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au 31. Le'ection des membres du Bureau, di Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Président est nommé pour deux année», les autres 
membres pour une année. Les Vice -présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
réélus immélialemenl dans les mêmes fondions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premier menredi après le l5novembre,etonl lieu tous les 1 er et 3« 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3" mercredi de juiliet inclusivement. 

Art. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous le titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. 41. La Société laisse aux auleurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinions scientifiques. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
signature de l'auteur. 

Art. 42. Celui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir dus tirages à pari, das réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Art. 48. Les membres de la Sociélé sont tous invités à lui adresser les 
échantillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 52. En cm de dissolution, ies diverses propriétés da la atfl*, <•*»•■ 
rfrnot de droit à ,t ville de Tuttloiu. 



POLYDESMIENS PYRÉNÉENS 61 

POLYDESMIENS PYRÉNÉENS 

Par Henry W. Brolemann. 



Au nombre des Polydesmiens signalés dans les Pyrénées, il 
s'en trouve quatre que l'on est appelé à rencontrer plus fréquem- 
ment que les autres et qui présentent des variations intéres- 
santes. L'une d'elles, le Polydesmus progressus Brol., a déjà 
fait l'objet d'une étude (Brolemann, 1910, Biôspeologica) ; notre 
intention est de passer successivement en revue les trois autres, 
savoir : Polydesmus gallicus Lalzel, Polydesmus complana- 
tus Linné, Polydesmus coriaceus Porat. Nous avons consigné 
dans les pages qui suivent le résultat de nos recherches touchant 
la première, la plus importante de toutes. 

Il nous est un agréable devoir d'adresser ici nos vifs remer- 
cîments à nos amis et collègues le professeur 0. Duboscq, 
M. Henri Gadeau de Kerville et le professeur H. Ribaut, qui 
nous ont facilité cette étude en nous communiquant leurs ma- 
tériaux. 

POLYDESMUS GALLICUS Latzel, 1884 

Le nom de Polydesmus gallicus a été donné par Latzel (in 
Gadeau de Kerville, les Myriapodes de la Normandie, i ve liste, 
1884) à une forme existant dans les départements de l'Eure, de 
la Charente et des Deux-Sèvres. Ceux de l'Eure (de la vallée de 
l'Andelle) sont accompagnés d'une étiquette, de la main même du 
savant autrichien, indiquant qu'il s'agit d'une variété ; en réa- 
lité ces exemplaires appartiennent tous à l'espèce P. complana* 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIII). 



62 II. -\\. DHIILKMANN 

tus, soit qu'il y ait eu méprise de la part de l'auteur, soit qu'une 
confusion d'étiquettes soit survenue ultérieurement ; il est bon 
de noter toutefois que c'est probablement à ces exemplaires 
que doit être rapportée la figure de Latzel (1. c.) portant le nu- 
méro l :1 . 

L'examen des types de Charente, qui existent dans les collec- 
tions de M. Gadeau de Kerville, nous a permis de nous assurer 
dune part que le trop petit dessin des pattes copulatrices, qui 
accompagne la description originale de gallicus, représente bien 
la silhouette de ces organes, mais, d'autre part, qu'il est insuf- 
fisant quant aux détails qu'il nous importe de connaître, étant 
pris sur la face externe du membre. 

Attems (System der Polydesmiden, 1898) a donné deux figu- 
res des pattes copulatrices du gallicus des environs de Caen, 
dont nous avons pu contrôler l'exactitude ; malheureusement ces 
figures sont bien exiguës. 

Enfin, Daday (Myriopoda extranea nova, etc., 1893) a figuré 
sous le nom de Polydesmus gallicus n. sp., les pattes copula- 
trices d'une forme qui paraît être une variété du coriaceus, 
mais n'a certainement rien de commun avec le gallicus de 
Latzel . 

Nous nous proposons de compléter la description du type 
d'après les exemplaires de Charente et nous indiquerons à la 
suite les races et les variétés qui nous sont connues. 



Subspecies TYPICA Latzel, 1884 (fig. 1 à 8). 

Latzel indique comme dimensions 17 à 20 mm de longueur 
et environ 2.80 mm de largeur. Ces mesures ont vraisem- 
blablement été prises sur des échantillons brisés qui existent 
dans le tube examiné; nous n'avons pu les contrôler. Par contre 
nous avons pu relever les dimensions suivantes : çf, 20 50 à 
23.50i B " de longueur et 2.50 à 2.90 mm de largeur; mais il con- 
vient de souligner que ces dimensions ont été obtenues à grand 



POLYDESMIENS PYRÉNÉENS 63 

peine sur des échantillons contractés et rigides et par conséquent 
n'ont qu'une valeur très approximative. 

Front, face et occiput plantés de très rares sétules. 

Antennes longues, dépassant le niveau du milieu du quatrième 
tergite. 

Premier écusson un peu moins large que la tête et les joues 
ensemble Le bord antérieur est presque rectiligne, il aboutit 
dans les côtés à une petite dentelure arrondie qui fait u:i peu 
saillie sur le bord latéral ; les bords latéraux tantôt sont paral- 
lèles à l'axe du corps, tantôt convergent un peu vers l'arrière. 
Le bord postérieur est un peu arqué. Les mamelons de la ran- 
gée postérieure sont seuls à peu près distincts. 

Les angles postérieurs du deuxième tergite sont droits. Les 
carènes des somites 2 à 4 ne sont pas réfléchies. 

A partir du cinquième somite, les carènes sont subrectangu- 
laires. Le bord antérieur n'est pas saillant à sa naissance (pas 
d'épaulement) ; il est un peu arqué, de même que le bord ex-, 
terne ; l'angle antérieur est accompagné d'une dentelure aiguë; 
le bord postérieur est faiblement échancré ; l'angle postérieur 
ne commence à faire saillie sur le niveau du bord postérieur du 
tergite que vers le quinzième somite. Tous les mamelons sont 
bien circonscrits, hormis ceux de la première rangée qui sont 
fondus deux à deux. Le grand mamelon interne de la carène 
est bien bombé (caractère sexuel du cf)- Les téguments sont 
lisses et brillants, de même la face ventrale des carènes ; tandis 
que les parties pleurales sont extrêmement finement chagri- 
nées et mafes. 

Chez le mâle, les hanches de la deuxième paire sont faible- 
ment tuberculées; la lame ventrale du sixième somite est évi- 
dée entre les pattes postérieures, alors que les pattes antérieures 
sont accolées et simplement séparées par un sillon étroit et pro- 
fond. Le préfémur de la neuvième paire de pattes est très gib- 
beux sur la face dorsale ; les spinules de la face ventrale sont 
courts, la majorité est épineuse. 

Les pattes copulatrices sont géniculées, presque coudées à 



(il II. -W. BROLEMANN 

angle droit. Le fémoroïde est développé transversalement ; son 
arête inférieure (qui regarde le sol) est arrondie et ne présente 
pas la crête comprimée qu'on rencontre chez P. complanatus ; 
elle est plantée de soies longues subsériées. Au delà, l'organe 
est étranglé et arqué ; dans la concavité existent quelques (6 ou 
8) soies courtes, disposées en deux rangées longitudinales. A 
l'étranglement succède un fort renflement qui apparaît notam- 
ment quand on examine l'organe de profil ; c'est sa concavité 
qui est boursouflée. C'est en ce point que se fait la jonction des 
deux rameaux. Celle-ci s'accompagne, sur la face externe, à 
proximité de la convexité du membre, d'une fossette (a) peu ac- 
cusée, dont le bord supérieur n'est pas épaissi, et dont le contour 
se fond insensiblement avec la surface environnante (1). 

Les rameaux sont peu croisés, ils restent tous deux dans le 
même plan. Le rameau séminal est brusquement coudé à sa 
base pour passer dans la concavité du rameau secon-daire ; il est 
bien développé ensuite. Il porte sur la face interne une forte 
crête lamellaire en auvent (b), d'abord parallèle à Taxe du ra- 
meau, puis graduellement cintrée jusqu'au dessous du pulvil- 
lum. Celui-ci est composé de nombreuses soies en bouquet. Le 
rameau est surmonté d'un prolongement grêle (c), en crochet. 
Le rameau secondaire n'est pas coudé, il est simplement arqué 
et graduellement aminci, puis, au niveau du pulvillum, il est 
de nouveau élargi et devient tectiforme. En ce point il donne 
naissance, sur la face externe, à un prolongement (d) court, 
large, subrectangulaire dont l'angle antérieur est arrondi et 
l'angle postérieur acuminé. Symétriquement à cette pièce, existe, 
sur l'arête interne, un prolongement beaucoup plus faible (e), 
court, subcylindrique, acuminé ; c'est le prolongement caracté- 
ristique de la race ti/pica; il se trouve relié à celui de l'arête 



(1) Le rameau séminal devant être considéré comme un prolonge- 
ment d'un article, le fémur, le rameau secondaire représente les 
articles suivants, c'est-à-dire le tibia et les tarses-. La fossette en 
question est donc un vestige d'une articulation disparue. 



POLYDESMIENS PYRENEENS 65 

opposée par une faible crête transversale, qui est dissimulée 
dans la concavité de la courbure de l'organe. Le rameau se ter- 
mine par un crochet court (/"), rapidement aminci, fortement 
arqué, dévié vers l'intérieur. 

Il n'existe pas de femelles intactes au nombre des types de 
Charente. 

Subspecies TYPICA, variété TOLOSANA, n. var. (fig\ 9 à 17). 

Cette variété ne se distingue du type ni par la forme des ca- 
rènes, ni par celle du préfémur de la neuvième paire. Par con- 
tre les pattes copulatrices offrent les particularités suivantes : 

Au lieu d'être géniculés, ces organes sont simplement cin- 
trés. La face concave n'est pas globuleuse ; le rameau séminal 
est comprimé à la base, dans la concavité, et forme en cet en- 
droit une arête arrondie (h) qui se relie à celle émanant du ra- 
meau secondaire {g), mais qui se prolonge plus avant, oblique- 
ment, vers la face interne de la base du membre (h) (fîg. 15). 
Sur la face externe du télépodite, à proximité de la convexité, 
la fossette (a) signalée chez le type existe, mais elle est toujours 
limitée du côté de l'extrémité de l'organe, par une crête chiti- 
nisée arquée, à arête aiguë, plus ou moins développée. Chez 
tous les individus examinés, le prolongement de l'arête in- 
terne du rameau secondaire est normal, mais plus ou moins 
acuminé. 

Il existe des passages entre cette variété et le type. A Tou- 
louse, la variété est pure. Chez les individus étiquetés de 
«Caen» et de la «Normandie», dans la collection Gadeau de 
Kerville, les pattes sont déjà un peu moins régulièrement cin- 
trées ; mais c'est chez les individus recueillis par nous à Ax- 
les-Thermes que la forme générale se rapproche le plus du 
type. Elles sont contractées, géniculées au liers basilaire, la 
concavité, vue par le profil, est saillante sans cependant être 
globuleuse. La crête externe (a) de la base du rameau secon- 
daire est plus ou moins accusée. 



86 n.-w. hhoi.kmann 

Lès dimensions des différents échantillons sont également 
tirs variables , nous avons relevé sur des individus de : 



Toulouse une moyenne de 21.50 X 2.80""» p 2 exempl. o* 

Normandie. . . . des dimens. de 20. » X 2.50»"» p. I exempl. çf 

Ax-les-Tliermes une moyenne de 19 143 X 2.421»"» p. 7 exempl. a* 

Caen une moyenne de 17.043 X 2.143»"» p. 7 exempl. <j* 



Pour les individus de Caen, les moyennes seraient encore 
plus basses, si nous n'en avions pas exclu deux individus qui 
nous ont paru en quelque sorte anormaux ; ils mesurent 
13 X 2.20 m, « et 15.50 X 1 90. D'ailleurs, «es échantillons 
sont peu pigmentés, ce qui semble indiquer qu'ils sont depuis 
peu sortis de mue et n'ont peut-ê're pas atteint tout leur déve- 
loppement. 

Dans la variété tolosana, le bord antérieur ventral du troi- 
sième segment de la femelle est échancré ; les bords latéraux de 
l'échancrure sont obliques, ils présentent une très faible enco- 
che triangulaire aiguë au point de jonction du pro- et du méta- 
zonite ; en arrière de ce point, le bord est légèrement réfléchi 
et épaissi en bourrelet. Le fond de l'échancrure est interrompu 
par une faible protubérance triangulaire, qui est parfois à peine 
distincte. 

Les dimensions des femelles d'Ax-les-Thermes sont : 18 
à 20.50 de longueur X 2.30 à 3 de largeur, avec une moyenne 
de 18.681 x 2.595'»"'. . 

Subspecies ATLANTICA, n. subsp. (fig. 18 à 20). 

Cette race se distingue essentiellement du type par l'absence, 
dans les pattes copulatrices, du prolongement de l'arête interne 
du rameau secondaire. Son emplacement est simplement un 
pou boursouflé, et c'est de là que part l'arête transversale qui 
rejoint le prolongement de l'arête externe. Cette différence res- 
sort le mieux de la comparaison des figures 5 et 23. 



POI.YDHSMIJKNS PYRÉNÉENS 67 

Tous les autres éléments de la patte subsistent. L'organe est 
très faiblement arqué, comme dans la variété iolosana, et non 
géniculée comme chez le type ; sa concavité n'est pas globu- 
leuse ; la fossette (a) de la base externe du rameau secondaire 
existe, elle est très élargie et toujours limitée par une crête 
arquée généralement très accentuée et saillante. Enfin les cro- 
chets' apicaux des deux rameaux sont plus allongés ; celui du 
rameau secondaire, notamment, est plus rapidement aminci, 
plus grêle, plus régulièrement cintré et un peu plus fortement 
dévié vers l'intérieur. 

Nous n'avons pas de variations bien définies à signaler ni 
dans la forme des carènes, ni dans celle du préfémur de la neu- 
vième paire du mâle. On rencontre cependant des individus 
chez lesquels les angles des carènes sont un peu plus arrondis 
et les bords latéraux un peu plus convexes que chez le type 
(massif du Pic du Midi d'Ossau). 

Chez les femelles, les mamelons des tergites sont moins bour- 
souflés et l'aspect du corps est plus aplani (caractère sexuel). 
D'ailleurs, la structure du bord antérieur ventral du troisième 
segment est la même que chez tolosana ; le fond de l'échancrure 
est seulement un peu plus étroit, rcctiligne, sans traces de 
protubérance. 

En ce qui concerne la taille de cette race, nous avons relevé 
les dimensions suivantes - : 

cf : 17 à 29»"" de long X 2.20 à 4'»'»» de large ; soit des moyennes 
de 20.608 X 2.721 pour 37 individus. 

Q : 17 à 27»"» de long X 2 50 à 3.90""» de large ; soit des moyennes 
de 21.318 X 3.J04 pour 11 individus. 

Sept mâles recueillis en mars à Arudy (Basses-Pyrénées), 
dans les murs d'enclos des champs, fournissent les plus faibles 
dimensions, donnant des moyennes de 18.428 sur 2.371. Il 
semble, par contre, que ce soit de préférence dans la montagne 
qu'on doive trouver les plus grands individus ; nos plus beaux 



68 II. -AV. BROLEMANN 

échantillons proviennent de : Calypso (Hautes- Pyrénées) 
27 X 3.50 mm ;. Eaux-Bonnes (Basses Pyrénées) 25 à 27 X 3.25 
à 3.70 ; Bois d'Isabe, près Eaux-Chaudes (Basses-Pyrénées) 
29 X 4""". 

Nous ne connaissons par encore de variétés de cette race ; 
toutefois il importe de signaler que chez un individu du Gers 
(sans désignation plus précise de localité) les pattes copulatrices 
sont géniculées au tiers inférieur de l'organe, au point, de 
jonction des deux rameaux sur la convexité. 

Les exemplaires de la race atlantica, que nous avons exa- 
minés, proviennent de Saint-Christau (vallée d'Aspe), de la 
vallée d'Ossau (nombreux gîtes), de la grotte de l'Œil-du-Neez, 
de la vallée du Gave de Pau, à Pau, à Narcastets, à Bélharram, 
de la grotte de Bétharram, dans les Basses-Pyrénées; de Lour- 
des, de Calypso (près Cauterets), dans les Hautes-Pyrénées; de 
Luchon, de Saint-Béat, dans la Haute-Garonne. 



Subspecies REFLEXA Brolemann, 1910 (fig\ 27). 

Nous avons déjà fait connaître autre part (Brolemann, 1910, 
Biospcologica) cette race recueillie dans la grolte de l'Àrligue- 
vieille (Aude) par MM. Jeannel etRacovitza. Elle n'est pas uni- 
quement cavernicole ; on peut même prévoir qu'elle est caver- 
nicole au même titre que tous les grands Polydesmiens, c'est-à- 
dire accidentellement. 

Nous l'avons recueillie entre 1500 et 2000 mètres d'altitude, 
aux environs de Montlouis, dans les Pyrénées-Orientales, et 
notamment, aux Bouillouses, non loin du Pic du Carlitte. La 
presque totalité de nos exemplaires est malheureusement im- 
mature ; un mâle adulte nous a permis, toutefois, de fixer cet 
habitat. 

Les caractères de cet individu ne diffèrent pas sensiblement 
de ceux du mâle de l'Aude ; nous signalerons seulement que, 
dans les pattes copulatrices, le long prolongement réfléchi (d) 



POLYDESMIENS PYRÉNÉENS 69 

du rameau secondaire est plus élargi vers l'extrémité et que 
l'épine antéapicale est dédoublée ; en outre, l'arête de la base 
du rameau secondaire présente une protubérance arrondie (g) 
immédiatement avant de se raccorder avec l'arête du rameau 
séminal dans la concavité du membre. L'organe est très arqué, 
presque géniculé au premier tiers. 

Ce mâle mesure 19 mm de long, sur<2.50 ram de large; 
Celui de l'Aude 22 mm de long, sur 3.10 m,u de large; 
La 9 de l'Aude 22 mm de long, sur 3.10 mm de large. 

Subspecies REFLEXA, variété ARCUATA, n. var. (Fig. 28 à 34). 

çf : Longueur 18 mm , largeur 2. 25 mm (un individu). 

9 : Longueur 15 à 19 mm ; largeur 2.25 à 2.70 œ,u (5 indivi- 
dus) ; moyennes 17.200 X 2 430 mm . 

Les tergites du mâle sont presque aussi aplanis que ceux de 
la femelle ; les paires de mamelons de la rangée antérieure sont 
mieux circonscrits, un peu mieux séparés l'un de l'autre. Dès 
le huitième somite, les angles postérieurs ont une tendance à 
faire saillie sur le niveau postérieur du somite, mais cette saillie 
n'est caractérisée qu'à partir du quatorzième environ. Egale- 
ment, à partir du huitième somite, il y a tendance à la forma- 
tion d'un épaulement à l'angle antéro-interne de la carène, 
mais cet épaulement est moins sensible que chez la race reflexa 
typique. 

Les pattes copulatrices sont un peu moins élancées, coudées, 
arrondies au premier tiers comme dans la race typique. Les 
principales différences résident dans la forme du prolongement 
réflexe du rameau secondaire et de la crête qui précède le 
pulvillum du rameau séminal. Le prolongement du rameau 
secondaire (d) est aussi long et aussi grêle que dans la forme 
précédente, mais au lieu d'être dirigé vers l'arrière, il est per- 
pendiculaire au rameau ; de plus, il est arqué un peu avant 



70 II. -W. HUOI.KMANN 

l'extréniité et fclëpdUrvù d'épines antéapicales. La crête du 
rameau séminal (b) est transversale ; elle est fortement saillante 
sur la face interne, et acuminée ; c'est en examinant l'organe 
par sa face concave qu'on peut le mieux en apprécier la forme. 
Pas de crête sur la face externe à la base du rameau secondaire 
près de la convexité du membre ; pas de prolongement sur 
l'arête interne du même rameau. 

La femelle présente une particularité non observée sur les 
autres races ou variétés. Le bord antérieur ventral du troisième 
somite est largement écbancré et porte, sur la ligne médiane, 
un prolongement digitiforme court, épais, à pointe arrondie, 
dirigé vers le sol. Pas de crête prémarginale. 

Nous avons recueilli cette forme en août dans la forêt de la 
Séoubo, au dessus de Saint-Béat (Haute-Garonne), à environ 
1500 mètres d'altitude. 

Subspecies REFLEXA, variété JEANNELI, n. var. (Fig\ 35 à 40). 

Cette variété n'est connue jusqu'ici que de Banyuls-sur-Mer 
et de Collioure, dans les Pyrénées-Orientales. Nous avons exa- 
miné 37 échantillons, dont une partie-est due au gracieux con 
cours de M. le D r R. Jeannel ; l'autre partie figure dans les 
collections du professeur 0. Duboscq, qui a bien voulu nous les 
communiquer. 

cf : Longueur 14.50 à 18. 75 71 "" ; largeur 1.70 à 2.50""" ; 
moyennes 17.100 X 2.157 mm , pour 21 individus 
9 : Longueur 15 à 19.50""" ; largeur 2.20 a 3""" ; 
moyennes 17.502 X 2. 018 """, pour 10 individus. 

Cette forme est donc de taille plutôt exiguë. 

Ici, comme chez arcuala, il existe une tendance à la forma- 
tion d'un épaulement à l'angle antéro-interne des carènes ; leur 
bord antérieur est presque rectiligne et plus ou moins oblique 
v< i s l'arrière ; l'angle antérieur est assez aigu ; les dentelures du 



POIA'DESIslIENS PYHÉXÉENS 71 

bord externe sont plus accusées et plus aiguës que, notamment, 
dans la race atlantica. Ce n'est que vers le quatorzième ou le 
quinzième somite que les angles postérieurs commencent à faire 
distinctement saillie sur le niveau du bord postérieur du tergite. 

Le préfémur 9 est giKbeux comme chez toutes les autres 
formes. 

Les pattes copulatrices ont beaucoup d'analogies avec celles 
de la race typique ; elles sont très arquées dans leur premier 
tiers, presque droites ensuite ; pas de crête saillante à la base 
du rameau secondaire, sur la face externe, près de la convexité; 
pas de prolongement sur l'arête interne du même rameau. Par 
contre, le prolongement (a) de l'arête externe se rapproche 
davantage par sa forme de celui de la race atlantica que de 
celui de la race reflexa ; il est très court, vaguement rectangu- 
laire et l'angle postérieur est étiré en pointe courte et trapue, 
dont la longueur n'égale même pas la largeur du prolongement. 
Enfin, le crochet terminal du rameau secondaire (f) est plus 
grêle et plus long que chez aucune des formes précédentes; il 
est moins long toutefois que chez les deux variétés suivantes. 
La crê.e du rameau séminal (^6), au lieu d'être arquée, est 
transversale et fournit un épanouissement, moins développé 
que chez arcuata, mais faisant encore largement saillie sur la 
face interne. Le crochet terminal du rameau séminal (c) est peu 
développé. Le raccord des crêtes des deux rameaux dans la con- 
cavité s'accompagne, comme chezreflexa typique, d'une protu- 
bérance (g) plus ou moins accusée ; la concavité n'est toutefois 
pas boursouflée. 

Chez la femelle, l'échancrure du bord antérieur ventral du 
troisième somite ne diffère de celle à'aYcuata que par l'absence 
du prolongement digitiforme médian ; par contre, on constate de 
chaque côté, les traces d'une carène prémarginale, 



72 II. -W, BROLEMANN 

Subspecies REFLEXA, variété CATALONIGA, n. var. (fig. 44). 

Nous possédons dans nos notes deux figures empruntées à un 
exemplaire d'Olot (Espagne) ; ces figures remontent déjà à 
plusieurs années et bien qu'elles ne contiennent pas tous les 
renseignements que nous aurions voulu y trouver, elles sont 
cependant assez nettes pour nous permettre d'instituer, pour 
la forme qu'elles représentent, une variété qui se rattache aux 
formes orientales des Pyrénées. 

Ces figures nous montrent une patte copulatrice géniculée au 
tiers inférieur, à rameaux grêles faiblement arqués, paraissant 
globuleuse dans sa concavité. Le prolongement de l'arête externe 
du rameau secondaire (d) affecte une forme particulière ; il est 
court, subrectangulaire et perpendiculaire au rameau, mais ses 
deux angles sort étirés et constituent deux pointes subégales, 
parallèles et acuminées. Le crochet du rameau secondaire (/) est 
grêle et très allongé. Le raccord de la base des deux rameaux 
dans la concavité du membre s'accompagne d'une protubé- 
rance (g). La crête qui précède le pulvillum est bien développée 
et le crochet terminal du rameau séminal est grêle et très long. 
Nous voyons apparaître ici une crête longitudinale, parallèle à 
la rainure séminale, qui coupe obliquement le rameau séminal 
sur la face interne. Cette crête ne constitue pas une particularté 
nouvelle, elle existe chez les autres races ou variétés (voir 
fig. 41, i), mais sous une forme plus atténuée, plus arrondie, ce 
qui ne permet pas toujours d'en reconnaître nettement l'exis- 
tence ; elle est seulement plus saillante dans cette variété et 
surtout dans la suivante. 

Les dimensions de cette forme, de même que les caractères 
de la femelle nous sont inconnus. 

Subspecies REFLEXA, variété SOLITARIA, n. var. (fig. 41 à 43). 

Nous ne connaissons de cette forme qu'un individu caverni- 
cole, qui existe dans la collection du professeur 0. Duboscq. 



POLYDESMIENS PYRÉNÉENS 73 

Elle provient de la grotte de Sirac, près Ria (Pyrénées-Orien- 
tales). 

ç? : Longeur 20 mm , largeur 2.60 mm . 

Les carènes des tergites 2, 3, 4 et, à un degré moindre, 
5 sont distinctement réfléchies depuis la base ; elles sont hori- 
zontales dans la partie postérieure du corps. L'angle antéro- 
interne des carènes forme un épaulement assez marqué à partir 
du septième segment environ ; le bord antérieur des carènes 
est rectiligne ou à peine arqué, presque perpendiculaire au 
corps, dans les segments antérieurs, plus oblique vers l'arrière. 
Angles postérieurs droits au sixième somite, progressivement 
acuminés ensuite, mais ne dépassant pas sensiblement le 
niveau du bord postérieur du tergite avant le quinzième envi- 
aon. Les mamelons sont plus aplanis. 

Pattes longues, médiocrement épaissies. 

Pattes copulatrices géniculées au tiers inférieur; au delà, le 
rameau séminal est droit et le rameau secondaire est arqué 
avant la grande courbure. Ce dernier rameau est très grêle, son 
crochet terminal (f) est au moins aussi long que dans la variété 
précédente. Le prolongement de l'arête externe (d) est perpen- 
diculaire au rameau, étroit; .<a longueur égale environ trois 
fois sa largeur ; son angle antérieur, très peu saillant et très 
arrondi, est replié en dessous de telle sorte que le prolonge- 
ment semble se terminer en pointe aiguë. Le raccord des crêtes 
des deux rameaux dans h concavité est accompagné d'une 
protubérance arrondie (g) très caractérisée dans la figure 43. 
Le rameau séminal est terminé par un crochet grêle et trè s 
long ; la crête qui précède le pulvillum (b) est transversale. 
C'est chez cet individu que la crête longitudinale oblique du 
rameau séminal (i) atteint le plus grand développement ; c'est 
elle qui, dans la figure 43, forme la saillie arrondie sur la gau- 
che du rameau séminal. Pas de crête à la base du rameau 
secondaire, sur la face externe, près de la convexité de l'organe. 

La femelle est inconnue. 



I I H.-W. BUOLKMAW 

Il nous a paru intéressant d'accompagner celte étude d'une 
carte indiquant la répartition des gîtes du Pohjdesmns gallicus 
dans les Pyrénées. Le lecteur voudra, bien suppléer par l'ima- 
gination à l'absence des gîtes de Charente, de Caen et de Nor- 
mandie. 

Les trois races, atlantica, reflexa et typica, occupent cha- 
cune une zone distincte sur notre carte Le massif des Pyrénées 
est divisé à peu près exactement en deux moitiés, l'une occi- 
dentale, l'autre orientale, correspondant aux aires de dispersion 
des deux premières races. A l'occident la race allantica, dont 
nous avons constaté la présence très constante dans toute la 
partie des Basses-Pyrénées comprise entro la vallée d'Aspe et la 
limite du département des Hautes-Pyrénées. Dans ce dernier 
département, nous la retrouvons dans la haute vallée du Gave 
de Pau. Nous ne sommes pas documentés en ce qui concerne 
les hautes vallées de l'Adour et delà Neste ; dans cette dernière 
les Polydesmiens n'étaient pas adultes lorsque nous l'avons vi- 
sitée. Enfin, nous retrouvons la même race atlantica dans 
la vallée de la Pique et sur un point de la vallée de la Ga- 
ronne, à Saint-Béat ; et, fait intéressant, dans ces gîtes qui pa- 
raissent être les limites orientales de son habitat, cette race se 
retrouve identique à ce que nous la connaissons dans les Bas- 
ses-Pyrénées. Il y a donc tout lieu d'admettre qu'entre Luchon 
et la vallée d'Aspe on n'est pas appelé à rencontrer d'autre race. 
Que devient cette forme dans l'Ouest, nous l'ignorons, mais tout 
nous fait supposer qu'elle s'étend dans toutes les Basses-Pyré- 
nées et peut-être même au delà ; mais il est moins probable 
qu'elle conserve son intégrité de forme. Nous ignorons égale- 
ment quelles sont les limites de sa dispersion dans le Nord, 
nous savons toutefois qu'on la retrouve dans le Gers. Un fait à 
noter est que, dans cette dernière localité, intervient une légère 
modification dans les pattes copulatrices ; celles-ci sont un peu 
plus arquées que chez les individus pyrénéens, ce qui, comme 
nous le verrons plus loin, est un signe de dégénérescence par 
éloignement du centre de l'habitat d'é'eclion. L'habitat de cette 
race est donc bien défini. 



POEYDESMIENS PYRENEENS 75 

Celui de la race reflexa, tout eu étant aussi bien limité, est 
divisé entre un nombre de variétés qui, dès aujourd'hui, s'élève 
à cinq. Sa limite occidentale connue est située à quelques kilo- 
mètres de la limite orientale du domaine de la race atlantica. 
C'est la forêt de la Séoubo (4.500 mètres d'altitude environ), à 
peu de distance de Saint-Béat, à l'Est de la haute vallée de la 
Garonne, qui fournit le premier gîte (1); on y rencontre la va- 
riété arcuata. Malheureusement tout l'espace, -qui sépare cette 
localité de Montlouis, n'a pas été exploré. Un seul point a été 
visité, Ax-les-Thermes, dans la haute vallée de l'Ariège, et 
précisément ce gite abrite une forme de la race typica. Quant 
aux sommets des environs d'Ax, ils n'ont pas encore livré leur 
secret pas plus que les massifs qui encadrent le bassin du Salât. 

A Montlouis nous pénétrons dans le domaine de la race re- 
flexa proprement dite, qui a été décrite sur des échantillons 
d'une grotte de l'Aude, Artigue-vieille. Peut-être cette forme 
habite-t-elle les fonds de la vallée de l'Aude; ce point serait 
intéressant à élucider. En descendant la vallée de la Têt, dans 
la grotte de Sirac près Ria, nous rencontrons une variété, soli- 
taria, qui doit peut-être ses particularités à son habitat spécial. 
Enfin, sur la côte, réside la variété Jeanneli et sur le versant 
espagnol des Pyrénées orientales, à Olot, la variété catalonica. 
Il nous reste à parler du domaine do la troisième race du 
Polydesmus gallicus. Malheureusement c'est celui sur lequel 
nous avons le moins de données, probablement en raison de 
son extension. En effet, nous sommes amenés à considérer 
qu'il embrasse toute la zone atlantique de la France, puisque 
nous le connaissons de Charente, d'où le type de Latzel est 
originaire, des environs de Caen et de la Normandie, dans 

(!) Il y a lieu de souligner combien cette limite des deux ra es 
pyrénéennes de gallicus est éloignée de celle que nous avons pu 
assigner à un autre genre de Diplopodes, les Loboglomeris. Pour c 1- 
les-ci c'est la haute-vallée du Gave de Pau, et notamment le som- 
met dénommé le Viscos, qui forment la limite entre les deux espè- 
ces, rugifera (occidentale) et pyrenaica (orientale). Cette différent 
avait d'ailleurs, déjà été prévue. 



76 II. -YY. BROLEMANN 

le Nord et, dans le Midi, de Toulouse et de la haute vallée de 

l'Ariège. 

Od peut s'expliquer la formation de cette race et sa distribu- 
tion (partielle tout au moins) en songeant que des individus de 
la race atlantica, qui habite la haute vallée de la Garonne, ont 
forcément du dévaler avec les eaux de ce fleuve jusqu'à Tou- 
louse où sous l'effet du changement des conditions ambiantes, 
leurs descendants ont constitué la variété tolosana ; celle-ci est, 
on s'en souvient, voisine du type atlantica par la forme géné- 
rale peu arquée des pattes copulatrices. De ce point, deux migra- 
tions ont pu se produire ; l'une, en amont, dans la vallée de 
l'Ariège jusqu'à Ax-les-Thermes, l'autre, en aval, qui aurait 
peuplé la Charente. 

Une autre hypothèse serait celle de l'apparition, au fond de 
la vallée de l'Ariège, au pied du massif des Pyrénées, d'une race 
issue de la race reflexa, et qui aurait gagné Toulouse et le reste 
de la France ; mais cette seconde hypothèse est peu satisfaisante 
parce qu'elle n'explique pas la similitude de la forme générale 
des pattes copulatrices de la variété tolosana avec celle des pat- 
tes copulatrices d' atlantica. 

Mais par quel phénomène de diffusion la migration septen- 
trionale a-t-elle pu gagner les côtes de la Manche, c'est là où 
nous sommes à court d'explications plausibles. Nous nous bor- 
nons à enregistrer le fait. 

Une confusion pourrait surgir dans les esprits du fait que la 
dénomination de « race typica » est appliquée à la forme de 
Charente. Les lois de priorité nous imposent l'obligation de con- 
server cette dénomination aux exemplaires décrits par Latzel, 
en 1884 ; mais, en réalité, elle est en contradiction avec ies faits 
car, d'après nos observations, c'est la race atlantica qu'il con- 
vient de regarder comme phylogénétiquement plus ancienne. 

Si l'on compare entre elles les trois races de Polydesmus gai- 
licus, on ne tarde pas à se convaincre que de grandes affinités 
existent entre deux d'entre elles, atlantica et reflexa. C'est 





(fc; 



33 







■t 



• 



34 







'3 2-2 5 
llllk 

§888.. 

** - fc. 6, fc. 



POLYDESMIENS PYRÉNÉENS 77 

qu'en effet les caractères que nous invoquons pour les différen- 
cier sont, pour la plupart, des caractères proportionnels : la 
forme plus ou moins géniculée des pattes copulatrices ; le dé- 
veloppement plus ou moins considérable du prolongement la- 
téral et du crochet terminal du rameau secondaire ; la saillie 
plus ou moins accusée de la concavité du membre, etc. Un seul 
caractère paraît absolu jusqu'ici, c'est celui de la crête qui, chez 
atlantica, accompagne la base du rameau secondaire, sur la face 
externe, près de la convexité. 

Dans la note de la page 64 nous rappelions que cette crête est 
à considérer comme le vestige d'une articulation disparue ; il 
est dès lors évident, ceci dit en passant, qu'une forme qui en 
est privée doit être considérée comme plus évoluée qu'une 
forme qui en est pourvue. Cette crête manque chez reflexa, 
mais il se pourrait fort bien qu'on découvre une variété de cette 
dernière chez laquelle existeraient des vestiges de crête, car 
nous connaissons des passages entre les deux structures chez des 
individus de la variété tolosana recueillis côte à côte à Ax-les- 
Thermes. Cette différence que nous taxons aujourd'hui d'abso- 
lue n'a donc qu'une valeur relative puisqu'elle est sujette à des 
variations d'une amplitude telle qu'on en peut concevoir la 
disparition, c'est-à-dire le passage graduel d'une forme à l'au- 
tre. Elle n'est par conséquent pas de nature à contrebalancer 
la valeur des autres liens de parenté existant entre les deux 
races. 

Ceci dit, la question se pose de savoir quelle est, des deux 
races, celle qui est la plus ancienne, quelle est celle qui est d'ap- 
parition secondaire. L'existence de la crête de la base du ra- 
meau secondaire chez atlantica nous fournit déjà un important 
indice. D'autre part nous avons vu, d'après la répartition géo- 
graphique que nous avons esquissée, que la race atlantica ha- 
bite la moitié occidentale de la chaîne des Pyrénées. Le fait le 
plus remarquable est que, sur tout le territoire visité par le 
professeur Ribaut et par nous-mêmes, cette race se retrouve 
identique à elle-même sur tous les points de la région des colli- 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIIl). 



78 II. -W. BROLEMANN 

nés et des sommets, aussi bien dans les grottes qu'à l'air libre, 
dans les vallées qu'à l'altitude de 1.500 mètres, depuis la vallée 
de la Pique jusqu'à la vallée d'Aspe. Il y a là une homogénéité 
de forme qui, jointe à la fréquence de l'animal et à sa supério- 
rité de taille sur toutes les autres races et variétés, nous amène 
à considérer atlantica comme la souche commune aux deux 
races pyrénéennes considérées. 

La race reflexa, au contraire, dispersée sur la moitié orien- 
tale des Pyrénées, ne présente aucune constance de forme; nous 
avons enregistré cinq variations différentes sur une' superficie 
approximativement égale à celle qu'occupe l'unique race si ho- 
mogène d'atlantica. Il y a là un fait qui démontre à l'évidence 
qu'en s'avançant vers l'Orient, on s'éloigne des régions qui réa- 
lisent les conditions les plus favorables à l'existence du Poly- 
desmusgallicus et que, vers l'Orient, il est contraint à évoluer. 
Nous pouvons donc être assurés que la race reflexa est d'appa- 
rition secondaire. 

Cette constatation va nous permettre d'apprécier dans quel 
sens s'exerce l'action des agents extérieurs, causes des varia- 
tions, dans la déformation des pattes copulatrices. 

Une modification d'ordre général que semble subir cet organe 
est une sorte de contraction qui entraîne l'accentuation de la 
courbure qui existe au premier tiers ; l'organe est alors géni- 
culé à la hauteur de la jonction des deux rameaux, sur l'arête 
convexe; parfois aussi c'est la partie étranglée qui succède au 
préfémur, qui subit le contre-coup de la variation et devient 
très arquée. Intéressante, à ce propos, est la légère variation 
constatée chez atlantica du Gers, et que nous avons signalée 
plus haut. 

Une seconde modification est la disparition de la crête externe 
du rameau secondaire, c'est-à-dire de la dernière trace de l'ar- 
ticulation. Il semblerait qu'il y ait rapport entre l'existence de 
cette crête et la courbure de l'organe, que le plissement épider- 
mique de la crête disparaisse sous l'effet de la flexion de l'ex- 
trémité du membre; en effet, elle n'existe que dans les formes 



non ou faiblement géniculées. 






POLYDESMIENS PYRÉNÉENS 79 

Un rapport plus facilement reconnaissable est celui qui existe 
entre la courbure de l'organe et la plus ou moins grande proé- 
minence de sa concavité et des crêtes qui viennent y converger. 
Ce rapport est particulièrement net si on compare les formes 
extrêmes représentées par la figure 18 et la figure 44. 

Enfin une dernière modification se traduit par l'accentuation 
ou l'allongement de certaines parties de l'organe, telles que le 
crochet terminal de l'un ou de l'autre rameau, l'arête interne 
oblique du rameau séminal ou le prolongement externe du ra- 
meau secondaire. En ce qui concerne ce dernier prolongement, 
il est bon de souligner qu'il atteint son maximum de dévelop- 
pement chez les formes qui se tiennent à des altitudes supé- 
rieures à 1.500 mètres. 

Nous n'avons envisagé jusqu'ici que les races atlantica et 
reflexa dans leurs rapports réciproques, considérant la pre- 
mière comme la forme la plus ancienne des deux. Reste à étu- 
dier la race typica dans ses rapports avec atlantica. Si les liens 
de parenté qui les unissent ne ressortent pas aussi clairement 
que dans le cas précédent, la faute en est à l'existence, chez 
typica, d'un appendice qui n'a pas d'équivalent chez atlantica. 
A ce détail près, la comparaison des deux formes aboutit aux 
mêmes résultats. Et pour ne pas lasser la patience du lecteur 
par des répétitions, nous nous limiterons à signaler, sans entrer 
dans le détail, que nous retrouvons dans la race typica les mêmes 
caractères relevés dans la race reflexa. Il y a parallélisme entre 
elles. Chez l'une comme chez l'autre, il y a courbure accentuée 
de l'organe, disparition de la crête de la base externe du ra- 
meau secondaire et accentuation de la saillie de la concavité. 
La seule différence est que, au lieu de constater l'allongement 
des crochets terminaux et du prolongement du rameau secon- 
daire, nous assistons à l'apparition d'une variation différente 
mais parallèle, représentée par ie prolongement interne du ra- 
meau secondaire. D'ailleurs qu'il s'agisse d'allongement de piè- 
ces préexistantes ou de l'apparition d'une pièce nouvelle, les 
deux structures sont homodynames. 



80 H.-W. BROLEMANN 

Réunis dans un tableau comparatif, ces rapports seront sans 
doute plus concluants. 

RACE ATLÀNTICA 

1» Moyennes générales des dimensions : a*, 20.608X2.721; 
ç, 21.318x3104. 

W J Fixité de la forme dans son domaine d'élection. 

3° Pattes copulatrices faiblement arquées dans leur ensemble. 

4° Crête de la base externe du rameau secondaire très déve- 
loppée. 

5° Proéminence de la concavité du membre nulle. 

6<> Crochet terminal de chaque rameau de longueur' moyenne; 
prolongement externe du rameau secondaire court. 



RACE REFLEXA 

1° Moyennes générales des di- 
mensions : 

a*, 17.395 X 2.193. 
9, 17.380X2.573. 

2o Variabilité de la forme dans 
son domaine d'élection. 



3° Pattes copulatrices plus ou 
moins fortement arquées ou gé- 
niculées. 



4« Pas de crête à la base ex- 
terne du rameau secondaire. 



5° Proéminence accentuée de 
la concavité du membre. 



6° Développement extrême des 
crochets terminaux des rameaux 
et du prolongement externe du 
rameau secondaire. 



RACE TYPICA (1) 

1° Moyennes générales des 
dimensions : 

d\ 49. X 2.372. 
Q, 18.681 X 2.630. 

2° Le petit nombre de gîtes, 
ayant fourni des échantillons, ne 
permet pas de se prononcer sur 
la constance de la forme; celle-ci 
ne paraît pas être fixe (forme 
typica). 

3° Pattes copulatrices généra- 
lement géniculées; faiblement 
arquées à proximité des gîtes de 
la race atlantica. 

4° Crête delà base externe du 
rameau secondaire progressive- 
ment atténuée jusqu'à dispari- 
tion complète. 

5» Proéminence de la conca- 
vité du membre de plus en plus 
accentuée jusqu'à atteindre son 
maximum. 

6° Développement moindre 
des crochets terminaux ; par 
contre, apparition d'un prolon- 
gement sur l'arête interne du ra • 
meau secondaire. 



(1) N'était la loi de priorité, la race devrait porter le nom de tolo- 
fana, dont les individus de Latzel ne seraient qu'une variété. 



POLYDESMIENS PYRÉNÉENS 81 

Le parallélisme évident des deux races reflexa et atlantica 
justifie la proposition que nous avons émise en débutant. Le 
raisonnement qui nous a édifié sur les rapports entre reflexa et 
atlantica, nous renseigne également sur ceux existant entre 
cette dernière et lypica. Les deux races reflexa et typica déri- 
vent de la race atlantica, forme archaïque, et les relations de 
ces races peuvent se traduire par l'arbre phylogénétique que 
nous donnons ci-après en conclusions à nos observations. 



var : tolosana 
/-N <Caen> 




race reflexa 
genuina 

' Aude) 



var : solitaria 

(Slrac) 



var-: Jeanneli 

(Banyub sur M«ri 



var-: catalonica 

(Oiol) 



Pyrénées 



82 II. -\\. BROLEMANN 

EXPLICATION DES PLANCHES 
Signes conventionnels. 

a) Fossette et arête de la base du rameau secondaire, sur la face 
externe, près de la concavité (vestige d'une articulation disparue). 

b) Crète lamellaire en auvent située immédiatement au-dessous 
du pulvillum, sur la face interne du rameau séminal. 

c) Crochet terminal du rameau séminal. 

d) Prolongement de l'arête externe du rameau secondaire, ou 
prolongement réfléchi. 

e) Prolongement de l'arête interne du rameau secondaire. 

f) Crochet terminal du rameau secondaire. 

g) Crête de la base du rameau secondaire qui se raccorde, dans 
la concavité, avec la suivante. 

h) Crête de la base du rameau séminal. 

/) Crête longitudinale oblique du rameau séminal. 

Polydesmus gallicus, subspecies typica. 

Fig. i. — Profil interne d'une patte copulatrice. 

Fig. 2. — Profil externe de la même. 

Fig. 3. — Convexité de la même. 

Fig. 4. — Concavité de la même. 

Fig. 5. — Extrémité du rameau secondaire. 

Fig. G. — Préfémur 9. 

Fig. 7. — Tergites 1 et 2. 

Fig. 8. - Tergite 9. 

Variété tolosana (de Toulouse). 

Fig. 9 — Profil interne d'une patte copulatrice. 
Fig. 10. — Profil externe de la même. 
Fig. 11. — Convexité de la même. 

Variété tolosana (d'Ax-les-Thermes). 

Fig. 12. — Profil interne d'une patte copulatrice. 
Fia. i3. — Profil externe de la même. 



POLYDESMIENS PYRENEENS 83 

Fig. i4- — Convexité de la même. 
Fig. i5. — Concavité de la même. 
Fig. 16. — Troisième segment de la 9» f ac e ventrale. 

Variété tolosana (de Caen). 
Fig. 17. — Profil interne d'une patte copulatrice. 

Subspecies atlantica (des Basses-Pyrénées). 

Fig. 18. — Profil interne d'une patte copulatrice (de Bious- 
Artigues). 
Fig. 19. — Convexité de la même. 

Fig. 20. — Troisième segment de la Q , face ventrale (d'Àspeigt). 
Fig. 21. — Le même, de profil. 

Fig. 22. — Profil interne d'une patte copulatrice (de Bilhère). 
Fig. 23. — Extrémité du rameau secondaire. 

Subspecies atlantica (de Calypso, Hautes-Pyrénées). 

Fig. ik> — Profil externe d'une patte copulatrice. 
Fig. 25. — Convexité de la même. 

Subspecies atlantica (du Gers). 
Fig. 26. — Profil interne d'une patte copulatrice. 

Subspecies reflexa genuina. 
Fig. 27. — Profil externe d'une patte copulatrice. 

Variété arcuata. 

Fig. 28. — Profil interne d'une patte copulatrice. 

Fig. 29. — Profil externe de la même. 

Fig. 3o. — Convexité de la même. 

Fig. 3i. — Concavité de la même. 

Fig 32. — Tergite 8. 

Fig. 33. — Troisième segment de la Q , face ventrale. 

Fig. 34. — Le même, de profil. 



SI 



U.-W. BROLEMANN 





Variété Jeanneli. 


Fig, 35. 


— Profil interne d'une patte copulatrice 


Fig. 36. 


— Profil externe de la même. 


Fig. 3 7 . 


— Convexité de la même. 


Fig. 38. 


— Concavité de la même. 


Fig. 3t). 


— Tergite 9. 


Fig. 4o. 


— Troisième segment de la 9 » de profil. 




Variété solitaria. 



Fig. 4i — Profil interne d'une patte copulatrice. 
Fig [\ 2. — Profil externe de la même. 
Fig. 43. — Concavité de la même. 

Variété catalonica. 
Fig. l\!\. — Profil externe d'une patte copulatrice. 




SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉKERGÉTIQUES HE TODLOUSE 



Les séances se tiennent à 8 H. précises du soir, à l'ancienne 
Faculté des Lettres, 47, rue de Rémusat, 

les <* r et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 me mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 

MM . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, i06, Toulouse. 



SOMMAIRE 

II. -\Y. Brolemann. — Polydcsmiens pyrénéens 6] 




SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE. 



TOME QUARANTE-TROIS. — 1910 



BULLETIN TRIMESTRIEL. - N° 3. 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE SEBILLE 

2, RUE UOMIGUIÈRES 2. 

1910 



Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 




Extrait du rè&lemeiii de la Société d'Histoire \atureiie deTouloust 

Art. l« r . La Société a pour but de Tonner des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches e. 
de leurs observation». 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consti- 
ution géologique, I? flore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre; 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections. & Musé" d'His- 
toire Naturelle de Toulouse- 
Art. 5. La Société se compose ; de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

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dent; I er et 2 e Vice-présidents; Secrétaire général -, Trésorier ; 1 er et 2e Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au 31. L'é'ection des membres du Bureau, di Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Président rst nommé pour deux année», les autres 
memDres pour une année. Les Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
réélus immé liatement dans les mêmes fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premier mercredi après le 15 novembre, etonl lieu tous les 1 er et 3« 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi dejuiliet inclusivement. 

A*t. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous le titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinions scientifiques. Tout .Mémoire imprimé devra donc porter la 
signature de l'auteur. 

An 42. Celui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. t\ peut en 
obtenir d-s tirages à part, dss réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Art. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui adresser les 
échantillons qu'ils pourront réunir. 

A?l. 52. Kn cm de dissolution, ms diverses propriétés d» la » lil\ *ef>#a 
4rnui dm droit à » ville de Tu«io«ti. 



CAS d'hermaphroditisme chez l'écrevisse 85 

UN 

CAS D'HERMAPHRODITISME APPARENT 

CHEZ L'ÉCREVISSE 

Par M. Despax. 



J'ai eu récemment l'occasion d'examiner une écrevisse pré- 
sentant une anomalie assez curieuse. C'est un individu de 
grande taille de l'espèce Astacus nobilis; il mesure 124 m / m 
de l'extrémité antérieure du rostre au milieu postérieur du 
telson. Vu parla face inférieure, l'animal présente de nombreux 
œufs fixés aux appendices abdominaux; au premier coup 
d'œii on voit donc qu'on a affaire à une femelle ; mais on est 
aussitôt frappé par ce fait, que le premier anneau abdominal 
présente des appendices copulateurs mâles, dirigés vers l'avant, 
parfaitement conformés et de grandeur normale; ils atteignent 
presque la base de la troisième paire de pattes ambulatoires. 
D'autre part, à la base de la troisième paire, se voient des ori- 
fices sexuels femelles normaux, tandis qu'aucune trace d'orifice 
sexuel mâle n'est visible à la base de la cinquième paire. Enfin 
la largeur considérable de la rame caudale est un caractère 
sexuel secondaire propre à la femelle. 

Ainsi donc voilà un individu qui joint à tous les caractères 
extérieurs de la femelle un caractère mâle indubitable : une 
paire de pattes copulatrices (au lieu des deux paires normales). 
A la dissection, l'animal offre un ovaire normalement situé avec 
ses deux oviductes latéraux aboutissant à la base de la troisième 
paire de pattes ambulatoires; aucune trace de conduits sexuels 
mâles. 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIII). 8 



86 M. DESPAX 

Ce cas, bien que rare, a déjà été signalé à plusieurs reprises: 
Pigot, dans les comptés rendus de la Société de Biologie de 1900, 
p. 322, cite un cas d'écrevisse femelle portant un appendice 
mâle sur le premier segment abdominal. Lômberg, dans Ana- 
tomischer Anzeiger, XXI, p. 350, étudie un genre américain 
voisin de notre écrevisse : Parastacus, qui présente fréquem- 
ment des cas d'hermaphroditisme intéressant les conduits et 
les ouvertures sexuels; il note à ce propos que « chez 4'écre visse 
européenne : Adacus astacus Linné, on a observé des femelles 
munies d'appendices d'apparence mâle sur le premier somite 
abdominal ; le D r Bergendal a étudié ce sujet; il a publié ses 
observations dans un mémoire intitulé : Uebev abnorme For- 
men der er&ten abdominalen Anhànge bei einigcn Krebs- 
weichen'y dans tous les cas cités par lui ces écrevisses anor- 
males étaient femelles sans traces d'hermaphroditisme dans les 
organes internes ». 

Ayant pu moi-même étudier un cas d'écrevisse anormale, 
j'ai cru intéressant d'en faire part à la Société, car s'il ne pré- 
sente pas l'attrait de la nouveauté, il a au moins celui de la 
rareté. 



NOUVELLE ESPÈCE FRANÇAISE DU GENRE GEOPHILUS 87 



Nouvelle espèce française du genre Geophilus 



Par M. J. Chalande. 



Geophilus Gavoyi n. sp. 

Peu robuste ; jaune pâle, tête plus foncée ; presque glabre. 

Antennes environ trois fois et demie plus longues que la tête, 
pubescentes, à articles subcylindriques plus longs que larges; 
au septième, le rapport de la longueur à la largeur est 10/6. 



^ësms^^&bhàoo 



gjP&&^. 



SSM 




Fig. 1. — Geophilus Gavoyi. — Labre. 



Lame céphalique à peine plus large que longue. Lame frontale 
indistincte. Lame basale large, à côtés un peu courbes, conver- 
gents vers l'avant. 

Stigmates ronds, petits. . 

Labre formé de trois pièces. Pièce médiane munie de 9 dents 
tuberculeuses, arrondies à l'extrémité, sauf les deux externes 
de chaque côté qui sont prolongées en lanière. Pièces latérales 
portant chacune 4 à 5 lanières étroites, non contiguës à leur 
base, se rétrécissant graduellement jusqu'à l'extrémité qui est 
aiguë, paraissant entièrement lisses. 

Première mâchoire dépourvue de palpes ; l'article intermé- 




88 J. CHALANDE 

diaire à angle externe accusé, pouvant être considéré comme 

constituant un rudiment de palpe. 

Ongle de la deuxième mâchoire représenté par un tubercule 

subcylindrique, surmonté de deux bâtonnets. 

Forcipules atteignant plus ou moins le bord frontal. Ongle 

crénelé, armé d'une dent 
rudimentaire à la base. 
Goxosternum plus large 
que long. Lignes chiti- 
neuses un peu abrégées. 
Dilatation de l'extrémité 
•basale du canal à venin 

Fie. 2. — G. Gavoyi. — 1" mâchoire. courte, oblongue. 

Marge antérieure des sternites 3-4 à 14-18 creusée d'une 
fossette transversale occupant presque toute leur largeur. 

Marge postérieure des mêmes 
sternites creusée de trois fosset- 
tes. Les sternites munis de fos- 
settes sont en outre trisillonnés 
longitudinalement , les autres 
sont plans. Un champ poreux à 
partir du premier sternite et 
soit jusqu'au 17 e ou au 18 e , eoit 
jusqu'au 22 e ou au 23 e . Sur le 
premier sternite le champ est 
rudimentaire, formé de 3 ou 4 
pores situés à la partie posté 
rieure de la zone de forte réti- 
culation, qui occupe les deux 
tiers antérieurs du sternite, le 
tiers postérieur étant lisse. A 
partir du deuxième sternite les champs poreux sont en ovale 
transverse, à fond lisse, nettement délimités par une bande 
étroite de forte réticulation. Ils disparaissent, soit brusquement 
au 18° ou au 19 e sans s'être divisés, soit au 23 e ou au 24 e , après 




Kig. 3. — G. Gavoyi. — Dernier article 
des pattM de la 2"' mâchoire. 



NOUVELLE ESPÈCE FRANÇAISE DU GENRE GEOPHILUS 89 
s'être divisés longitudinalement en deux parties, sur trois ou 
quatre sternites. Zone de forte réticulation localisée sur le 
pourtour du sternite et du champ poreux et sur une bande 
médiane en arrière du champ poreux. Pas de bande médiane 
en avant de celui-ci. 

Dernier sternite 
plus large que long, 
à côtés assez con- 



Hanches des pat- 
tes terminales mu- 
nies en dessous cha- 
cune de 4 à 7 pores 
entièrement locali- 
sés dans la gouttière 
coxosternale. Pattes 
terminales grêles 
chez la 9, un peu 
épaissies chez le cf , 
armées dun ongle long et arqué. 

Pas de pores anaux. 

Nombre de paires de pattes : cf 39 à 43 et 49 à 55. 
— — : 9 41 à 45 et 51 à 57. 

Longueur maxima observée : 29 millimètres. 




G. Gavoyi. — 8" sternite. (La réticulation est 
représentée par des hachures.) 



De même que pour G. pyrenaicus Chai., je distingue deux 
formes : 

F. typica : individus à 39-45 pp., à champ poreux sur les 
sternites 1 à 17-18, à fossettes sur les sternites 3-4 à 14-15. 

F. elongata : individus à 49-57 pp., à champ poreux sur 
les sternites 1 à 22-23, à fossettes sur les sternites 3-4 à 18. 

G. Gavoyi est connu des localités suivantes : 
Haute- Garonne : Luchon, Saint-Béat (Ribaut). 
Ariège : Ax. 



90 J. CHALANDE 

Pyrénées-Orientales : Montlouis (Brôlemann), Arles-sur- 
Tcch (Brôl ), Palalda, Banyuls, Col de Serris ; 

Aude : Forêt des Fanges, Forêt de la Loubatière ; 

Tarn : Forêt d'Hautaniboul (Ribaut), Montredon ; 

Puy-de-Dôme : Royat (Ribaut). 

Cette espèce existe depuis longtemps dans ma collection. Je 

l'ai désignée sous différents 
noms dans mes publications 
sur la faune de France : 

Sous le nom ôe\Geophilus 
truncorum Mein., dans 
Contribution à la faune de 
Fra,nce (deuxième liste) 
1888, page 2, pour un indi- 
vidu provenant de Montre- 
don (Tarn) ; 

Sous le nom de Geophilus 
gracilis , Mein., dans la 
même publication, pour des 
invidus dont la provenance a 
été indiquée d'une manière 
imprécise par le mot « Rous- 

Extrémité postérieure s [\\ 0Xl » ( vo ir loc. Cit., Ad- 
denda, p. 7). Ces individus 
provenaient de Palalda et du Col de Serris (Pyrénées-Orien- 
tales) ; 

Sous le même nom (G. gracilis) dans Contribution à la 
faune des myriapodes de la forêt des Fanges 1892. 

Par l'atrophie de l'ongle de la deuxième mâchoire, l'absence 
de palpes à la première mâchoire, la forme des champs poreux 
et l'existence de fossettes sternales postérieures. G. Gavoyi 
se rapproche beaucoup de G. insculptus AU. Mais ce dernier 
est nettement différent de G. Gavoyi : 
1° Par l'ongle des forcipules qui est lisse ; 
2° Par l'existence d'un pore découvert au voisinage du bord 




Fig. 5. — G. Gavoyi. 

(face ventrale). 



NOUVELLE ESPÈCE FRANÇAISE DU. GENRE GEOPHILUS 91 
postérieur des hanches terminales. Ce pore existe même chez 
les très jeunes individus ; 

3° Par le rudiment d'ongle de la deuxième mâchoire, qui est 
surmonté d'un seul bâtonnet (1) ; 

4° Par la forme de l'angle externe des articles intermédiaires 
de la première mâchoire, qui est entièrement effacé et ne laisse 
par conséquent aucun doute sur l'absence de palpe ; 

5° Par les articles des antennes moins allongés (au 7 e le rap- 
port de la longueur à la largeur est 10/8 à 10/9); 

6° Par la présence de pores anaux. 

7° Par la forme des dents médianes du labre, qui sont aiguës 
et manifestent une tendance à s'effiler en lanières. 



(1) L'existence des deux bâtonnets chez G. Gavoyi peut quelquefois 
passer inaperçue par suite de l'orientation du rudiment d'ongle 
qui amène un bâtonnet à cacher l'autre. 



92 F. VINCENS 



Observations sur Zaghouania Phillyreœ Pat. 

Par M. F. Vincens (1), 
Préparateur à la Faculté des sciences de Toulouse. 



Depuis le mois de février, j'ai pu suivre de près, au Jardin 
botanique de Toulouse, le développement sur Phillyrea média 
d'une intéressante Urédinée Zaghouania Phillyreœ Pat., 
Gela m'a permis d'observer quelques particularités, que je n'ai 
trouvées signalées nulle part et que la présente note a pour but 
de faire connaître. 

Le genre et l'espèce ont été créés par M. Patouillard (2) qui 
en a rencontré pour la première fois les téleutospores, en 1901, 
sous des feuilles de Phillyrea média au Djebel Zaghouan en 
Tunisie. La création du nouveau genre Zaghouania était jus- 
tifiée par le mode spécial de germination des téleutospores. 

La même année, MM. Dumée et Maire (3) les ont trouvées 
en Corse sur Phillyrea média, latifolia et angustifolia. Ces 
téleutospores étaient toujours mêlées à des urédospores. De 
plus, ils ont rencontré la forme aecidienne sur les mêmes hôtes. 
Leurs observations leur ont permis de rapporter au genre 
ZaghouaniaY Uredo Phillyreœ Cookeet V JEcidium Phillyreœ 
D. C, qui étaient les seules rouilles jusque là décrites sur Phil- 
lyrea. 

Ùredo et ^cidium ont été rencontrés en France, en Italie, 

(1) Communication faite dans la séance du 18 mai 1910. 

(2) Patouillard. Champignons algéro-tunisiens; Bull soc. m y col. 
de France, tome XVII, année 1901, pp 185187. 

(3) P. Dumée et R Maire. Remarques sur le Zaghouania Phillyrea} 
Pat , Bull. soc. mycol. de France; t. XVIII ; année 1902; p.p. 17 25. 



OBSERVATIONS SUR ZAGHOUANIA PHILLYRE^E 93 

en Allemagne, en Algérie. Les téleutospores n'ont été signalées 
qu'en Tunisie et en Corse. 

Ces téleutospores ont été très abondantes depuis le mois de 




1° Germination des sporidies dans l'eau pure(gr. : 450 d.) 

a.— après 6 heures à 25 degrés. 
b.— après'24 heures à 25 degrés 
c— extrémité d'un tube germinatif après 21 heures à 12 degrés. 

2° Hypertrophies des rameaux. 

d.— rameau de 1 an (grandeur naturelle). 
e.— rameau de 3 ans (grandeur naturelle) 



mars sur un Phillyrea média du Jardin botanique de Toulouse. 
Je les ai cherchées en vain à la fin de février dans des sores où 
les urédospores étaient déjà mûres. Depuis quelques jours leur 
nombre diminue, on ne les rencontre que dans les sores anciens. 



04 F. VINCENS 

L'abondance des téleutospores semble donc coïncider avec 
l'apparition des jeunes pousses dePhillyrea dont les bourgeons 
se sont ouverts au milieu d'avril. 

M. Patouillard dit n'avoir pas observé la germination des 
sporidies. J'ai pu obtenir cette germination à plusieurs repri- 
ses au mois d'avril. Elle s'est produite aisément dans de Peau 
ordinaire. A 25°, après G heures, les tubes germinatifs ont déjà 
une longueur égale à 5 ou 6 fois le diamètre des spores; le con- 
tenu orangé, finement granuleux, se rapproche du sommet du 
tube tandis que la spore se vide; les tubes sont généralement 
simples, étroits à la base, plus larges au sommet où ils attei- 
gnent parfois le diamètre de la spore. Après 24 heures, la lon- 
gueur est de 10 à 15 fois le diamètre; quelques cloisons trans- 
versales peuvent alors se voir dans la portion vide. Lorsque des 
ramifications se forment, elles naissent près du sommet, restent 
courtes et ne tardent pas à être abandonnées par le contenu 
qui suit toujours l'extrémité du tube le plus long. Ce contenu 
devient vacuolaire et peu à peu disparaît. A une température 
variant entre 10 et 12 degrés, les germinations, d'abord moins 
abondantes, atteignent ensuite des proportions aussi grandes 
qu'à 25 degrés, mais la plupart des tubes se contournent au 
sommet et deviennent variqueux (fig. a, b et c). 

Les auteurs précédemment cités n'indiquent la présence des 
urédospores et des téleutospores qu'à la face inférieure des 
feuilles. J'ai trouvé de nombreux sores renfermant ces deux 
sortes de spores sur des portions hypertrophiées des rameaux. 
Le mycélium qui leur a donné naissance est certainement 
celui qui avait amené les déformations ascidiennesdu printemps 
précédent. Ainsi que le démontre la présence de fructifications 
sur des rameaux de trois et quatre ans, le mycélium se conserve 
dans l'écorce des parties atteintes et peut fructifier plusieurs 
années de suite. Les fructifications naissent sous le liège qu'elles 
font éclater, formant ainsi des sores de couleur orangée, allon- 
gés suivant l'axe de la tige (fig. d et c). 

Le mycélium vivace est localisé dans les parties primitive- 



OBSERVATIONS SUR ZAGHOUANIA PHILLYREA 95 

ment atteintes au dessus desquelles les tiges continuent à se 
développer normalement. Des rameaux sains peuvent même 
se détacher des hypertrophies. 

Le Phillyrea média, sur lequel portent mes observations, 
est placé au Jardin botanique entre un Phillyrea angustifolia 
et un Ph. latifolia qui mêlent quelques-unes de leurs bran- 
ches aux siennes. Or, tandis qu'il a ses feuilles criblées de 
taches, ses deux voisins se montrent jusqu'ici indemnes. 
Cependant, au mois de juin 1907, il a été recueilli sur Ph. 
angustifolia quelques jeunes rameaux déformés par un JEci- 
dium et qui sont conservés dans la collection du laboratoire de 
Pathologie végétale de la Faculté des Sciences de Toulouse. 
Ainsi, malgré la prédilection très marquée que montre jus- 
qu'ici Zaghouania Philkjrese pour Phillyrea média sous 
sa forme productrice d'urédospores et de téleutospores, on ne 
peut affirmer qu'il s'agisse d'une espèce biologique propre au 
Ph. média. 

Des observations ultérieures me permettront sans doute de 
voir quelle est la véritable valeur de cette apparence de spé- 
cialisation. 



90 A. DE MONTLEZUN 



MATERIAUX 

POUR 

SERVIR A L'ÉTUDE DES OS PÉNIENS 

Des Mammifères de France 

Par A. DE MONTLEZUN 



Les squelettes des mammifères montés pour les collections 
scientifiques sont généralement incomplets. Les os de petite 
taille qui ne sont retenus que par des ligaments ou des enve- 
loppes fibreuses, passent dans les déchets charnus en dégrossis- 
sant le squelette, ou se perdent en cours de macération ; tels 
sont les clavicules rudimentaires ou flottantes noyées dans les 
masses musculaires, les os hyoïdes dissimulés dans les parties 
charnues qui accomp gnent la langue ; tels sont, enfin, les os 
péniens, dissimulés dans l'enveloppe du bas-ventre ou dans les 
parties charnues du bassin. C'est en recherchant ces os qui pas- 
sent le plus souvent inaperçus qu'il m'est venu à la pensée de 
collectionner les os péniens. J'ai non seulement gardé tous 
ceux des animaux dépouillés au laboratoire du Musée d'histoire 
naturelle, mais encore mis à contribution la complaisance de 
notre préparateur toulousain, M. Lacomme-Bonhenry, qui s'est 
fait un plaisir de me réserver tous ceux des sujets préparés dans 
son laboratoire de taxidermie. 

Je n'ai pas encore des éléments assez complets pour aborder 
des idées d'ensemble et passer en revue la classification gêné 
raie d îs mammifères connus, mais j'ai l'espoir de pouvoir, dans 
quelque temps, réunir la série des os péniens des mammifères 
de France. 



MATÉRIAUX POUR SERVIR A L'ÉTUDE DES OS PÊNIENS 97 

Je puis, en ce moment, présenter celle des mustélidés. 

Laissant à de plus autorisés que moi le soin de passer à des 
examens plus minutieux pour entrer dans des vues d'ordre 
purement scientifique, je me bornerai à donner une brève 
description des os péniens de cette famille et à l'accompagner 
d'une planche où ces os sont disposés suivant l'ordre adopté 
par MM. Flower et Lydekker. 

Je ferai remarquer que les figures sont un peu plus petites 
que l'os ne l'est en réalité, ainsi l'os pénien de la loutre qui a 
66 millimètres de long n'a sur la figure que 64 millimètres 1/2 ; 
il en est de même des autres. 

Il est également important de faire remarquer que les inser- 
tions des attaches musculaires, qui se trouvent à la partie pos- 
térieure de l'os pénien, sont d'autant plus développées que le 
sujet est plus adulte ; dans les sujets jeunes le renflement de la 
base de l'os pénien est très peu apparent (1) ; dans les adultes 
la base est d'autant plus développée que le sujet est plus 
vieux (2). Cette observation a été corroborée par les remarques 
que j'ai pu faire sur de nombreux sujets de la même espèce et 
sur des sujets d'espèces différentes. Dans la même espèce et 
suivant l'âge, la longueur de l'os pénien peut aussi varier de 
plusieurs millimètres (3). 

Lutra vulgaris Erxl. 

L'os pénien de la loutre, vu de profil tel qu'il est représenté 
sur la planche, a 66 millimètres de long, il affecte une courbure 
de haut en bas dont la flèche prise dans le milieu de la lon- 
gueur de l'os est d'environ 5 millimètres, sur ce point son dia- 
mètre est d'environ 6 millimètres ; il va en s'amincissant vers 



(t) Voir sur la planche : Mêles laxus, Mustela lulreola, Muslela 
fur'o. 

(2) Voir : Lutra vulgaris, Mustela pulorius, Muslela vulgaris. 

(3) Pour Muslela foina j'ai trouvé pour des sujets adultes des 
variai ions de 10 à 11 millimètres. 



( .KS A. DE MONTLEZUN 

l'extrémité, et en grossissant vers la base recouverte d'inser- 
tions musculaires qui occupent de chaque côté une longueur 
de 12 millimètres environ. Cet os pénien, vu de dessous ou de 
dessus, au lieu de ne présenter qu'une extrémité arrondie 
comme l'indique la planche, se termine par deux parties arron- 
dies et juxtaposées, séparées entre elles par un vide de 5 à 
6 millimètres de long sur environ 1 millimètre de large. 

Les os péniens que j'ai pu recueillir sur des loutres adultes 
varient comme longueur entre 67 et 75 millimètres. 

Mêles taxus Schr. 

L'os pénien du blaireau est beaucoup plus mince que celui 
de la loutre ; il est un peu plus long; son diamètre pris dans le 
milieu de l'os n'a que 4 millimètres. La flèche de sa courbure est 
à peu près la même, mais la courbe est plus régulière et plus 
allongée. Vu de profil, cet os va en s'amincissant vers la pointe 
qui présente de chaque côté une sorte de nmfkvment. Vu en 
dessus ou en dessous, l'aspect change : l'extrémité est élargie 
en forme de spatule concave par dessous, convexe par dessus, 
et pour ainsi dire, festonnée tout autour. La rainure de des- 
sous qui s'accentue en avançant vers l'extrémité offre un jour 
comme un trou de passe-lacet, et précède la partie voisine du 
gland. Les os péniens de blaireau adulte qu'il m'a été permis 
de recueillir varient entre 70 et 81 millimètres. 

Mustela foina Gmel. 

L'os pénien de la fouine, tel qu'il est figuré sur la planche, 
présente deux courbures, l'une descendante à partir des inser- 
tions musculaires de la base, l'autre ascendante à partir des 
deux tiers de la longueur ; cet os a 62 millimètres de long et un 
diamètre moyen d'un peu plus de 2 millimètres. Vu de profil, 
ses courbures ressemblent à celle de la moitié dune accolade. 
Vu de dessus, sa ligne est presque droite sur les deux tiers de 
la longueur ; à partir de ce point elle se retourne vers la gauche 



MATÉRIAUX POUR SERVIR A L'ÉTUDE DES OS PÉNIENS 99 

et se termine par une partie aplatie de chaque côté avec un 
trou ovale dans le milieu, et une légère déviation de gauche à 
droite à l'extrémité. La nombreuse série d'os péniens recueillie 
sur des sujets adultes présente des longueurs variant entre 
51 et 63 millimètres. Les insertions musculaires de la base 
sont d'autant plus développées que les sujets sont plus vieux. 

Mustela martes L. 

Quoique de plus grande taille que la fouine, la marte a l'os 
pénien sensiblement plus court que cette dernière ; il mesure 
"42 millimètres de long et son diamètre à la partie moyenne est 
de 2 millimètres; ses courbures sont à peu près les mêmes ; 
celle de la partie postérieure est cependant plus allongée, tandis 
que celle de la partie antérieure est plus courte ; l'extrémité 
aplatie de l'os pénien est également percée d'un trou ; mais elle 
est moins large et se replie sur elle-même de droite à gauche. 

Les insertions musculaires de la base occupent moins de 
place que chez la fouine. 

L'os pénien de la marte varie comme longueur entre 42 et 
50 millimètres. 

Mustela lutreola L. 

L'os pénien du vison ne ressemble en rien à celui des espèces 
précédentes ; ses courbures sont à peine sensibles. Sa partie 
postérieure présente de chaque côté une dépression Jusqu'à la 
moitié de sa longueur, à partir de ce point, la partie antérieure 
est cannelée en dessous jusqu'à son extrémité qui se relève en 
forme de crochet avec une légère inflexion de droite à gauche. 
Il a 34 millimètres de long, et son diamètre pris dans le milieu, 
un peu moins de 2 millimètres. 

Le sujet que j'ai eu n'étant pas très adulte, les insertions 
musculaires sont peu apparentes. 



100 A. DE MONTLEZUN 



Mustela putorius L. 



L'os pénien du putois a une certaine analogie avec celui du 
vison, mais il est plus long et plus robuste, les dépressions 
latérales qui s'étendent du milieu de l'os aux insertions muscu- 
laires de la base sont moins prononcées ; les insertions muscu- 
laires sont, au contraire, très apparentes chez les putois adultes; 
elles occupent une longueur de 6 millimètres environ. 

La longueur totale de cet os est de 42 millimètres et son dia- 
mètre pris vers le milieu est de 3 millimètres; il affecte une 
légère courbure de la base en remontant vers l'extrémité. La 
cannelure de la partie inférieure part du milieu de l'os comme 
chez le vison et remonte jusqu'à l'extrémité du crochet avec 
une déviation encore plus accentuée vers la gauche. Sa lon- 
gueur varie suivant l'âge de 38 à 43 millimètres. 

Mustela furo L. 

L'os pénien du furet a une grande analogie avec celui du 
vison. Il est plus grêle que celui du putois et plus long de 
3 ou 4 millimètres que celui du vison. Sa longueur est de 
38 millimètres et son diamètre, à sa partie médiane, de 2 mil- 
limètres. Comme courbure, il est presque identique à celui 
du vison, mais la cannelure de l'extrémité recourbée est plus 
comprimée et moins déviée à gauche. 

N'ayant pu avoir que quelques spécimens peu adultes, je 
n'ai pu me rendre compte du développement des insertions 
musculaires chez le furet très adulte. L'os pénien qui se 
trouve figuré sur la planche est d'un sujet jeune mais adulte. 

Mustela vulgaris Briss. 

L'os péniei. de la belette, quoique beaucoup plus petit que 
celui du putois, a néanmoins quelques analogies avec ce der- 
nier ; la cannelure du dessous et la partie crochue qui la ter- 





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MATÉRIAUX POUR SERVIR A L'ÉTUDE DES OS PÉNIENS 101 

mine sont à peu près disposées de la même manière. La diffé- 
rence la plus appréciable, à première vue, provient de ce que 
la ligne courbe qui part des insertions musculaires de l'os 
pénien du putois est remplacée par la ligne droite sur les deux 
tiers de sa longueur ; à partir de ce point, le relèvement de la 
partie antérieure s'effectue presque en ligne droite jusqu'au cro- 
chet qui est dévié vers la gauche comme dans les espèces qui 
précèdent. La longueur totale de l'os de la belette est de 20 mil- 
limètres et son diamètre pris dans le milieu de l'os de 1 milli- 
mètre 1/2. Les insertions musculaires présentent les mêmes 
dispositions que chez le putois. 

Mustela herminea L. 

L'os pénien de l'hermine n'a aucune analogie avec ceux des 
espèces qui précèdent. Ses courbes ressemblent un peu à celles 
de l'os pénien de la fouine, c'est-à-dire à une demi-accolade, 
mais l'extrémité, au lieu d'être aplatie et percée d'un trou, est, 
au contraire, de la forme d'une alêne de cordonnier. 

La cannelure qui se trouve au-dessous de l'os existe comme 
chez le putois et le vison, mais n'est pas terminée par un cro- 
chet. 

L'os pénien de l'hermine a 27 millimètres de long ; son dia- 
mètre, pris au milieu, a un peu plus d'un millimètre. Les 
insertions musculaires'sont disposées comme chez la fouine. 



SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIIl). 



102 



A. DE MONTLEZUN 



NOXKS 

RELATIVES A QUELQUES OISEAUX RARES 

Capturés dans le département de la Haute-Garonne 
pendant Vannée 1910 

Par A. DE MONTLEZUN. 



Je dois à l'obligeance de M. Lacomme les renseignements 
que j'ai pris sur des sujets en chair dans son laboratoire de la 
rue du Rempart Saint-Etienne, 42. 

Je signalerai tout d'abord deux Guêpiers (Merops persicus) 
tués à Fos, le 30 avril 1910, par M. Dedieu, maître d'hôtel; 
puis un troisième guêpier tué à Verfeil, le 11 mai suivant, par 
M. Bastié. Ces oiseaux passant rarement dans notre départe- 
ment, il m'a paru intéressant de faîre mention de ces captures. 

Quelques jours plus tard, deux Echasses (Hirnantopus can- 
didus) ont été tuées, l'une le 20 mai, à Tournefeuille (Haute- 
Garonne), par M. Fauroux, l'autre le dimanche 22 mai, à Ver- 
feil, par M. Pautard, de Toulouse. Le passage del'Echasse étant 
encore beaucoup plus rare dan° 5 notre département que celui des 
Guêpiers, je donne la description de celle qui a été tuée à Tour- 
nefeuille et qui était une femelle : 

Longueur totale . 38 

Envergure 0. 73 

Longueur de l'aile 0. 39 

Longueur du fouet 0. 24 

Longueur de la queue , . . . . . 09 

Longueur du tarse . 13 

Longueur du doigt médian avec l'ongle ...... 0. 045 

Longueur du bec 0. 07 



NOTES RELATIVES A QUELQUES OISEAUX RARES 103 
Bec noir, tête et dessus du cou jusqu'aux articulations des 

ailes blancs. Tout le dessous du corps entièrement blanc. Ailes 

noires en dessus et en dessous. Pattes rouge vermillon. Iris 

rouge orangé. 

Un Aigle botté femelle (Aquila pennata) a été tué à Saint- 

Elyx (Haute- Garonne), par M. Monty, le 26 août 1910. 
Voici la description de cet animal : 

Longueur totale . 51 

Envergure 1 . 20 

Longueur de l'aile 0. 535 

— du fouet 0. 395 

— de la queue . 21 

— du tarse (emplumé) 0. 05 

— du doigt médian (avec l'ongle) 0. 06 

— du bec (des commissures à la pointe). . 0. 038 

Cire jaune légèrement verdâtre ; bec noir, à partir du milieu 
de la pointe, noir bleuté vers la base, iris brun noisette. 

Plumage du dessous du corps : cou et haut de la poitrine 
fauves avec taches brunes effilées et lancéolées le long de la 
tige des plumes. Abdomen de plus en plus brun clair en avan- 
çant vers les sous-caudales qui sont de couleur blanchâtre ; 
dessous des rectrices de nuance brun grisâtre, avec barres 
transversales assez accentuées ; sub-alaires d'un roux clair 
avec taches brunes effilées et lancéolées sur le milieu des plu- 
mes, les dernières blanches avec macules grisâtres sauf à l'ex- 
trémité qui est entièrement blanche. Cuisses d'un rpux fauve 
clair avec plumes finement bordées de brun le long de la tige. 
Pattes plus claires, emplumées jusqu'à l'articulation des doigts; 
ces derniers d'un jaune livide avec ongles brun corne. 

Plumage du dessus : bec noirâtre vers l'extrémité, bleuâtre à 
partir du milieu jusqu'à la base, cire jaune verdâtre ; dessus de 
la tête et dessus du cou roux fauve avec les plumes maculées 
de brun le long de la tige ; scapulaires et petites couvertures des 



104 A. DE MONTLEZUN 

ailes brunes bordées de fauve avec taches blanches de chaque 
côté correspondant à la tête de l'humérus ; couvertures secon- 
daires bordées de fauve plus clair et plus accentué ; grandes 
couvertures plus brunes et plus finement bordées de roux ; 
rémiges primaires et secondaires brunes, avec nuance plus 
foncée sur les barbes externes, et de nuance plus claire sur les 
barbes internes, laissant à peine entrevoir les barres transver- 
sales; couvertures de la queue brunes, les plus rapprochées de 
la queue fauves, avec macules brunes et étroites sur les extré- 
mités ; plumes de la queue brunes, à peine barrées dé noîrâtre, 
bordées de roux à leurs extrémités. 

L'Aigle botté est extrêmement rare. Depuis de longues 
années, c'est le seul sujet en chair qui ait été expédié au labo- 
ratoire de M. Lacomme qui reçoit annuellement la plupart des 
pièces rares de nos départements circonvoisins. 

Un merle ordinaire, variété albine cailloutée de noir a été 
tué à Saint-Laurent-de-Neste (Hautes-Pyrénées), le 2 décem- 
bre 1910. 

Cet oiseau a été gracieusement offert au Musée d'histoire 
naturelle de Toulouse par M. Lacomme. 

Il a le bec orange, le dessus du corps blanc dans son ensem- 
ble avec deux ou trois petites taches noires en avant et en 
arrière du crâne, les plumes du cou et des scapulaires blan- 
ches, les petites couvertures mélangées de blanc et de noir, les 
grandes rémiges blanches avec quelques plumes noires inter- 
calées, la queue entièrement noire, le dessous du corps à partir 
de la gorge caillouté de blanc et de noir, les pattes de nuance 
couleur de chair blanchâtre avec quelques taches noires éche- 
lonnées sur les doigts. 



GENRE NOUVEAU DE LA S.-TRIBU DES RIBAUTIINA 105 



SUR UN GENRE NOUVEAU 

DE LA 

Sous- tribu des Ribautiina Brol 

(Myriopoda-Geopbilomorpha) 

Par H. Ribaut. 



En examinant dos myriapodes indéterminés du Muséum de 
Paris, je fus très surpris de rencontrer dans une récolte faite 
par Brôlemann à Lyons-la-Forêt (Eure) un exemplaire d'un 
Géophilide auquel pouvait s'appliquer la description que Attems 
a donnée récemment* d'une espèce trouvée dans la région du 
détroit de Behring et qu'il a nommée Geophilus (Arctogeo- 
philus) glacialis. Par contre l'une des figures publiées en 
même temps par cet auteur présentait une particularité, qui ne 
se retrouvait pas sur l'exemplaire français : le télopodite de la 
deuxième mâchoire de G. glacialis comporte quatre articles. 
C'est là un fait absolument extraordinaire, unique à ma con- 
naissance, et qui serait de nature à susciter quelques réserves 
sur l'exactitude d'un tel dessin, s'il n'était donné par un auteur 
dont la connaissance très approfondie des myriapodes ne fait de 
doute pour personne. Il est néanmoins fort troublant de ne 
trouver aucune trace de ce caractère dans le texte de la des- 
cription. Quoi qu'il en soit, estimant que Attems n'a pu se 
tromper dans son dessin, il m'a paru impossible d'identifier 
cette espèce avec G. glacialis. Bien mieux, j'ai jugé que la 
présence d'un quatrième article était un caractère suffisamment 
important pour définir un genre Arctogeophilus et, par suite, 



106 H. RIBAUT 

j'ai été amené à créer un nouveau genre pour l'espèce française 
en question. 

Quelque temps après cette découverte, j'ai recueilli moi-même 
deux exemplaires de cette curieuse espèce au sommet du Puy- 
de-Dôme. 

L'intérêt que présente ce nouveau genre vient récemment de 
s'accroître. J'ai rencontré deux autres espèces très voisines de 
la précédente dans les matériaux indéterminés que le « Senc- 
kenbergisches Muséum » a bien voulu me confier. L'une fait 
partie d'une récolte accompagnée de l'indication « Beaufort. — 
N. Carolina. — IX, 1903. — A. Reichardt» ; l'autre se trouve 
sous l'étiquette « Myriopoden aus der Hardt. — VI, 05. — 
E. Wolf >. Malheureusement sous cette même étiquette se 
trouve aussi Otocryptops sexspinosus dont l'origine américaine 
ne fait pas. de doute. De sorte que la provenance de cette 
récolte devient tout à fait incertaine. 

Ces trois espèces sont extrêmement voisines et assez difficiles 
à distinguer et, comme je n'ai pu étudier qu'un seul exem- 
plaire des deux dernières, je ne suis pas très sûr que certaines 
différences, que je cite, ne soient pas dues simplement à des 
variations individuelles. 

Gnathomerium n. gen. 

Pas d'aire clypéale poreuse. Pièces latérales du labre prolon- 
gées en avant de la pièce médiane jusqu'au contact de leurs 
extrémités internes. Bord libre du labre garni de franges aussi 
bien au milieu que sur les côtés (4). Première mâchoire munie 
de palpes très développés. Télopodite de la deuxième mâchoire 
triarticulé, angle distal externe de son tibia ni prolongé ni plus 



(1) Il ne m'est pas possible de dire si les franges de la partie 
médiane sont insérées sur le bord libre de la pièce médiane ou bien 
si elles font partie des pièces latérales. Dans certaines préparations 
du labre il semble que l'on peut apercevoir derrières les franges 
médianes le bord libre de la pièce médiane qui ne serait ni fiangé 
ni denté. 



GENRE NOUVEAU DE LA S.-TRIBU DES RIBAUTIINA 107 
fortement chitinisé. Hanches de la deuxième mâchoire soudées 
en avant sur une notable étendue, leur soudure au pleuros- 
ternite représentée par une bande fortement chitinisée, limitée 
en dehors par une ligne foncée, s'étendant depuis une faible 
distance de l'angle postéro-externe de la hanche jusqu'en avant 
du pore métamérique. Région coxale et région pleurosternale 
à des niveaux différents. Pas de champs poreux. Pas de prolon- 
gement en lobe au bord postérieur des sternites. 

Clef dichotomique des espèces. 

4 (2). — Pas d'ongle aux pattes terminales. — Pleurite de 
la deuxième mâchoire réduit à une bande très étroite à bords 
parallèles, ne dépassant pas en arrière l'épaississement de l'an- 
gle postéro-externe de la hanche. — Dernier présternite parais- 
sant beaucoup plus large que le dernier sternite en avant 
parce qu'il est, comme dans les segments précédents, flanqué 
de chaque côté par le pleurile 2 a, qui lui est intimement 
soudé. 

Goxosternum de la première mâchoire à réticulation peu 
marquée mais uniforme. — Fémur des forcipules plus long 
du côté interne que large à la base. — Leur coxosternum à 
bords parallèles sur une longue étendue (3/4). — Les bords 
internes de leurs hanches (visibles par transparence) appliqués 
étroitement l'un contre l'autre sur toute leur longueur. Articles 
des antennes moyennement allongés, le cinquième une fois et 
un tiers plus long que large. - Bord externe des hanches ter- 
minales largement caché en dessus par le tergite et le préter- 
gite sur sa moitié antérieure. — Espèce de petite taille. — 
39 paires de pattes Gnath. inopinatum. n. sp. 

2 (1). — Un ongle aux pattes terminales. — Pleurite de la 
deuxième mâchoire plus développé, se dilatant fortement en 
arrière et dépassant en arrière l'épaississement de l'angle posté- 
ro-externe de la hanche, — Le pleurite 2 oc n'existe plus au 



10$ H. RIBAUT 

sejj rient terminal, de sorte que le présternite, réduit à lui-même, 

e? à peine plus large que le dernier sternite en avant. 

3 (4). — Goxosternum de la première mâchoire comme chez 
inopinatum. — Fémur des forcipules moins long du côté 
interne que large à la base. — Leur coxosternum à bords paral- 
lèles en avant sur une faible étendue (1/4). — Bords internes 
de leurs hanches (visibles par transparence) ne se touchant 
qu'en un point à l'avant, divergeant en arrière de manière à 
former un V renversé. — Articles des antennes courts, le cin- 
quième aussi large que long. — Bord externe des hanches ter- 
minales entièrement visible en dessus. — Espèce de petite 
taille. — 49 paires de pattes Gnath. Wolfi. n. sp. 

4 (3). — Goxosternum de la première mâchoire réticulé 
seulement sur une bande médiane étroite. — Fémur, coxoster- 
num et bords internes des hanches des forcipules, bords externes 
des hanches des pattes terminales comme chez inopinatum. — 
Articles des antennes allongés, le cinquième une fois et demie 
plus long que large. — Espèce robuste. — 47 paires de pattes. 
Gnath. americanum n. sp. 

Gnathomerium inopinatum n. sp. 

cf et 9 39 paires de pattes. 

Longueur maxima observée 18 millimètres, largeur mm 8. 

Corps trapu non rétréci en avant, très brusquement rétréci 
en arrière, jaune clair, tête plus foncée. 

Ecusson céphalique ovale, plus long que large, long. / larg. 
= 1,3. Front non séparé. Antennes trois fois plus longues que 
l'écusson céphalique, à articles médiocrement allongés ; le rap- 
port de la longueur à la largeur du cinquième article est 1 ,3. 

Zone prélabiale plus large que longue, nettement séparée des 
pleures céphaliques, munie de deux poils postantennaires et, 
en arrière de ceux-ci, de quatre poils en une série transversale ; 



GENRE NOUVEAU DE LA S. -TRIBU DES RIBAUTIINA 109 
contre le labre, deux poils en série longitudinale. En arrière 
des poils postantennaires se trouve une zone plus pâle, subcir- 




Fig. 1. — Gnath. inopinatum. Labre. 




Fig. 2. — Gnath inopinatum. Première mâchoire. (La réticulation du coxosternum n'a 
pas été dessinée.) 



culaire, très mal délimitée, où les éléments de la réticulation 
sont plus petits que sur le reste de la surface prélabiale. Contre 
le labre deux zones lisses symétriques, en ovale transverse. 



110 



H. RIBAUT 



Pièces latérales du labre cylindroïdes, allongées, en contact 
par leurs extrémités internes. La pièce médiane se trouve, par 
suite, refoulée en arrière des pièces latérales. Le bord libre du 




Fie 3. — Gnath. inopinatum. Deuxième mâchoire. (Parties droite et médiane.) 



labre est, sauf sur une faible étendue du côté externe, entière- 
ment garni de franges très denses surtout dans la partie médiane. 

Mandibules pourvues d'une lame peetinée sur le bord dorsal. 
Bord ventral garni de franges. 

Premère mâchoire munie de palpes longs, très épais, écail- 
leux ; coxosternum à réticulation fine, uniforme. 



GENRE NOUVEAU DE LA S.-TRIBU DES RIBAUTIINA 111 
Deuxième mâchoire à télopodite triarticulé. Ongle normal. 
Angle distal externe du tibia non prolongé et non particulière- 
ment chitinisé. Fémur très allongé. Bord externe duplicaturé 
du coxosternum sept fois plus court que le bord non duplica- 
turé. Rebord externe sous-membraneux visible jusqu'à l'angle 
postéro-externe qui est légèrement épaissi. La soudure des 
hanches au pleuroster- 
num est représentée par 
une bande fortnmentchi- 
tinisée, s'étendant depuis 
le niveau du pore méta- 
mérique, qu'elle entoure 
en avant, jusqu'à une fai- 
ble distance du bord ex- 
terne du coxosternum où 
elle s'incurve légèrement 
vers l'avant. Le bord an- 
térieur de cette bande est 
marqué par une ligne plus 
foncée et délimite une dé- 
nivellation brusque entre 
la surface de la hanche et 
celle du pleurosternum 
dont le niveau est plus 
ventral que celui de la 
hanche. Le bord postéro- 
interne du coxosternum est rectiligne, réticulé sur une bande 
très étroite d'ég le largeur sur foute son étendue, et qui ne 
déborde pas en arrière l'angle postéro-externe du coxosternum ; 
cet angle est vif. Bord antéro-interne garni d'une rangée de 
poils. Les deux parties latérales du coxosternum sont réunies 
au milieu par une zone assez étendue de réticulation grossière ; 
le reste de la surface est lisse. Le long du bord externe se 
trouve une bande de soies très courtes et nombreuses L'arti- 
culation fémoro-coxale est dépourvue de condyle du côté ventral , 
par contre le condyle dorsal est très développé. 




Fig. 4. — Gnath. inopinatum, — Forcipules. 



112 



H. RIBAUT 




Fig. 5. — Gnath. inopinatum. — Extrémité postérieure, face ventrale. 




Fig. 6. — Gnath. Wolfi. — Labre. 



GENRE NOUVEAU DE LA S.-TRIBU DES RIBAUTIINA 113 




FiG 7. — Gnaih. Wolfi. Première mâchoire. (La réliculation du coxôsternum n'a pas été 
dessinée.) 




FiG 8. 



— Gnath, Wolfi- — Deuxième mâchoire. (Parties droite et médiane.) 



114 H. RIBAUT 

Forci pules dépassant le bord frontal. Griffe non crénelée, 
munie à la base d'une forte dent. Articles intermédiaires et 
fémur dentés sur le côté interne au niveau du fond de la cavité 




FlG. 9. — Gnath. Wolfl Forcipules. 



articulaire. Le bord inlerne du fémur est en outre bisinué en 
arrière de la dent. Fémur à côtés presque parallèles, allongé, 
plus long du côté interne que large à la base. Coxoslernum à 
bords parallèles sur presque toute leur étendue, incurvés seule- 
ment à la base. Partie ventrale des pleures très étroite. Alabase 
se trouve un rudiment de ligne cliitineuse située dans la goût- 



GENRE NOUVEAU DE LA S.-TRIBU DES RlBAUTItNA 115 
tière pleurocoxale. Les hanches sont étroitement appliquées 
l'une contre l'autre (leur limite interne s'aperçoit par transpa- 
rence). La surface ventrale des forcipules est parsemée de gros 





FlG. il. — Gnath. Wolfi Extrémité 
postérieure, face dorsale. 

points et garnie d'une courte pilo- 
sité assez abondante. Tergite forci- 
pulaire étroit, à côtés droits et con- 
vergents, laissant voir entièrement 
en dessus le bord des pleures for- 
cipulaires. 

Tergites bisillonnés , presque 
glabres. Sternites lisses, presque 
glabres ; dans le tiers antérieur du 
corps, ils sont creusés d'un large 
sillon médian qu'accompagnent 
deux fossettes latérales peu distinc- 
tes ; le sillon médian, après avoir 
disparu, réapparaît sur les 7 ou 8 derniers sternites. 

Pleures du type pachymérien, c'est-à-dire : rangée 1 et 2 
complètes, mais 2 a non séparé du présternite ; rangée 3 repré- 
sentée par 3 p et 3 y, rangée 4 par 4 y seulement. Stigmates 
ronds sur toute l'étendue du corps. Dernier pleurite stigmati- 
fère séparé du tergite correspondant. 



postérieure, face ventrale. (La pilo- 
sité n'a pas été dessinée.) 



116 H. RIBAUT 

Segment terminal. — Pas de pleurite contre le prétergite. 
Sternite à peu près aussi long que large à la base, en trapèze. 
Présternite paraissant beaucoup plus large que le sternite par 
suite de la persistance jusqu'au segment terminal de la partie 




Fig. 12. — Gnath americanum. Labre. (La réticulation de la zone prélabiale n'a pas été dessinée, 
mais l'emplacement des deux zones lisses est indiqué.) 

externe correspondant au pleurite '2 a. Pattes beaucoup plus 
longues que les précédentes, renflées chez le mâle, grêles chez 
la femelle, munies chez le mâle, en outre des longs poils, d'une 




Fig. 13. — Gnath. americanum. Première mâchoire. 

pilosité courte et dense, qui fait défaut chez la femelle. Hanches 
très peu renflées, percées d'une quinzaine de pores. La partie 
poreuse occupe les 3/4 antérieurs des faces ventrale et externe. 
Pas de pores en dessus. Dernier article dépourvu d'ongle, à 
peu près de même longueur que le précédent chez le mâle, 
plus long chez la femelle. 

Appendices génitaux du mâle biarticulés. 

Des pores anaux. 




SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à l'ancienne 
Faculté des Lettres, 47, rue de Rémusat % 

les *J* r et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 m * mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 

MM les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



SOMMAIRE 

Despax. — Un cas d'hermaphroditisme apparent chez 

l'écrevisse 85 

J. Chalande.' — Nouvelle espèce française du genre 

Geophilus 87 

F. Vincens. — Observations sur Zaghouania Phillyrese Pat. 92 
A. de Montlezun. — Matériaux pour servir à l'étude des 

os péniens des mammifères de France 96 

— «Notes relatives à quelques oiseaux rares' capturés dans 

le département de la Haute-Garonne pendant l'année 1910. 102 
H. Kibaut. — Sur un genre nouveau de la sous-tribu des 

Ribautiina Brcil. (Myriopoda-Geophilomorpha; 1U"> 




L MAR 212 





SOCIÉTÉ 

D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE. 



TOME QUARANTE-TROIS. — 1910 



BULLETIN TRIMESTRIEL. - N° 4, 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE SEBILLE 

2, RUR ItOMIGUlÈRËS 2. 

1910 

Siège de "la Société, 17, rue de Rémusat 




Elirait du règlement de la Société d'Ilisloire Naturelle de Toulouse 

Art. I er . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches e. 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux science» naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consti- 
ution géologique, la flore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections'., & Musé° d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent lire présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. il. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
•ont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
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Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2« Vice-présidents; Secrétaire -général ; Trésorier ; l* r et 2« Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au. 31. L'élection des membres du Bureau, d i Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Président est nommé pour deux année», les autres 
memnres pour une année. Les Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Conseil et. du Comité peuvent seuls être 
réélus imméliatement dans les mêmes fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premier mercredi après le 15 novembre, etont lieu tous les 1 er et 3« 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi de juillet inclusivement. 

Art. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous te titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinions scientifiques. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
signature de l'auteur. • 

Al 42. Olui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir d-s tirages à part, des réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Art. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui adresser les 
échantillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 52. En ci s de dissolution, tes diverses propriétés de la «'(Si*, 'Sf»#s 
<i*»«t dm droit à .» ville de Tu«io%u. 



GENRE NOUVEAU DE LA S. -TRIBU DES RIBAUTI1NA 117 
Un exemplaire recueilli à Lyons-la-Forêt (Eure) par Brôle- 

mann, 10, VII, 99. — Sommet du Puy-de-Dôme, sous les 

pierres, dans la pelouse, ç? et 9, 1> VIII, 10. 



. ^_^ 




Fig. 14. — Gnath. americanum. Deuxième mâchoire. 



Gnathomerium Wolfi n. sp. 

9 49 paires de pattes. Longueur 14 millimètres, lar- 
geur mm 55. 

Forme générale du corps, écusson céphalique comme chez 
inopinatum. 

Antennes, à articles courts, le cinquième aussi large que 
long. 

Zone prélabiale, labre, mandibules comme chez inopinatum. 

Palpes moins épais que chez l'espèce précédente; réticulation 
du coxosternum légère et uniforme. 

Deuxième mâchoire comme chez inopinatum, sauf les 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIII). 10 



118 



H. RIBAUT 



différences suivantes : le fémur est moins allongé, la duplica- 
ture du bord externe du coxosternum moins étendue, la partie 
interne réticulée du coxosternum représentant le pleurite est 
plus large, se dilate eu arrière et dépasse en arrière l'épaissis- 




/■_. 




Fig. 15. — Gnath. americamtm. Foivipules. 



sèment de l'angle postérieur qui est arrondi. La bande de soies 
courtes parallèle au bord externe n'existe pas. 

Segment forcipulaire comme chez inopinalam, sauf que les 
bords du coxosternum ne restent parallèles que sur une faible 
longueur (t/4 environ) et que les hanches ne se touchent qu'en 
avant, leurs bords internes (rus par transparence) divergent 



GENRE NOUVEAU DE LA S. -TRIBU DES RIBAUTIINA 119 
fortement vers l'arrière, dessinant un V renversé sur le milieu 
du coxosternum. De plus, le fémur est plus trapu, moins long 
sur son bord interne que large à la base. 

Tergites bisillonnés, presque glabres. Sternites marqués 




Fig. 16. — Gnath. americanum. Extrémité postérieure, face ventrale. 



d'un sillon médian profond sur toute la longueur du corps, 
sauf sur quelques segments postérieurs. 

Pleures du type pachymérien. Stigmates ronds. Dernier 
pleurite stigmatifère séparé du tergite. 

Segment terminal. — Pas de pleurite contre le prétergite. 
Sternite à peu près aussi long que large à la base, en trapèze. 



120 II. RIBAUT 

Pas de pleurite 2 a, de sorte que le présternite, réduit à lui- 
méine, esl à peine plus large que le sternite en avant Pattes 
terminales beaucoup plus longues que Ks précédentes et pres- 
que aussi grêles (chez la 9) > P as de courte pilosité en dessous. 
Hanches un peu renflées, leur bord externe visible en dessus 
sur toute sa longueur. Pores distribués comme chez l'espèce 
précédente. Dernier article plus long que le précédent et muni 
d'un ongle aussi développé que ceux des pattes ambulatoires. 

Des pores anaux. 

Un exemplaire trouvé dans le massif du Haardt(l).' près de 
Neustadt (Rheinpfalz), par le D r E. Wolf, VI, 05 (Sencken- 
bergisches Muséum). 

Gnathomerium americanum n. sp. 

9 47 paires de pattes. Longueur 28 millimètres, largeur 1 mm . 

Corps non rétréci en avant, beaucoup moins brusquement 
atténué en arrière que chez les espèces précédentes. 

Ecusson céphalique comme chez inopinatum. 

Antennes à articles allongés ; au cinquième, le rapport de la 
longueur à la largeur est 1,5. 

Zone prélabiale plus large .|ue longue, séparées des pleures 
céphaliques, munie de 2 poils postantennaires ; en arrière de 
ceux-ci, de 7 poils en série transversale ; plus en arrière, de 3 
poils en série longitudinale. Les deux plages lisses contre le 
labre sont extrêmement réduites. 

Labre, mandibules, palpes de la première mâchoire comme 
chez inopinatum. 

Coxosternum de la premier.) mâchoire réticulé seulement 
sur une bande longitudinale médiane. ' 

Structure de la deuxième mâchoire participant à la fois de 
celle de inopinatum et de celle de Wolfi L'allongement du 



(1) Cette indication de provenance est peut-ett e erronée, comme 
e l'ai dit plus haut. 



GENRE NOUVEAU DE LA S.-TRIBU DES RIBAUTIINA 121 

fémur est intermédiaire, le développement des pleurites et la 
forme de l'angle postéro externe du coxosternum sont comme 
chez Wolfi. La bande de soies courtes le long du bord externe 
existe comme chez inopinatum. 

Segment forci pulaire comme chez inopinatum. 

Tergites bisillonnés, presque glabres. Un sillon médian pro- 
fond sur les sternites 2 à 17 et sur les 12 derniers (y compris 
celui du segment terminal). Les 
sternites de la région moyenne sont 
plans. Les 15 premiers sont éparse- 
ment ponctués, les autres lisses. 

Pleures du type pachymérien. 
Stigmates ronds. Dernier pleurite 
stigmatifère séparé du tergite. 

Segment terminal. — Pas de 
pleurite contre le prétergite. Ster- 
nite, présternite et pleurite 2 a 
comme chez Wolfi. Pattes termi- 
nales beaucoup plus longues que 

, , , , , ( , . . > Fig. 17. — Gnath. amerieanum. 

les précédentes, notablement ren- Extrémité postérieure, face 

n , . , ,, dorsale. 

nées, munies en dessous dune 

courte pilosité assez dense (9)- Hanches comme chez inopi- 
natum, mais pores moins nombreux. Dernier article un peu 
plus court que le précédent, muni d'un ongle moins développé 
que ceux des pattes ambulatoires. 

Des pores anaux. 

Un exemplaire trouvé à Beaufort (Caroline du Nord) par 
A. Reichardt, IX, 1903 (Senckènbergisches Muséum). 

En 1909 Attems et Brôlemann, chacun de leur côté, onj 
isolé, dans les Geophilidœ, un groupe défini par un même 
caractère tiré de la forme du coxosternum de la deuxième 
mâchoire Attems a assigné à ce groupe la valeur d'une sous, 
famille (Cfhilenophilinœ), tandis que Brôlemann l'a envisagé 
comme constituant simplement une sous-tribu (Ribautiina) m 
Pour l'instant mes préférences vont à la conception de Brôle- 




122 H. RIBAUT 

mann. Aussi est-ce le nom de Ribautiina que je dois adopter 

pour désigner le groupe en question. 

Le caractère qui a servi à ces deux auteurs pour délimiter 
les Ribautiina est double. Il consiste : 1« dans l'existence de 
deux épaississements chitineux symétriques du coxosternum de 
la deuxième mâchoire, occupant à peu près tout l'espace com- 
pris entre les angles postéro-externeset les pores métamériques ; 
2° dans la dissociation complète ou à peu près complète du 
coxosternum en deux portions symétriques. La, découverte des 
formes comprises dans le genre Gnatkomerium nous oblige 
à restreindre cette définition en. la limitant au premier carac- 
tère. Nous nous trouvons, en effet, en présence d'un coxoster- 
num non divisé, bien que la seule place que puisse occuper ce 
genre soit la sous-tribu des Hibautiina. D'autre part, la disso- 
ciation du coxosternum est tout à fait douteuse chez certaines 
espèces, Gnathoribautia agricola par exemple, qui présente 
entre les coxoïdes, en avant, une plage réticulée qui peut aussi 
bien être considérée comme la zone de fusion de ces organes. 
Enfin les coxoïdes sont dissociés dans le genre de Eurytion, 
qui cependant se trouve fort bien placé dans les Geophilina. 
Il convient d'ajouter que, dans l'état actuel de nos connais- 
sances, le premier caractère est suffisamment net pour ne lais- 
ser subsister aucun flottement dans la délimitation du groupe. 
Je définirai donc de la manière suivanie la sous-tribu des 
Ribautiina : 

Soudure des hanches de la deuxième mâchoire aux régions 
pleurosternales très distincte sur presque toute son étendue, 
représentée par une bande fortement chinitisée plus épaisse 
que le reste du coxopleurosternum et qui semble résulter de 
l'empiétement du bord antérieur du pleurosternum sur le 
bord postérieur de la hanche. La surface du coxopleuroster- 
num présente le long de la soudure une dénivellation brusque 
correspondant au bord antérieur du p'eurosternum. La suture 
coxopleurosternale est toujours peu inclinée sur l'axe du corps 
(pas plus de 45°). 



GENRE NOUVEAU DE LA S.-TRIBU DES RIBAUTIINA 123 

La séparation des genres peut être établie, pour le moment, 
en se basant sur les caractères suivants : 

1° Nombre d'articles des pattes terminales. 

2° Développement des pièces latérales du labre. 

3° Degré de dissociation du coxosternum de la deuxième 
mâchoire. 

4° Prolongement de l'angle distal interne des hanches de la 
deuxième mâchoire. 

5° Prolongement de l'angle distal externe du tibia de la 
deuxième mâchoire. 

6° Développement des palpes de la première mâchoire. 

7o Présence ou absence de champs poreux. 

8 J Présence ou absence d'aire clypéale poreuse. 

J'estime qu'il faut la sser complètement de côté, pour les 
coupes génériques, le caractère tiré de la présence d'aire clypéale 
réticulée, qui ne consiste qu'en une diminution de la dimen- 
sion des éléments polygonaux de la réticulation générale de la 
zone prélabiale et dont les limites, et même l'existence, sont 
souvent extrêmement douteuses. 11 n'en est pas de même de 
l'aire clypéale poreuse. 

Dans la sous-tribu des Ribautiina les genres suivants ont été 
rangés soit par Attems soit par Brôlemann : Chilenophilus 
Att., Polygonarea Att., Alloschizotœnia Brôl. (syn. Schizo- 
tœnia Gook, dans Attems), Proschizotœnia Silv., Ribautia 
Brôl., Gnathoribautia Brôl. A ces genres il faut joindre les 
nouveaux genres Gnathomerium, dont il a été question dans 
cette note, et Braehygonarea que je sépare du genre Polygo- 
narea Att., par suite de l'absence de champs poreux et du 
prolongement de l'angle distal externe du tibia de la deuxième 
mâchoire ; enfin le sous-genre Arctogeophilus Att., que 
j'élève au rang de genre et dont la place dans cette sous-tribn 
n'est pas douteuse si l'on s'en rapporte à la figure de la deuxiè- 
me mâchoire donnée par l'auteur. 



121 II. RIBAUT 



Clef dichotomique des genres. 

1 (4). — Pattes terminales avec un huitième article à la place 
de l'ongle. 

Hanches de la deuxième mâchoire non soudées au milieu. — 
Pièce médiane du labre entre les pièces latérales. — Tibia de la 
deuxième mâchoire non prolongé à l'angle distal externe. — 
Pas de prolongement en lobe au bord postérieur des sternites. 

2 (3). — Pas de champs poreux. — Angle distal interne 
des hanches de la deu'xième mâchoire non prolongé. — 
Première mâchoire avec palpe au fémoroïde. 

Alloschizotaenia Brol. 
(type : Schizotœnia minuta Silv.). 

-3 (2). — Des champs poreux. — Angle distal interne 
des hanches de la deuxième mâchoire prolongé. — Pre- 
mière mâchoire sans palpes. 

Proschizotaenia Silv. 

4 (l). — Pattes terminales avec un ongle de forme normale 
ou sans ongle, mais 7 articles. 

5 (10). — Pièces latérales du labre se touchant au milieu 
en avant et, par suite, entourant aussi bien en avant que 
par côté la pièce médiane. 

Angle distal interne de la hanche et angle distal externe 
du tibia de la deuxième mâchoire non prolongés. 

6 (7). — Des champs poreux. — Une aire clypéale 
poreuse. — Hanches de la deuxième mâchoire entière- 
ment séparées. — Sternites antérieurs avec un prolon- 



GENRE NOUVEAU DE LA S.-TRIBU DES RIBAUTIINA 125 
gement en lobe au bord postérieur. — Palpes rudi- 
mentaires. 

Télopodite de la deuxième mâchoire triarticule. 

Chilenophilus AU. 

7 (6). — Pas de champs poreux. — Pas d'aire cly- 
péale. — Hanches de la deuxième mâchoire réunies 
•en avant sur une étendue relativement assez grande. — 
Sternites sans prolongement au bord postérieur. — Pal- 
pes très développés. 

8 (9). — Télopodite de la deuxième mâchoire qua- 
driarticulé. 

Arctogeophilus Att. 
(type : Geophilus (Arctogeophilus) glacialis Att.) 

9 (8) — Télopodite triarticule. 

Gnathomerium n. gen. 

10 (5). — Pièces latérales du labre entièrement séparées par 
la pièce médiane. 

Télopodite de la deuxième mâchoire triarticule. — Sternites 
sans prolongement en lobe au bord postérieur. 

11 (12). — Une ou plusieurs aires clypéales poreuses. — 
Angle distal interne des hanches de la deuxième mâchoire 
non prolongé. 

Pas de champs poreux. — Palpes très développés. — 
Angle distal externe du tibia de la deuxième mâchoire 
prolongé et fortement chitinisé. 

Gnathoribautia Brôl. 

12 (11). — Pas d'aire clypéale poreuse. — Angle distal 
externe des hanches de la deuxième mâchoire prolongé. 



126 H. RIBAUT 

13 (14). — Pas de champs poreux. — Angle distal 
externe du tibia de la deuxième mâchoire prolongé et for- 
tement chitinisé. 

Brachygonarea n. gen. 

14 (13). — Des champs poreux. — Angle distal 
externe du tibia non prolongé. 



15 (16). — Des palpes. 



16 (15). — Pas de palpes. 



Polygonarea Att. 



Ribautia Brôl 



Avril 1911. 




COMPTES RENDUS DES SEANCES 



Séance du 19 janvier 1910. 

Présidence de M. Abelous, président. 

M. de Lary de Latour, présenté par MM. Dop et Vincens, 
est admis comme membre titulaire, 

M. Paul Dop étudie la distribution des espèces méditerra- 
néennes immigrées dans les zones de faible altitude des Pyré- 
nées de l'Ariège et de la Haute-Garonne. Il montre que ces 
espèces jalonnent exactement les bandes calcaires d'Ùssat-Ta- 
rascon, du Plantaurel et des Petites-Pyrénées. Il pense que la 
persistance de ces espèces sous un climat qui n'est pas le leur, 
est due à la grande sécheresse des sols calcaires. 

M. Vincens rend compte de ses Observations sur les mœurs 
et Vinstinct d'un insecte hyménoptère : Nitela spinolai. 
Il montre comment il a pu amener l'insecte à renouveler des 
actes qui normalement ne devaient être accomplis qu'une fois. 
Il compare ces observations à celles faites par H. Fabre sur les 
Chalicodomes et dont les résultats furent tout différents. 

Alors que les Chalicodomes se montrent incapables de re- 
prendre l'approvisionnement d'un nid quand cet approvisionne- 
ment est achevé, le Nitela le reprend avec soin. De jeunes 
Chalicodomes se laissent mourir sous une enveloppe de papier 
plutôt que de recommencer le travail de forage qu'elles ont dû 



II COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

faire pour sortir de leur cellule de terre ; un jeune Nitela perce 
une enveloppe semblable alors qu'il venait de faire tout ce qui 
était normalement suffisant pour sa délivrance. De plus, un 
Nitela reconstruit à deux reprises l'opercule du nîd que l'on 
détruit après qu'il est achevé. 

Ainsi, M. Vincens ne croit pas devoir accepter la généralisa- 
tion à tout le monde des insectes des conclusions de Fabre, con- 
clusions qui tendraient à démontrer que l'automatisme des 
actes instinctifs est tel que Pinsecte est incapable de «remonter 
son courant psychique » pour renouveler l'acte qui vient d'être 
accompli, s'il ne doit s'y livrer qu'une fois en sa vie. 



Séance du 2 février 1910. 

Présidence de M. Abelous, président. 

M. Despax fait la communication suivante sur le régime 
d'un Pic épeiche : 

Le 11 août 1909, ayant tué un Pic épeiche (Picus major), 
j'ai eu l'idée de rechercher les insectes que cet oiseau avait pu 
manger ; on sait que les Pics de nos régions sont regardés 
comme des insectivores déterminés et qu'ils sont protégés à ce 
titre par les arrêtés préfectoraux réglementant la chasse dans 
nos départements. 

Je ne trouvais pas ce à quoi je m'étais attendu. 

A côté d'une bouillie de très petits insectes entièrement dis- 
loqués et que leur état ne m'a pas permis de déterminer, se 
voyaient de nombreux débris dont l'origine végétale n'était pas 
douteuse. Ils formaient environ les neuf dixièmes du contenu 
stomacal. 

J'ai cherché plus tard à savoir quelle était la nature exacte de 
ces débris; leur aspect joint au fait que l'oiseau avait été tué 



COMPTES RENDUS DES SEANCES III 

dans un bois de chênes me fît croire que c'était des morceaux 
de glands. 

Des coupes faites dans ces débris, examinées au microscope 
et comparées avec d'autres coupes faites dans des glands, ne me 
montrèrent que des différences extrêmement faibles dues proba- 
blement à un commencement de digestion. 

Ce Pic épeiche avait donc fait un repas en très grande partie 
végétarien et dont les glands, à l'exclusion de tout autre graine, 
avaient fourni la base. 

Ce fait ainsi isolé ne peut avoir qu'un intérêt très minime. 
Il montre seulement que chez quelques oiseaux insectivores le 
régime est peut-être plus éclectique que ne le croient certains 
auteurs. Deyrolle, par exemple, dans son petit livre des Oiseaux 
de France, dit que certaines espèces de Pics consomment des 
baies et des graines de sapin en hiver, mais de façon excep- 
tionnelle. 

D'autre part, ce goût du gland serait partagé par un autre 
Pic, le Melanerpes formicivorus ou Pic californien qui, dans 
l'Amérique du Nord, ferait des provisions de glands dans le 
creux des arbres. Notre Pic us major ne serait donc pas le seul 
à ajouter quelques féculents à son régime d'insectivore. 

Je dois ajouter qu'une espèce très voisine, quoique de taille 
plus petite : Picus rninor (Pic épeichette), tué quelques jours 
plus tard dans la même localité, ne m'a montré que des insectes 
dans son contenu stomacal. 



Séance du 2 mars 1910. 

Présidence de M. Abelous, président. 

M. le docteur Maurin, présenté par MM. Aloy et Ribaut, 
est admis comme membre titulaire. 

M. Mengaud fait une communication sur le Tertiaire de la 
province de Santander. 



IV COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

Les dépôts de cet âge se présentent le long de la côte dans deux 
bassins synclinaux isolés. 

I " Celui de San Roman, de dimensions exiguës, à l'Ouest et 
tout près de Santander. 

2° Celui de San Vicente de la Barquera, plus étendu, à 
60 kilom. environ à l'Ouest de Santander, sur les limites de la 
province d'Oviedo (Asturies). 

Ce dernier a surtout fourni des documents abondants et inté- 
ressants. 'Le Nummulitique y est bien développé et riche en Fo- 
raminitères qui ont permis de reconnaître les .niveaux sui- 
vants (1). 

Lutétien. — Au-dessus de grès sans fossiles se développe 
une série de calcaires gréseux qui débutent par des couches à 
Nummulites atacicus, Alvéolines, Flosculines et Milioliles. 
Quelques bancs renferment des algues calcaires du groupe 
des Corallines, comme on en trouve dans le tertiaire inférieur 
de Mancioux et Boussens (Petites Pyrénées). 

Viennent ensuite des bancs remplis d'Assignés, d'Ortho- 
phragmina et de Nummulites variées : Num. atacicus Ley m., 
N. aturicus Joly et Leym. [perforatus des auteurs), N. lœci- 
gaius Lamk., etc. Parmi elles, on rencontre une variété très 
grande (plus de 6 centimètres de diamètre parfois) de Num. 
complanatus Lamk, c'est Num. Columbrensis de de Verneuil. 
Le Lutétien se termine par des grès tendres, gris clair, très pau- 
vres en fossiles. 

Eocène supérieur (Auversien, Bartonien). — Série de 
conglomérats, grès et marnes rouges constituant des sédiments 
détritiques formés aux dépens des couches antérieures (crétacé 
et tertiaire inférieur). 

On y trouve le couple Nummulites contortus Desh. et N. 
striatus d'ORR., qui permet de déterminer l'âge éocène supé- 
rieur de ces couches. 



(1) Une communication plus détaillée a été faite à la Société géo- 
logique de France dans sa séance du lundi 7 février 1910. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES V 

Oligocène — Cet étage est formé par un nouvel ensemble 
de poudingues, grès et marnes rouges reposant sur les cou- 
ches précédentes. C'est le second niveau détritique bien net. 

A la base abondent Nummulites i7itermedius d'ARCH. et 
N. Fichteli, Michelotti; au sommet on trouve de nombreuses 
Lépidocyclines (surtout Lep. dilatata Michelotti). Dans la 
partie terminale on voit s'intercaler dans les marnes, (à l'em- 
bouchure du petit ruisseau de Bederna sur la côte à l'Est de 
San Vicente de la Barquera) quelques minces lits de lignite. 

Aquitanien. — Marnes^ rougeâlres et grises avec petits 
bancs gréseux renfermant seulement des Lépidocyclines sans 
Nummulites. On y rencontre aussi des Gastéropodes (Cérithes, 
Dentales, etc.) et des Polypiers. Dans l'ensemble, la faune est 
très analogue à celle de St-Géours de Maremne et de Peyrère 
entre Dax et Bayonne. 

L'Eocène supérieur, YOligocène et VAquitanien étaient 
encore mal connus, sinon inconnus, dans cette région. Il paraît 
intéressant à l'auteur d'indiquer encore les étroites ressem- 
blances du Tertiaire de la province de Santander avec celui de 
Biarritz et du bassin de TAdour d'abord, ensuite avec le Num- 
mulitique des Petites Pyrénées, de la iMontagne Noire et de la 
Catalogne. 



Séance du 16 mars 1910 

Présidence de M. Abelous, président 

M. Comère fait don à la Société de son travail intitulé : 
Essai sur la classification des algues. 

M. Maurin exrose ses recherches sur les Origines et varia- 
tions du sulfocyanate de potassium dans la salive humaine 
et en communique les résultats : 



VI COMPTES RENDUS DES SEANCES 

I " Le sulfocyanate de potassium se retrouve toujours dans 
la salive mixte de l'homme, mais à des doses variant avec l'ali- 
mentation, les maladies et les médicaments ; 

2° Une alimentation riche en hydrates de carbone et en 
graisses, mais pauvre en matières albuminoïdes, n'amène la 
production que de 10 à 12 centigrammes par litre ; 

3° Une alimentation composée presque exclusivement de 
matières albuminoïdes donne, au contraire, une dose bien 
supérieure (en moyenne 20 centigrammes par litre) ; 

4° L'absorption de composés pouvant se transformer dans 
l'organisme en acide sulfocyanique (soufre, hyposulfite, sulfo- 
urée, cyanate de sodium) ne donne lieu à aucune augmentation 
de sulfocyanate de potassium salivaire ; ■ 

5° Toutefois, l'absorption de matières alimentaires riches en 
soufre (choux, cresson, œufs, etc.), exalte sa production, qui 
peut atteindre jusqu'à 30 centigrammes par litre ; 

6° Le sulfocyanate de potassium a donc son origine dans le 
soufre des matières albuminoïdes alimentaires ; 

7° Sa synthèse dans l'organisme semble être précédée par 
celle de composés sulfurés plus complexes, tels que la cystine, 
la cystéine, la sulfo-urée, dont il serait le terme ultime de 
décomposition ; 

8° La quantité de sulfocyanate de potassium varie avec les 
différents états pathologiques. Diminuée dans les maladies 
cachectisantes comme la tuberculose, le cancer, et dans cer- 
taines infections comme la fièvre typhoïde et la diphtérie, elle 
est, au contraire, sensiblement augmentée dans les affections 
dues au ralentissement delà nutrition (goutte, obésité, rhuma- 
tisme chronique) et surtout dans les névroses, épilepsie, hys- 
térie et particulièrement dans le goitre exophtalmique où nous 
avons pu trouver le chiffre de gr. 60 par litre ; 

9° Certains médicaments produisent aussi des variations, 
mais en relation, semble-t-il, avec leurs effets thérapeutiques. 
Les toniques, les hypnotiques, analgésiques, antithermiques 
augmentent &a proportion. Elle est, au contraire, diminuée par 
les antiseptiques intestinaux, les purgatifs, les diurétiques. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES VII 

Séance du 4 mai 1910. 

Présidence de M. Abelous, président. 

M. Mengaud fait une communication sur les moraines et 
les terrasses des environs de Folx et de Saint -Girons. 

Vallée de l'Ariège. — Entre Tarascon et Foix se mon- 
trent deux formations glaciaires qui passent à des terrasses de 
l'Ariège bien caractérisées topographiquement. 

La plus élevée de ces terrasses se montre nettement sous 
Garrabet à 1 kilomètre au nord de Mercus, puis se développe 
entre Saint-Paulet iSaint-Paul-Saint-Antoine), Montgaillard et 
Foix. Elle est constituée par des blocs de toute taille, quelques- 
uns énormes. Fréquemment les éléments ophitiques et grani- 
tiques qu'elle renferme sont altérés, les granités passant, au 
moins en partie, à l'état d'arènes. Dominant l'Ariège de 70 à 
75 mètres à Garrabet, elle atteint vers l'aval (environs de Foix 
et Vernajoul") un niveau à peu près constant de 50 à 55 mè- 
tres au-dessus du lit actuel de la rivière. 

La deuxième terrasse d'abord élevée de 30 à 35 mètres près 
de son origine, s'abaisse ensuite vers Foix à 15-20 mètres et se 
maintient à peu près à ce niveau vers l'aval (Saint- Jean-de- 
Verges). Elle se raccorde nettement entre Mercus et Arignac, 
sur la rive gauche de l'Ariège, à une ancienn ■ moraine dont les 
éléments ne sont pas altérés, et où les vallums se montrent 
encore conservés (environs d' Arignac). 

On peut assimiler cette dernière moraine à celle de Labro- 
quère (Haute-Garonne) et la considérer comme datant de la 
dernière glaciation pyrénéenne (Wùrmien de Penck); le ni- 
veau le plus élevé daterait de la glaciation précédente (Rissien). 

Dans la vallée de la Garonne, Boule, puis Obermaier ont 
clairement indiqué et décrit les niveaux de 50 mètres et de 
15 mètres. Ce dernier renfermant des restes de mammouth 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XLIII). 11 



VIII COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

(Elephas primigenius), se raccorde à la moraine de Labro- 
quère. 

Les deux systèmes de terrasses ont été suivis par Savornin 
{Bull, du serv. de la Carte géol. de F?*., 1905-1906), dans la 
basse vallée de l'Ariège en aval de Saint-Jean-de- Verges. 

Vallée du Salât. — Les environs de Saint-Girons ont aussi 
donné lieu à des observations intéressantes, mais cette fois sur 
du glaciaire plus ancien que celui de la vallée de l'Ariège. 

Entre 160 et 200 mètres au dessus du niveau actuel du Sa- 
lât (620 540 mètres d'altitude) on trouve à l'Est et au Nord de 
Saint-Girons des plateaux dont la surface est recouverte de 
cailloutis et de limons jaunes ou orangés. Les galets sont uni- 
quement quartzeux et les limons résultent de la décomposition 
sur place d'éléments granitiques, quelques-uns d'assez grande 
taille. De-ci, de-là, on trouve des blocs erratiques de poudin- 
gues permiens siliceux, de couleur violacée, certains d'en- 
tr'eux atteignant des volumes compris entre 1 et 2 mètres cu- 
bes. Il y a lieu de rapprocher ces dépôts glaciaires ou fluvio- 
glaciaires anciens de ceux bien connus du Lannemezan avec 
lesquels ils présentent de grandes analogies. 

Un niveau plus inférieur se montre en face de Saint-Lizier 
sur la rive gauche du Salât, au bois de Montfort. Ici les très 
nombreux blocs erratiques toujours formés de quartz et de pou- 
dingues permiens à 90-100 mètres (ait. 480 mètres) au-dessus 
du Salât (385-380 mètres). Leurs dimensions, très variables, 
arrivent à atteindre 15 à 20 mètres cubes et leur transport gla- 
ciaire ne paraît pas douteux. 

De Lédar (rive gauche du Lez) à Monfort, au-dessous du petit 
plateau qui porte les blocs erratiques, se dessine une terrasse 
foit nette dominant le Salât de 35 à 40 mètres et où les galets 
granitiques se montrent souvent altérés. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES IX 

Séance du 18 mai 1910. 

Présidence de M. Abelous, président. 

M. Paul Dop expose Fétat actuel de nos connaissances sur 
l'origine des angiospermes. Jusqu'à ces dernières années, les 
botanistes ont accepté l'hypothèse d'Engler qui consiste à voir 
les Angiospermes primitives dans les groupes des Pipérales, 
des Amentifères et des Pandanales. Dans ces groupes, en effet, 
la fleur paraît être réduite à sa plus grande simplicité. Elle y 
est, en général, dépourvue de périanthe et elle ne comprend 
que quelques étamines et que quelques carpelles. Dans les Pi- 
péracées, par exemple (Piper nigrum), les fleurs se ramènent 
à deux étamines et à un carpelle uni-ovulé. 

Cette hypothèse a été pour la première fois combattue dans 
un magnifique volume publié en 1906 par Wieland, sous le 
titre : American fossil Cycads, Washington, vin-296 p. ; 
138 fig. et 51 pi. Les gisements de Black Hills, dans le Wyo- 
ming et le South Dakota, ont fourni à ce savant paléobotaniste 
des échantillons de premier ordre touchant l'histoire des Cyca- 
dées, des Cycadella et des Cycadoidea du Jurassique supérieur 
et de l'Infra-Crétacé. Les Cycadoidea sont particulièrement 
intéressantes ; identiques, en effet, aux Bennetites déjà étudiées 
par Lignier, elles offrent, par la structure de leur microsporo- 
phylles (frondes mâles), une analogie étroite avec les fougères 
du groupe des Marattiacées. Mais, chose plus remarquable, 
les inflorescences des Cycadoidea sont pour la plupart bisexuées ; 
la base du cône floral est constituée par la portion inférieure 
des frondes mâles et la zone supérieure et centrale du cône est 
occupée par un spadice femelle central. Wieland a pu. en 
outre, montrer que dans cette inflorescence bisexuée, il y avait 
protandrie, c'est-à-dire maturité des microsporanges antérieure 
à la maturité des macrosporanges. Timidement, Wieland a 
comparé cette inflorescence à la fleur hermaphrodite de quel- 



X COMPTES RENDUS DES SEANCES 

ques Angiospermes, des Liriodendron, par exemple, et il s'est 
demandé si les Cycadoidea ne pouvaient pas éclairer l'origine 
si obscure des Angiospermes. 

Plus récemment, Newell Arber et John Parkin, de l'Uni- 
versité de Cambridge, ont repris cette question dans un inté- 
ressant mémoire intitulé : On tJie origin of angiosperms Journ. 
of the Linnean Society, vol. 38, 1907-1909, p. 29. Ces auteurs 
ont adopté l'idée de Wieland en insistant sur ces faits que les 
Cycadoidea sont plus voisines des Angiospermes que des Cyca- 
dées et que les écailles qui enveloppent la base du cône floral de 
ces végétaux fossiles ont la valeur d'un périanthe primitif. 

A l'organe floral des Cycadoidea ils réservent le nom de 
Pro-anthostrolile et à la fleur des Angiospermes primitives, 
le nom d' ICn-anlhostrobile, ce dernier, défini par des micro- 
sporophylles transformées en étamines et des macrosporophylles 
évoluées en carpelles clos. La lacune qui sépare ces deux types, 
de strobiles serait comblée par des formes hypothétiques, ancê- 
tres directs des Angiospermes, les H émi angiospermes. 

Quoiqu'il en soit, les Cycadoidea semblent bien être la sou- 
che commune des Angiospermes primitives à périanthe formé 
de plusieurs pièces disposées en spirale, à nombreuses étamines 
et à nombreux carpelles également spirales. Ces derniers se 
rencontrent parmi les Dicotylédones, dans les Magnoliacées 
(surtout dans les deux tribus des Sclnzandrées et des Illiciées) 
dans les Renonculacées, les Xympliéacées et les Calycanlha- 
cées, et parmi les Monocotylédones dans les Alismacées et les 
Bulomacées. Un certain nombre d'arguments confirment cette 
hypothèse : 1° La graine des Cycadoidea est dépourvue d'endo- 
sperme et renferme un embryon dicotylédone ; 2° Certaines 
Magnoliacées, le Dry mis Winleri, par exemple, possèdent un 
bois dont la structure rappelle celui des Gymnospermes; 3° Les 
étamines des Magnoliacées offrent, par leur filet extrêmement 
court, leurs anthères longues et linacéesà apex stérile, un type 
primitif assez voisin de certaines frondes mâles de fougères. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XI 

M. F. Vincens signale les faits suivants qu'il a observés au 
Jardin botanique de Toulouse sur Phillyrea média atteint 
d'une rouille : le Zaghouania Phïllyrex Pat. 

Les teleutospores du Zaghouania qui n'ont été jusqu'ici ren- 
contrées qu'en Tunisie et en Corse, ont été très abondantes 
dans les sores à urédospores. Leur apparition au mois de mars 
a suivi celle des urédospores qui avait eu lieu fin février. Leur 
maximum d'abondance, en avril, coïncidait avec la naissance 
des jeunes rameaux du Phillyrea média. 

Les sporidies provenant de ces teleutospores ont germé faci- 
lement dans l'eau pure ; leur germination rappelle celle des 
urédospores. 

Les sores à urédospores et teleutospores se sont formées non 
seulement sur les feuilles, mais aussi sur quelques rameaux de 
un à quatre ans sur les portions hypertrophiées provenant de 
déformations secidiennes anciennes et dans lesquelles le mycé- 
lium vivace du parasite reste localisé. 

Les fructifications du Zaghouania (teleutospores et urédos- 
pores) ont été jusqu'ici introuvables, au Jardin botanique, sur 
Phillyrea angustifolia et Ph. latifolia dont certaines bran- 
ches se mêlent cependant à celles de Ph. média qui est forte- 
ment atteint. 



M. de Rey-Pailhade présente plusieurs mémoires de phy- 
siologie publiés en Angleterre. Tous les résultats expérimen- 
taux sont donnés sur thermomètre centigrade et en unités du 
système métrique, qui a conquis aujourd'hui tout le monde 
scientifique. 

La méthode décimale, qui s'employe dans d'innombrables cas, 
s'applique aussi au temps sur les graphiques de température, 
de pression, de tracés sur des papiers quadrillés au millimètre. 
C'est un emploi encore timide du temps décimal, obtenu en 
prenant pour les abscisses, dix millimètres pour un jour. Cet 
exemple montre bien l'effet de la puissance d'un principe, 



XII COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

autour duquel toutes les unités doivent former un faisceau 
harmonique et compact. 

La montre décimale est déjà employée en Franceet à l'étranger. 



Séance du 1 er juin 1910. 

Présidence de M. Abelous, président. 

M. de Rey-Pailhade, fait une communication sur le chi- 
misme de l'hydrogène alimentaire. 

L'auteur a montré l'année dernière, que chez l'homme avec 
la ration moyenne, on pouvait admettre que 20 grammes d'hy- 
drogène devaient subir l'oxydation avec de l'oxygène pris dans 
l'atmosphère. Il lui a semblé utile d'étudier les détails. 

Les graisses et les hydrates de carbone s'oxydent sans laisser 
de résidu ; les matières albuminoïdes donnent suivant les espè- 
ces des résidus fixes composés de guanine, d'acide urique ou 
d'urée. 

Quand on défalque de 1 gramme l'albumine, 1° de l'acide 
urique et 2° de l'urée, on trouve qu'il reste à comburer : 

Carbone hydrogène 

avec la production d'acide urique. 8r ,352 gr ,060 
— de urée 0,458 0,049 

Donc, les organismes faisant de l'acide urique utilisent sur- 
tout de l'hydrogène, et en* produisant de l'urée, on combure 
surtout du carbone. 

Les chaleurs produites sont respectivement pour 1 gramme 
d'albumine 

Oxygène 
Calories extérieur nécessaire 

en acide urique 4,17 1,33 

en urée 4,75 1 ,47 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XIII 

Séance du 16 novembre 1910. 
Présidence de M. Abelous, président. 

M. Barthe, présenté par MM. Mengaud et Boulet, est admis 
comme membre titulaire. 

Le D r Yrigoyen, président de la Société espagnole de mé- 
decine et de chirurgie (Saint-Sébastien), est nommé membre 
correspondant de la Société d'histoire naturelle de Toulouse. 

M. Comère fait don à la Société de son travail intitulé : 
Du rôle des alcaloïdes dans la nutrition des algues. 



Séance du 7 décembre 1910. 

Présidence de M. Abelous, président. 

Après vote conforme aux statuts, le Bureau est ainsi composé 
pour l'année 1911 : 



Président. 
Vice-président . 
Secrétaire général 
Secrétaire -adjoint 
Trésorier. . . 



M. Abelous. 

MM. Dop et Mengaud 

M. Bibaut. 

M. VlNCENS 

M. DE MONTLEZUN. 



Bibliothécaire-archiviste . M. de Lastic. 

Conseil d'administration : MM. Cabalp et Laromiguièbe. 

Comité de publication : MM. Chalande, Gabbigou, Jammes, 
Lamic. 

M. le Dr Mabty, présenté par MM. Chalande et Bibaut; 
MM. Bonnet, Ducos et Bbunet, étudiants à la Faculté des 
Sciences, présentés par MM. Dop et Vincens, sont admis 
comme membres titulaires. 



LISTE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES 

REÇUES PAR LA SOCIÉTÉ 



PUBLICATIONS FRANÇAISES (1) 

Revue scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France 

(Moulins). 
Mémoires de la Société des Sciences naturelles de Cannes. 
Bulletin mensuel de la Société centrale d'Agriculture, d'Horti- 
culture et d'Acclimatation de Nice et des Alpes-Maritimes. 
Biulletin de la Société ariégeoise des Sciences, Belles-Lettres 

et Arts (Foix). 
Mémoires de la Société académique d'Agriculture, des Sciences, 

Arts et Belles-Lettres de l'Aube (Troyes). 
Bulletin de la Société d'études scientifiques de l'Aude (Car- 

cassonne). 
Mémoires de la Société des Sciences et Arts de Carcassonne. 
Mémoires et procès-verbaux de la Société des Lettres, Sciences 

et Arts de l'Aveyron (Rodez). 
Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau. 
Bulletin de Ja Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la 

Haute-Vienne (Limoges). 
Bulletin de la Société de Géographie (Marseille). 
Bulletin de Lai Société linnéenne de Provence (Marseille). 

(i) Par ordre alphabétique -des départements. 



XVI LISTE DES PUBLICATIONS PERIODIQUES 

Mémoires de l'Académie nationale des Sciences, Belles-Lettres 
et Arts de Caen. 

Annales de lai Société des Sciences naturelles de la Charente- 
Inférieure (La Rochelle). 

Bulletin de la Société scientifique, historique et archéologique 
de la Corrrèze (Brive). 

Bulletin de la, Société des Sciences historiques et naturelles 
de Semur. 

Mémoires de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres 
de Dijon. 

Bulletins et mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du- 
Nord (Saint-Brieuc). s 

Mémoires de la Société d'émulation de Montbéliard. 

Bulletin de la Société d'émulation du Doubs (Besançon). 

Bulletin départemental d'archéologie et de . statistique de- la 
Drôme ((Valence). 

Bulletin de la Société académique de Brest. 

Travaux scientifiques du Laboratoire de Zoologie et de Phy- 
siologie maritimes de Concarneau. 

Mémoires »et icomptes rendus de la Société scientifique et 
littéraire d'Alais. 

Bulletin de la Société d'études des Sciences naturelles de 
Nîmes. 

Mémoires de l'Académie du Gard (Nîmes). 

Mémoires de la Société des Sciences physiques et naturelles 
de Bordeaux. 

Mémoires de la Société Linnéenne de Bordeaux. 

Bulletin de la Société de Géographie commerciale de Bordeaux. 

Mémoires de l'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles- 
Lettres (Toulouse). 

Journal d'Agriculture, publié par les Sociétés d'agriculture de 
la Haute-Garonne et du Tnrn (Toulouse). 

Compte rendu des Travaux des Facultés et des Observatoires 
(Toulouse). 

Bulletin de la Société Ramon (Tarbes). 



LISTE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES XVII 

BfuLIetin die lai (Société archéologique, scientifique et litté- 
raire die Béziers. 

Bulletin de la Société d'étude des Sciences naturelles de Béziers. 

Bulletin mensuel de l'Académie des {Sciences et Lettres de Mont- 
pellier, 

Blulletin (de l'Académie Delphinale (Grenoble). • 

Bulletin de la Société de statistique des Sciences naturelles et 
des Arts industriels du département 1 de l'Isère (Grenoble). 

Blulletin [die la! Société dauphinoise d'Etudes biologiques (Gre- 
noble). { 

Mémoires (de lai jSociété d'émulation du Jura (Lons-le-Saulnier). 

Bulletin (die la! Société de Borda (Dax). 

Annales de la Société d'Agriculture, Industrie, Sciences, Arts 
et Bielles-Lettres du département de la Loire (Saint-Etienne). 

Annales de la Société académique de Nantes et de la Loire- 
Inférieure. 

Bulletin de la Société des Sciences naturelles de l'Ouest de la 
France (Nantes). 

Mémoires de la Société d'Agriculture, Sciences, Belles-Lettres 
et Arts tl'Orléans. 

Mémoires de la Société des Sciences et Lettres de Loir-et- 
Cher (Biois), 

Bulletin de la Société des Etudes littéraires, scientifiques et 
artistiques du Lot (Gahors). 

Recueil des Travaux de la Société d'Agriculture, Sciences et 
Arts d'Agen. 

Bulletin de la/ Société d'Agriculture, Industrie, Sciences et Arts 
de la Lozère (Mende). 

Bulletin de la Société d'Etudes scientifiques d'Angers. 

Notices, mémoires et documents publiés par la Société d'Agri- 
culture, d'Archéologie et d'Histoire naturelle du départe- 
ment de la Manche (Saint-Lô). 

Mémoires de la Société nationale des Sciences naturelles et Ma- 
thématiques de Cherbourg. 



XVIII LISTE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES 

Mémoires de la Société d'Agriculture, Commerce, Sciences et 

\rls du département de la Marne (Châlons-sur-Marne). . 
Mémoires de la Société des Sciences et Arts de Vilry-le-François. 
Bulletin de la, Société d'Histoire naturelle (Reims). 
Mémoire de l'Académie Stanislas (Nancy). 
Bulletin de la Société des Sciences (Nancy). 
Société polymathique du Morbihan (Vannes). 
Bulletin de lai Société nivernaise des Sciences, Lettres et Arts 

(Ne vers). 
Annales de la Société géologique du Nord (Lille). 
Mémoires de la Société dunkerquoise pour l'encouragement des 

Sciences, des Lettres et des Arts (Dunkerque). 
Mémoires de la Société nationale d'Agriculture, Sciences et 

Arts centrale du département du Nord (Douai). 
Mémoires de la Société académique d'Archéologie, Sciences et 

Arts du département de l'Oise (Beauvais). 
Bulletin historique et scientifique de l'Auvergne (Clermont- 

Ferrand). 
Mémoires de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts 

de Clermont-Ferrand. 
Annales de la station limnologique de Besse (Clermont-Fer- 
rand). 
Annales de la Société d'Agriculture, Sciences et Industrie de 

Lyon. 
Mémoires de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts 

de Lyon. 
Annales de la Société Linnéenne de Lyon. 
Annales de la Société de Botanique de Lyon. 
Bulletin de la Société des Sciences naturelles de Tarare. 
Annales de l'Académie de Mâcon. 
Bulletin de lai Société d'Histoire naturelle de Mâcon. 
Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la 

Sarthe (Le Mans), 
Bulletin de la Société d'Jïistoire naturelle de Savoie (Chambéry). 
Bulletin et mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris. 



LISTE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES XIX 

Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des 

Sciences (Paris). 
Bulletin de la Société Botanique de France (Paris). 
[Bulletin de la Société Phi i orna thique de Paris. 
Feuille des Jeunes naturalistes (Paris). 
Bulletin de la Société Géologique de France (Paris). 
Annales de la Société entomologique de France (Paris). 
Speiunca (Paris). 
Recueil des publications de la (Société havraise d'Etudes diverses 

(Le Havre). 
Bulletin de la Société géologique de Normandie (Le Havre). 
Bulletin de la Société industrielle de Rouen. 
Bulletin de la Société des Amis des Sciences naturelles de 

Rouen. 
Mémoires de la Société des, Sciences naturelles et médicales de 

Seine-et-Oise (Versailles). 
Mémoires de l'Académie des Sciences, des Lettres, Arts, 

d'Amiens. 
Recueil de l'Académie des Sciences, >Belles-LeUres et Arts du 

Tarn-et-Garonne (M ontauban) . 
Bulletin de la Société d'Etudes scientifiques et archéologiques 

de Draguignan. 
Bulletin de la Société d'Histoire naturelle de Toulon. 
Annales de la Société d'émulation du département des Vosges 

(Epinal). 
Bulletin de la Société des Sciences historiques et naturelles 

de l'Yonne (Auxerre). 
Bulletin de la Société d'Etudes d'Avallon. 



PUBLICATIONS ÉTRANGÈRES (1) 

Neues Jahrbuch fur Minéralogie und Paléontologie (Stutlgard). 
Zeitschrift fur wissenschaftliche Insektenbiologie (Berlin). 



(i) Par ordre alphabétique de pays, 



XX LISTE DES PUBLICATIONS PERIODIQUES 

Botaoischer \Yivm der Provinz 'Brandenburg (Berlin). 

Mitteilungen ans derii aaturhistorischen Muséum: (Hamburg). 

Bulletin clo la Société, d'Histoire naturelle de Metz. 

Bulletin die la Société d'Histoire naturelle de Golmar. 

Quarterly Journal of the geological Society (London). 

Geological literature added to the geological society's Library 
(London). 

Transactions of the entomologicai ^Society London. 

Animal report of the geological commission (Cape-Town). 

Proceedings of the scientific meetings of the Zoological Society 
of London. 

Boletin de la Academia Nacional de Ciencias en CordoVa 
(Buenos-Ayres). 

Boletin del Instituto Geographico Argentino (Buenos-Aires). 

Revista Argentina de historia natural (Buenos-Aires). 

Annales du Musée du, Congo* (Bruxelles). 

Annales de la Société entomologique de Belgique (Bruxelles). 

Bulletin de la( Société Royale belge de Géographie (Bruxelles). 

Académie royale de Belgique. — Bulletin de la classe des 
Sciences (Bruxelles). 

Annales de la Société de Géologie de Belgique (Liège). 

Bulletin de la Société géologique de Belgique (Liège). 

Archivos del Museoi Nacional (Rio de Janeiro). 

The proceedings and transactions of the Nova Scolia (Ha- 
lifax). 

Institute of Sciences (Halifax, Nova Scotia). 

Actes do La Société scientifique du Chili (Santiago). 

Bulletin de l'Institut Egyptien (Alexandrie). 

Anales de la Sociedad espafbla de historia natural (Madrid). 

Boletin de la Sociedad espafiola de historia natural (Madrid). 

Boletin de la Sociedad geografica de Madrid. 

Proceedings of the United States National Muséum (Wa- 
shington). 

Pensylvania Geological Survey (Washington). 

U. S. département of agriculture (publications) (Washington). 



LISTE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES XXI 

Smithsonian institution. U. S. national Muséum (Washington). 
Transactions of the Wisconsin (Madison). 
United States Geological Survey Annual report (Washington). 
United States Geological Survey Bulletin (Washington). 
Missouri Botanical Garden. Annual ( report (Saint-Louis). 
Annals of the New-York. Academy of Sciences (New-York). 
Transactions of the New-York. Academy of Sciences (New- 
York). 
Transactions of the Connecticut Academy of Arts and Sciences 

(New-Haven). 
Proceedings of the Boston Society of natural history (Boston). 
Proceedings of the American Academy of Arts and Sciences 

(Boston). 
Geological and natural history survey of Minnesota (Minnea- 

polis). 
Proceedings of the Academy of natural sciences (Philadelphia). 
Proceedings of the Rochester Academy of sciences (Rochester). 
Contributions Pensylvania University. 
University of California publications (Berkeley). 
The university of Chicago. The décennal publications (Chicago). 
Proceedings of the Dovenport Academy (Dovenport). 
Bulletin of the State Laboratory of natural history, University 

of Illinois (Urhana). 
Bulletin of the Wisconsin Natural History Society (Milwaukee). 
Tufts collège studies (scientific séries). 
Bolletino del Laboratorio di Zoologja générale e agraria délia 

R. Scuola superiore d'Agricoltura (Portici). 
Atti délia Societa Italiana di scienze naturali (Milano). 
Memorie délia Societa italiana di Scienze naturali di Milano. 
Bulletino délia Societa entomologica Italiana (Firenze). 
Bolletino délia Societa; Zoofogica Italiana (Roma). 
Atti deir sacademia pcientifica Veneto-Trentinoi-Istriana (Padova) 
Atti délia Societa Toscana de Scienze Naturali (Pisa). 
Atti délia Societa dei naturalisa e matematici di Modena. 
Rendiconto délie sessioni délia R. Accademia délie Scienze dell' 

istituto di Bologna. 



lis II DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES XXII 

Memorie délia R. Academia délie Scienze dell' istituto di 
Bologna [sezione délie scienze naturali). 

The Journal ni" tlie geological socicty of Tokyo. 

Annotationes zoologk-ie Japon enses (Tokyo). 

Archives trimestrielles de l'institul Grand Ducal (Luxembourg)., 

Parergones del [nstituto Geologico de Mexico. 

Bolrliii del inslitulo geologico de ]\lexieo. 

Boletin del cuerpo de los Inginieros de las Minas del Pérù 
(Lima). 

Commission du Service Géologique de Portugal (Lisbonne). 

Annaes scicntificos da Academia polytechnica do Porto. 

Bulletin de la, Société Impériale des Sciences (Pétersbourg). 

Bulletin de l'Académie Impériale des Sciences de Saint-Péters- 
bourg). 

Bulletin de la Société Impériale des naturalistes de Moscou. 

Anales del Museo Nacional de San-Salvador. 

Acta societatis pro fauna et flora fennica (Helsingforsla?,). 

Entomologisk Tidskrift, utgifven af entomologiska Fôrenin- 
gen i Stockholm. 

Biulletin jpf tlie geological institution of tlie University of 
Upsala, 

Bulletin de la Société des Sciences naturelles de Neuchâtel. 

Bulletin de la^ Société Vaudoise des Sciences naturelles (Lau- 
sanne). 

Mémoires de la Société Fribourgeoise des Sciences naturelles 
de Fribourg. 

Revue de Glaciologie (Fribourg). 

Berichtc dcr Naturforschcnden Gesellschaft zu Freiburg. 

Mémoires de l'Institut National Genevois (Genève). 

Bulletin ,de la Société Valaisanne des Sciences naturelles; 
(Sion). 

Verhandhingén (1er Naturforschenden Gesellschaft in Basel. 

Vieil eljahrschrift der Naturforschenden Gesellschaft in Zurich. 

Anales del .Museo Nacional de Montevideo. 



TABLE DES MATIERES 

DE l'année 1910 



Séance du 19 janvier I 

— 2 février '. II 

— 2 mars III 

— 16 mars : V 

— 4 mai VII 

— 18 mai ' IX 

— 1er j" u i n XII 

— 16 novembre XIII 

— 7 décembre XIII 

Liste des membres au 1 er juin 1910 7 

Admissions de nouveaux membres I, III, XIII 

Composition du Bureau de 1910 5 

Election du Bureau de 1911 XIII 

Liste des publications périodiques reçues par la Société XV 

Travaux scientifiques 

ZOOLOGIE 

Brôlemann. — Polydesmiens pyrénéens 6t 

Chalande. — Nouvelle espèce française du genre 

Geophilus 87 

Despax. — Un cas d'hermaphroditisme apparent 

chez l 'écrevisse 85 

SOC. D'HISr. NATUWLLE DE TOULOUSE (T. XL1II). 12 



xxiv TABLE DES MATIERES 

Dkspax. — Le régime d'un pic épeiche IT 

De MONTLEZUN. Matériaux pour servir à l'étude 

des os péniens des mammifères de France...- 96 

— Notes relatives à quelques oiseaux rares capturés 

dans le département de la Haute-Garonne pen- 
dant l'année 1910 102 

RlBAUT. — Sur un genre nouveau de la sous-tribu des 

Ribautiina Brôl. (Myriopoda-Geophilomorpha.) 105 

VlNCENS. — Observations sur les mœurs et l'instinct 
d'un insecte hyménôptère, le Nitela fipinolai 
Latr 11, I 

BOTANIQUE 

Dop. — Distribution des végétaux méditerranéens 

dans les Pyrénées 42, I 

— L'origine des Angiospermes IX 

VÎNCÉNS. — Observations sur Zaghouania.Phillyreœ 

Pat 92, XI 

GÉOLOGIE 

Mengaud. — Contribution à l'étude du glaciaire et 

des terrasses de l'Ariège et du Salât 19, VII 

— Le Tertiaire de la province de Santander III 

MISCELLANÉES 

Maurin. — Origines et variations du sulfocyanate 

de potassium dans la salive humaine 46, 5 

De Rey-Pailhade. — Temps décimal XI 

— Le chimisme de l'hydrogène alimentaire XII 



IMP. SEBILLE, RUE ROMIGUIÈRES, 2. 




SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÈNEKGÉT1QUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à Vancienne 
Faculté des Lettres, 17, rue de Rémusat, 

les l ar et 3« mercredi de chaque mois, 
du 2 me mercredi de Novembre au 3 e mercredi » e Juillet. 



MM les Membres sont instamment priés de f e connaître 
au secrétariat leurs changements de dumicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



SOMMAIRE 

11. RifeAUT. — Sur un genre nouveau de la sous-tribu des 
Ribautiina Brôl. (Myriopoda-Geophilomorphu) (suite et 

fin) 117 

Comptes rendus des séances i 

Liste des publications périodiques reçues par la Société... xv 

Table des matières de l'année 1910 xxm 



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